Pour la 4e édition de ses rencontres, « Littérature au centre », en partenariat avec Diacritik, organise à Clermont-Ferrand tout au long de la semaine un festival autour des liens entre littérature et villes. Après avoir questionné les années précédentes le cinéma, la musique puis la cuisine, cette année, les rencontres LAC confrontent l’écriture aux représentations de la ville selon que la ville accueille ou rejette, dessine des architectures qui tressent nos vies ou encore déploie comme jamais l’imaginaire romanesque. Écrivains, architectes et sociologues dialogueront ainsi chaque jour autour de la ville.

Pour la 4e édition de ses rencontres, « Littérature au centre », en partenariat avec Diacritik, organise à Clermont-Ferrand tout au long de la semaine un festival autour des liens entre littérature et villes. Après avoir questionné les années précédentes le cinéma, la musique puis la cuisine, cette année, les rencontres LAC confrontent l’écriture aux représentations de la ville selon que la ville accueille ou rejette, dessine des architectures qui tressent nos vies ou encore déploie comme jamais l’imaginaire romanesque. Écrivains, architectes et sociologues dialogueront ainsi chaque jour autour de la ville.

Dans l’exposition qui lui est actuellement consacrée à Paris, le photographe Rémy Soubanère présente ce que l’on pourrait appeler des nocturnographies, tant la nuit, ses ombres, les potentialités qu’elle porte sont au cœur de sa recherche. Entretien où il est donc question de la nuit mais aussi de la ville, de Deleuze et Guattari, de Nuit debout, d’hétérotopies ou d’imaginaire.

Arno Bertina

Dans ce qui est au bord, rien ne reste mais chacun cherche pourtant à s’accrocher, à surseoir à la disparition, à trouver dans le battement du monde le sens impromptu de sa propre apparition. La cité n’accueille pas. La cité ne recueille pas. La cité est parfois cette communauté triomphante qui sait poser avec elle des frontières où chacun devient le barbare qui ne peut pas pénétrer.

Camille de Toledo

Dans quelle langue écrire ? Dans quelle langue articuler son récit ? Depuis quels mots venir rendre du monde la mesure ou la démesure active ? Telles pourraient être, en apparence simples et premières, les questions qui viendront se déployer tout au long de l’avant-dernière demi-journée de la 11e édition des Enjeux contemporains qui se tiendra ce samedi.

Emmanuel Ruben

Tous les déplacements ne sont pas des métaphores mais des vies sacrifiées, perdues ou retrouvées à la faveur d’exils. Telle serait peut-être la loi secrète qui préside à un questionnement sur la cité qui pourrait privilégier ici la question des peuples manquant à eux-mêmes, des hommes perdus hors de leurs pays et des hommes en errance pour un monde autre qui décide de contrevenir à la tyrannie et de fuir à toute force l’oppression. Arrivée dans le pays autre, la langue glisse, elle devient la traduction oubliée d’un renouveau sinon d’une renaissance : le déplacement devient celui d’une écriture qui glisse vers un devenir œuvre où l’exil deviendra le lieu atopique d’un monde recommencé depuis une déchirure irréconciliée. Exils, exodes et déplacements se donnent comme les interrogations qui traverseront la seconde et riche demi-journée de ce vendredi ces 11e enjeux du Contemporain.

Simon Johannin, une des grandes révélations de 2017

« Ce qui reste, les poètes le fondent » clamait, on s’en souvient, Hölderlin en des termes confiants mais hagards. Nul doute qu’un tel vers, qui se propose d’œuvrer à ce qui demeure contre toutes les destructions, pourrait servir d’exergue lumineuse à une exploration des périphéries qui circonscrivent la ville. Car les périphéries, celles qui franchissent la limite et sont comme au-dessous des frontières, commencent dans la littérature contemporaine à faire entendre depuis leur espace des voix qui parviennent bientôt au centre des villes elles-mêmes. Les périphéries longtemps n’ont pas existé ou bien plutôt n’ont pas trouvé de chapitre pour donner de la voix. Elles sont l’infra-ville, la non-ville, ce qui permet à la fois à la ville d’exister et ce que la ville elle-même cherche à faire inexister. La périphérie est une périphérie de langage, une rase campagne de littérature : tels sont les lieux vidés de ville que cette nouvelle demi-journée des Enjeux entend explorer ce vendredi.

On se souvient du célèbre vers du « Cygne » de Baudelaire : « La forme d’une ville change plus vite hélas que le cœur d’un mortel ». Sans le savoir mais le pressentant néanmoins, Baudelaire dessinait ici, dans un la venue jaillissante à soi de la pensée, l’exergue la plus accomplie des rapports de l’urbanisme moderne à l’homme lui-même. La ville change. Elle ne cesse de muter, de se métamorphoser, de s’étendre sinon de se perdre. La ville est le décor le plus inconnaissable à lui-même comme si elle était définitivement semblable au vaisseau Argo dont toutes les pièces avaient été changées sans que le bateau eût pourtant l’air d’être modifié. C’est sous le signe de ces mutations urbaines contemporaines aussi radicales que violentes que se placent les interrogations des tables rondes du jeudi après-midi des 11e enjeux du contemporain portant sur les Droits de cité et dont Diacritik est cette année partenaire.