© Quentin Pradalier
© Quentin Pradalier

La première fois que je l’ai vue, cette photographie, c’était à une exposition, au vernissage, ça m’a tout de suite frappé. Peut-être était-ce parce que je venais de terminer un livre, Le Navire Night, de Duras. Oui, ça m’a fait penser à un passage :

« C’est un orgasme noir. Sans toucher réciproque. Ni visage. Les yeux fermés. Ta voix, seule. Le texte des voix dit les yeux fermés. Aucune image sur le texte du désir ? Alors il n’y a rien à voir. Rien aucune image. Le Navire Night est face à la nuit des temps ».

 

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Cette série de Marc-Antoine Serra publiée dans Diacritik est composée de cinq photographies et d’une vidéo. La série a été réalisée d’après Walter Benjamin, Sur le Haschich, éditions Christian Bourgois. La série présentée ici est le premier épisode d’un ensemble que Marc-Antoine Serra consacre au texte de Benjamin. Elle a été réalisée à Marseille, sur les lieux qui sont ceux qu’évoque Walter Benjamin.

Elle  ne pouvait trouver de l’énergie que dans l’épuisement de situations fragiles.

J’ai souvent été photographié par des femmes comme un spectre ou un épouvantail.

En entrant dans le compartiment, j’étais persuadé que cet homme allait parler de son histoire puis faire la quête, mais il s’est assis calmement  à côté de moi pour lire du Amélie Nothomb.

Ses photographies d’aujourd’hui, comme des reflets d’anciennes réussies.

Amaury da Cunha — Amaury — m’a envoyé par courriel quatre de ses photographies. C’est toujours flatteur une photographie vue sur un moniteur avec sa lumière, cela donne du relief qui, sans doute, nous trompe. J’aurais aimé les voir dans la réalité, apprécier le papier choisi par Amaury da Cunha — Amaury —, considérer les rendus, jauger le format pour, enfin, sentir l’émanation de l’énergie issue de ses photographies — il s’agit bien de cela.

L’art de faire des photographies est-il si éloigné de celui qui consiste à mesurer le poids des choses ? Enregistrer non seulement la masse et le volume mais donner à ressentir le poids, transférer la sensation de ce qui pèse sur un corps — ou de ce qu’un corps pèse — en une forme visuelle, avec ses tonalités, ses contours…. La photographie est une des formes de l’acrobatie, un défi lancé aux principes de la gravité : un exercice de trapèze.

Alors que paraît L’Autre journal d’Hervé Guibert (L’Arbalète Gallimard) — rassemblant les articles que l’écrivain publia en 1985-1986, mais aussi des entretiens et photographies —, retour sur le premier volume de ces Articles intrépides, paru en 2008 chez Gallimard et regroupant les papiers culturels de Guibert dans Le Monde (1977-1985).

Le Musée Rodin a rouvert ses portes le 12 novembre dernier, après trois années de travaux. C’est l’occasion pour le public de redécouvrir l’œuvre du sculpteur ainsi que d’apprécier la restauration de l’Hôtel Biron.
Hélène Pinet, directrice des Collections photographiques du Musée Rodin, a accepté de nous faire le récit de cette belle aventure.