Quelle bonne idée d’avoir confié les clés de la maison Blake & Mortimer à Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig et François Schuiten ! Le Dernier Pharaon, paru le 29 mai dernier, est une œuvre majeure, hybride, qui rend hommage aux héros créés par Edgar P. Jacobs tout en convoquant des thématiques sociologiques, économiques et écologiques très actuelles. Un album magistral qui combine puissance narrative et perfection graphique.

Avec Une vie en l’air, Philippe Vasset publie son récit le plus personnel, et le plus touchant aussi : il y creuse l’espace d’une obsession fascinée et d’un magnétisme insolite pour les ruines d’un projet d’autorail, né de l’imagination de l’ingénieur Jean Bertin, et balafrant la Beauce depuis 1974.

Lorenzo Mattotti © Dominique Bry

Épopée, geste fantasmagorique, conte humaniste, Guirlanda de Kramsky et Mattotti emprunte mille chemins dans un seul but : célébrer l’amour, la tolérance et la différence, l’espoir et la beauté.
Entretien avec le dessinateur, peintre et illustrateur Lorenzo Mattotti. Où l’on apprend que le temps a été son allié, que Jerry Kramsky est un formidable metteur en mots et que la plume alerte de Mattotti peut se faire (un peu) politique.

Louis Salkind © Jean-Philippe Cazier

Louis Salkind est le créateur d’une peinture traversée par les idées de différence et d’hybridation qui s’articule autour d’un travail sur le signe et la polysémie, agence des références plurielles à l’histoire de l’art ou à la vie quotidienne autant qu’elle est guidée par la logique du rêve et des propositions de l’inconscient. Rencontre avec le peintre qui évoque ici son parcours, ses processus de création, certains des thèmes de ses peintures : l’animal, le corps, la mythologie, le monstrueux, l’altérité –, mais aussi la psychanalyse, le théâtre ou l’œuvre de Gilles Deleuze et Félix Guattari.

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Je ne prends pas l’avion si souvent. Et quand je dois, par peur de rater l’enregistrement de mon unique bagage vaguement poussiéreux, et d’errer par suite hagard en ressassant la notion de non-lieu de Marc Augé, si éculée que je m’en veux justement d’y penser encore, je me « présente » toujours très en avance. 6 heures à peu près. 7 si j’ai une correspondance parce qu’il faut bien vérifier les étiquettes avec mon adresse dessus.

Angèle Paoli. Photographie Guidu Antonietti di Cinarca
Angèle Paoli. Photographie Guidu Antonietti di Cinarca

Comment parler de ces fabuleux Feuillets de la Minotaure sans les enfermer dans une définition qui ne pourrait que porter atteinte à leur complexité et à leur sincérité ? Ce recueil d’Angèle Paoli offre à qui ne craint pas de s’engager dans ses méandres de fougue sensuelle et d’érudition (un régal pour qui est épris de mythologie et surtout de mythes déconstruits) les textes d’une poète intègre, rebelle et tendre, pour qui l’écriture (« au centre ») semble être un acte organique, passionné, ancré dans la chair (« matricielle »). En s’identifiant au Minotaure, et en le réinterprétant en femme, Paoli sonde le labyrinthe viscéral et ténébreux de l’écriture, « du côté du souterrain, de l’aveugle, du noir, du tâtonnement, des boyaux, qui sont autant de formes du dedans, comme l’utérus maternel, à la fois honni et aimé, définitivement hors de portée ».