Christian Garcin publie chez Actes Sud un nouveau roman à la croisée des précédents : Le Bon, la Brute et le Renard. On y retrouve des femmes disparues, des personnages familiers et des errances. Précise et malicieuse, l’écriture de l’auteur retrouve ses motifs privilégiés, auxquels il offre un souffle renouvelé et conclusif dans un roman qui, des États-Unis à la Chine en passant par la France, interroge la présence des personnages au monde et à la fiction. Entretien.

Les poèmes de Perrine Le Querrec brisent un silence. Le programme est présenté d’emblée dans un avant-propos en forme de journal : à Louviers, où elle est en résidence dans la Villa Calderón, l’autrice recueille les paroles de femmes qui ont subi des violences « conjugales, sexuelles, psychologiques, violences humaines, violences de la société, la violence et ses nombreux visages (…) ».

Sacha, le narrateur, parvient à V., petite ville du sud de la France baignée de soleil où il s’installe pour écrire son prochain roman ; ce dernier devient rapidement toiles peintes sur lesquelles il couche ses mots en jaune sur fond blanc. Là il rencontre l’autostoppeur, qui fut il y a vingt ans son colocataire et avec qui le narrateur a rompu, sans que l’on sache pourquoi.

Cela commence par une bâche qui figure une énorme vague accompagnant l’Adagietto de la Symphonie n°5 de Mahler. Une comédienne et trois comédiens (Estelle Delcambre, Erik Gerken, Karim Fatihi et Clément Goupille) assis en chaque coin de la scène tiennent les cordes qui maîtrisent la vague et la font onduler, au dessus d’eux, derrière, tout contre.

Elle est là qui parcourt neuf photographies de Morgan Reitz. Elle est la figure féminine jamais nommée qui parmi les neuf textes de Stéphane Bouquet contemple, habite, attend, espère une lettre ou la lit, désire, constate sa solitude et la difficulté de la rompre, avait/a/aura rendez-vous avec un homme, qui toujours se soustrait, comme le monde entre deux photographies.

Un voilier parti sans bruit de nuit trace sans ciller une route droite depuis le port de Lisbonne ; il est poursuivi par des vedettes de policiers : personne sur le pont, l’arraisonnage échoue ; le Furtif fuit toujours, dépasse Madère, atteint les eaux internationales, maintient le cap au sud et l’on dépêche un hélicoptère pour observer ce que sur le bateau il peut se passer.