Le procès des attentats de janvier 2015 a commencé le mercredi 2 septembre au Palais de justice de Paris. Un procès pour l’histoire lit-on partout. Un procès pour les vivants, pour les victimes et leurs familles ; un procès qui fait resurgir la douleur, le souvenir, l’horreur, l’injustice. Cette semaine, Diacritik vous propose de revenir sur des œuvres qui, frontalement ou en creux, parlent de Charlie avant « Je suis Charlie », des traumatismes, de l’après et de la reconstruction impossible et nécessaire. Parce que ces livres, ces albums, ces dessins, ces entretiens sont à la fois témoignages, traces, mémoire, histoire(s). Aujourd’hui : La Légèreté, de Catherine Meurisse.

Trieste è recentemente tornata in prima linea nella scena letteraria francese. Ai confini della Slovenia, questa città- frontiera, culla di Mitteleuropa, è tornata l’anno scorso come un teatro d’amore malinconico in Ca raconte Sarah di Pauline Delabroy-Allard. Ma sicuramente non possiamo dimenticare che a livello internazionale Trieste non ha mai smesso di essere una città letteraria, come è stato dimostrato lo scorso giugno dalla ristampa in Francia della splendida Trieste di Roberto Bazlen o dalla pubblicazione dei Saggi Triestini di Pressburger.

Diacritik a fêté hier ses trois années d’existence. Parmi les signatures dont notre journal s’honore, celle de Jacques Dubois, sociologue et critique littéraire, spécialiste de Simenon, des romanciers du réel, de Proust et tant d’autres.
Comment mieux fêter ce troisième anniversaire qu’à travers un entretien avec lui, compagnon de la première heure de ce journal, défenseur d’une critique amoureuse et engagée ? L’une des phrases que Jacques Dubois prononce au cours de notre conversation pourrait d’ailleurs être le sous-titre de Diacritik : « Pour réconcilier le monde avec lui-même, il faut beaucoup s’en moquer ».

Régis Jauffret vient de recevoir le prix Goncourt de la nouvelle pour Microfictions, paru en janvier dernier. Si l’on ne peut que se réjouir qu’un prix littéraire couronne une œuvre fondamentale, on notera cependant combien le jury a soigneusement contourné la mention « roman » portée sur la couverture et, ce faisant, décidé de considérer les Microfictions comme un recueil de 500 histoires et non un volume jouant avec maestria d’une tension entre fragment et flux, d’un (dis)continu et d’un (in)fini.

Nous existons deux fois, par le corps et par la pensée : « Le monde existe deux fois, dans les choses et dans nos esprits, qui en sont la modalité subjective ». Cette phrase de Pierre Bergounioux est tirée des entretiens (2007-2012) rassemblés en un volume chez Fayard, Exister par deux fois. Des réflexions sur la littérature, le monde, la société, l’histoire qui éclairent non seulement l’œuvre, singulière, fondamentale, de Pierre Bergounioux mais aussi notre époque, que l’on soit familier ou non de ses livres.

Pierre Bergounioux (à gauche), Frédéric-Yves Jeannet (à droite) © Renaud Monfourny
Pierre Bergounioux (à gauche), Frédéric-Yves Jeannet (à droite) © Renaud Monfourny

Diacritik a le plaisir et l’honneur de publier cet entretien inédit entre deux écrivains, Frédéric-Yves Jeannet et Pierre Bergounioux, réalisé par mail entre Cuernavaca et Gif-sur Yvette, en janvier dernier.
Les deux auteurs correspondent, selon un mode que l’on pourrait penser « mineur », comme l’écrit Frédéric-Yves Jeannet, qui révèle pourtant « ce que l’écriture de création ne laisse pas soupçonner ».
Ces pages inédites sont destinées à paraître dans un livre dans les mois qui viennent.

L’œuvre de Thierry Hesse, du Cimetière américain (2003) au Roman impossible qui vient de paraître aux éditions de l’Olivier, interroge inlassablement notre rapport au réel et à l’Histoire mais aussi la fiction dans son pouvoir à dire les forces et hantises, collectives comme intimes, qui les et nous traversent, au point de rendre, peut-être tout roman impossible.

Stéphane Audeguy
Stéphane Audeguy

Vie et mort d’un animal, au lieu d’une silhouette illustre ou d’une figure minuscule. C’est à ce changement de perspective que Stéphane Audeguy nous invite dans ce roman alerte. Il y a là quelque chose comme un roman picaresque, mais sur le mode animalier : on traverse avec lui, par son regard, des strates sociales, on parcourt les mers et sillonne les terres du Sénégal à Versailles. Bien sûr, ce sont les hommes qui le mènent, qui orientent sa trajectoire, mais les hommes passent tandis qu’il reste le fil rouge du récit. C’est d’ailleurs l’une des qualités de ce roman : les hommes apparaissent et passent, deviennent des acteurs essentiels du récit, pour mieux s’évanouir, tandis que le lion Personne reste une basse continue du récit. Le roman est alors comme désaxé, et entraîne le lecteur dans des bifurcations imprévues.

Céline Minard a, pour Failli être flingué (2013), reçu plusieurs prix littéraires : le prix du livre Inter 2014, le prix du style et le Prix Virilo (qui se définit lui-même comme “l’anti-Femina”) louant ce que ses jurés ont qualifié de formidable « roman de cow-boy ». C’est le cas : Faillir être flingué est un livre qui ferait aimer le western à ses pires détracteurs et qui couronne, aussi, un univers romanesque singulier, aux contours mouvants.