Vous qui pensiez connaître l’affaire pour avoir lu Dix petits nègres et le nom de l’assassin nommément désigné par Agatha Christie, révisez votre jugement : Pierre Bayard a mené une contre-enquête tout aussi minutieuse que malicieuse et son verdict est sans appel. The truth is out there, la vérité est ailleurs, conclusion à laquelle les dénouements des épisodes d’X-Files nous a habitués. Retour sur l’un des plus célèbres cold cases de l’histoire littéraire, avec l’inspecteur Bayard, le temps d’un grand entretien.

L’Énigme Tolstoïevski paraît aujourd’hui, nouveau paradoxe d’un menteur, pour décaler le titre du premier essai de Pierre Bayard (1993), fondateur d’une collection des éditions de Minuit comme d’une œuvre tout entière sous le signe d’un jeu à la fois sérieux et ludique, visant à transformer notre rapport à la littérature, donc à la représentation du monde.

Julia Deck (DR)

Après les remarquables Viviane Élisabeth Fauville et Le Triangle d’hiver, Julia Deck revient en cette rentrée avec sans doute aucun son meilleur roman à ce jour : le trépidant et brillant Sigma. Véritable alpha et oméga de l’art du roman, Sigma présente l’histoire aussi rigoureuse qu’échevelée, sérieuse qu’ironique et neuve que puissante d’Alexis Zante, banquier suisse et collectionneur d’art, pris au cœur d’une affaire d’espionnage, pisté par une galerie impressionnante d’espions travaillant pour une mystérieuse Organisation répondant à un nom qui n’est qu’une lettre : Sigma.
Diacritik a rencontré Julia Deck le temps d’un grand entretien afin d’évoquer avec la romancière ce nouveau livre qui constitue l’un des plus importants de cette année.

Pourquoi la littérature se limiterait-elle à la saisie d’un monde, pourquoi cette barrière du singulier, comme dans ces rédactions que nous avons tous rédigées, enfants, sur ces livres qui nous permettraient de nous identifier à une autre existence ?
Ce sont bien des mondes et des vies parallèles que nous proposent un roman et un essai, signés Andrew Sean Greer et Pierre Bayard. Croisons-les pour multiplier ces possibles, ce « pop-up de vies éventuelles ».

En 2015, l’écrivain espagnol Javier Cercas est invité à tenir un cycle de conférences en littérature comparée à l’Université d’Oxford, succédant ainsi à George Steiner, Mario Vargas Llosa et Umberto Eco. Son sujet sera le roman, en tant qu’écrivain et critique, deux activités dont Cercas souligne la parenté en introduction de son essai, réécriture et prolongement des cinq conférences tenues en anglais : « tout bon écrivain est, qu’il le sache ou non, un bon critique » et « tout bon critique est un bon écrivain ».

s’arrêtera donc Pierre Bayard ? Au terme de son nouvel essai critique et paradoxal, le voilà qui nous propose l’association d’écrivains à la gestion des affaires publiques. Ce qui placerait évidemment la littérature et ses enseignements au cœur même de la gouvernance. Proposition assez folle et peu platonicienne mais qui se soutient chez le critique de preuves et d’arguments tous impressionnants.

Siri Hustvedt
Siri Hustvedt

En 2011, Siri Hustvedt publiait Un été sans les hommes, aux éditions Actes Sud. Je l’avais rencontrée à Paris pour parler de son héroïne Mia, de ce couple qui se défait après que le mari a fait une « pause » avec une jeune Française et des quiproquos nés de lectures trop autobiographiques de son roman. L’auteure m’avait expliqué son choix d’écrire une « comédie féministe » (et caustique), de partir d’un lieu commun, la femme quittée, si paradoxal puisqu’à l’origine de chefs d’œuvre littéraires. Cet entretien avait été l’occasion de parler plus largement de son rapport à la fiction, de littérature, comme du 11 septembre ou de la place des femmes dans notre culture dominée par « le pénis ».

La littérature serait-elle d’un bout à l’autre mensonge, imposture et mauvaise foi ? L’idée est dans l’air depuis Maurice Blanchot au moins. C’est qu’après tout, une fiction est une fiction, un montage d’artifices. Mais il n’y a pas que la fiction et, dans ses Confessions, Rousseau entendait être franc et vrai tout au long de son propos. Et pourtant il n’est pas malaisé de montrer que sa sincérité était largement suspecte.

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Déjà récompensé au début de la rentrée littéraire par le prix du Roman Fnac, Laurent Binet a reçu aujourd’hui le prix Interallié 2015 pour La Septième fonction du langage (Grasset). Retour sur le livre sous-titré «qui a tué Roland Barthes ?», primé 100 ans jour pour jour après la naissance du critique littéraire et sémiologue français.

Nous voici enfin au seuil de la dernière pièce, la représentation se termine. Avec le lieu le plus intérieur sans doute, le plus intime certainement, le plus chargé, aussi, puisque, dans l’univers de Thomas Clerc, la chambre est indissociable d’un autre Dans ma chambre, signé Guillaume Dustan (et rappelons que Thomas Clerc publie les Œuvres complètes de Dustan aux éditions P.O.L.)

Capture d'écran d'un reportage d'Arte chez Thomas Clerc
Capture d’écran d’un reportage d’Arte chez Thomas Clerc