Diacritik a fêté hier ses trois années d’existence. Parmi les signatures dont notre journal s’honore, celle de Jacques Dubois, sociologue et critique littéraire, spécialiste de Simenon, des romanciers du réel, de Proust et tant d’autres.
Comment mieux fêter ce troisième anniversaire qu’à travers un entretien avec lui, compagnon de la première heure de ce journal, défenseur d’une critique amoureuse et engagée ? L’une des phrases que Jacques Dubois prononce au cours de notre conversation pourrait d’ailleurs être le sous-titre de Diacritik : « Pour réconcilier le monde avec lui-même, il faut beaucoup s’en moquer ».

Vie et mort d’un animal, au lieu d’une silhouette illustre ou d’une figure minuscule. C’est à ce changement de perspective que Stéphane Audeguy nous invite dans ce roman alerte. Il y a là quelque chose comme un roman picaresque, mais sur le mode animalier : on traverse avec lui, par son regard, des strates sociales, on parcourt les mers et sillonne les terres du Sénégal à Versailles. Bien sûr, ce sont les hommes qui le mènent, qui orientent sa trajectoire, mais les hommes passent tandis qu’il reste le fil rouge du récit. C’est d’ailleurs l’une des qualités de ce roman : les hommes apparaissent et passent, deviennent des acteurs essentiels du récit, pour mieux s’évanouir, tandis que le lion Personne reste une basse continue du récit. Le roman est alors comme désaxé, et entraîne le lecteur dans des bifurcations imprévues.

Prenez trois personnages, Moshe, Nana et Anjali. Un garçon, deux filles, trois possibilités. Celle du « ménage à trois » en particulier. C’est la trame, éculée (volontairement, essentiellement éculée), de Politique, le premier roman d’Adam Thirlwell, écrivain anglais, né à Londres en 1978, classé dans la liste des vingt meilleurs jeunes romanciers britanniques par la prestigieuse revue Granta, en 2003, pour ce livre.

Hédi Kaddour vient de publier un « roman-monde », Les Prépondérants, chez Gallimard. Il est un auteur rare, de ceux qui laissent infuser les textes en eux, et offrent à leurs lecteurs de petites merveilles ciselées, éminemment politiques sous le souffle de l’aventure et du romanesque. Dans son dernier roman, entre autres livres en filigrane, nombre d’échos à l’univers romanesque et journalistique de Stendhal, des Marginalia au Rouge et le Noir, en passant par Lucien Leuwen. L’occasion pour Diacritik de sortir des sentiers battus et de proposer à Hédi Kaddour une « interview Stendhal » à laquelle il a bien voulu se prêter mais, qu’avec sa bienveillante malice coutumière, il a transformée en interview… Starsky et Hutch.