Amaury da Cunha : notes récentes (Photo-graphies)

© Amaury da Cunha
© Amaury da Cunha

Elle  ne pouvait trouver de l’énergie que dans l’épuisement de situations fragiles.

J’ai souvent été photographié par des femmes comme un spectre ou un épouvantail.

En entrant dans le compartiment, j’étais persuadé que cet homme allait parler de son histoire puis faire la quête, mais il s’est assis calmement  à côté de moi pour lire du Amélie Nothomb.

Ses photographies d’aujourd’hui, comme des reflets d’anciennes réussies.

Ma chatte et moi partageons la même passion pratique pour les livres : nous nous y frottons pour nous soulager.

© Amaury da Cunha
© Amaury da Cunha

Rêve : il doit choisir en temps limité devant un jury de femmes — soit Dieu, soit le futur, comme raisons d’espérer. Et le temps presse, et il n’arrive pas à se décider.

 L’image cathartique (ces fleurs séchées du printemps)  que j’allais réaliser  dans la petite cour de mon immeuble vint d’abord à moi au rayon fruits et légumes du marché boulevard Blanqui.

C’est parce que les poèmes et les photographies ont une haute teneur de vie qu’ils sont anti-biographiques ; ils congédient l’expérience vécue dans le sens où ils ne se destinent qu’à véhiculer sa forme métamorphosée.

Il ne restait plus que des images pour dialoguer avec le passé — fantômes de phrases fatiguées, incompréhensibles.

Ces créations  se situent dans une zone qui vous est propre où le regard est surpris, désorienté et soudain apaisé par une inexplicable unité.

J’ai l’œil lucide, je vivote entre plusieurs mondes et plusieurs êtres en même temps, je te dis que ce que je fais le mieux c’est rêver et dormir.

Le retour de la clarté et des couleurs, un peu dégoûtantes — mais tentantes. On plonge ses doigts dans des pots de peinture, comme un enfant. On gribouille.

Il voulait refaire des photographies avec l’idée saugrenue que le monde le lui avait demandé poliment.

© Amaury da Cunha
© Amaury da Cunha

Il ne savait pas si leur silence tenait du jeu, du bras de fer, de l’indifférence — ou s’il maintenait désormais entre eux un périmètre de sécurité.

Cette insomnie interrompue par un rêve dans lequel je crachais du feu et du sang sur des parcmètres dans le désert.

La lumière à l’état brut, je ne sais pas trop quoi — un néon ?
 Le visage coloré, en élévation. Rouge. (?)

En photographiant, il  ne savait pas s’il cherchait à débusquer un symptôme du monde contemporain ou si ce geste l’aidait à y trouver sa place. Pour surmonter ce problème, il commença une série d’autoportraits réalisés sur des champs de bataille, totalement affligeants.

Cette photographie d’elle au miroir dit tout et son contraire, parle surtout pour lui (pas visible). Publiée, elle  pourrait résoudre beaucoup de choses, ou bien les envenimer. Pour éviter les éclats,  elle restera à tout jamais cachée dans l’ordinateur et complotera en silence avec la souris.

Le nu vertical
Le visage de près
Le baiser
La chute

Pendant le concert, le guitariste très occupé assista à la drague plutôt efficace de sa copine par un type dans le public.

© Amaury da Cunha
© Amaury da Cunha

Elle comprit d’un coup que ses problèmes n’étaient pas seulement liés à un épisode passager de son existence, mais des problèmes de toute une vie, ce qui l’aida à trouver  des solutions, en urgence.

La première photo que j’ai faite dans ma vie, c’était à l’âge de six ans : un cheval au-dessus d’un obstacle, à Chantilly. Dans l’attente du développement, mon père m’a raconté que j’étais terrifié à l’idée que ce cliché soit flou ; il avait beau essayé de m’expliquer que le flou pourrait donner une impression de mouvement  intéressante  à cette photographie, je ne n’en démordais pas (comme aujourd’hui), je décrétais que le flou c’est nul, que le flou est la passion de médiocres sensationnistes, et qu’on devrait l’interdire.

Le ciel m’est apparu ce matin comme totalement indifférent à lui-même.

Après des épisodes sinueux, tortueux, tordus — il m’explique vouloir vivre aujourd’hui platement sa vie « pour enfin marcher tout droit dans l’existence. »

© Amaury da Cunha
© Amaury da Cunha

Ce qui doit rester caché — photographier ça n’est pas (que) représenter — la persistance des choses oubliées, perdues — bienheureuse insécurité — etc. — tu me nous manques — etc.

© Amaury da Cunha
© Amaury da Cunha

Le premier volet de la série Photographies d’Amaury da Cunha est à (re)découvrir ici, Arno Bertina et Amaury da Cunha

Le second volet, Ce qui ploie par Michel Poivert est là

Le troisième là (Sur quatre photographies d’Amaury da Cunha, Philippe Herbet)

Le quatrième, L’infigurable par Stéphane Bouquet est là

L’œil d’Amaury da Cunha