Cet été-là, ils avaient décidé de passer quelques jours à Saint Martian, au-dessus d’Apt, chez les parents d’un ami, dans une maison en forêt. Un matin, en allant chercher le pain, il avait remarqué au bord du chemin une voiture bleue, un de ces bleu qui ressemble à du noir, et n’avait rien trouvé de bizarre à cela.
Diacritik
Le journaliste américain Ted Conover avait passé six semaines en immersion à Cargill Meat Solutions, abattoir du Nebraska, en tant qu’inspecteur du service sanitaire (cf. reportage publié par Feuilleton dans son n° 16, du printemps 2016, sous le titre « Le tribut de la chair »). Geoffrey Le Guilcher s’est lui fait engager en tant qu’ouvrier intérimaire dans un abattoir industriel de Bretagne, rebaptisé Mercure, à l’été 2016. Il y a passé quarante jours en immersion totale, en est revenu avec un livre coup de poing : Steak Machine.
Comment (re)construire depuis des Pièces détachées, quand tout n’est plus que chaos et fragments ? Telle pourrait être la question centrale posée par Colette Fellous dans son dernier roman.
Un an après Alejandro González Iñárritu, c’est au tour de James Gray d’opposer la violence des hommes à celle de la nature, de revenir sur les clichés du bon sauvage et de rappeler l’homme à sa misérable condition d’engrais sur patte. Mais là où The Revenant était aussi beau que violent, The Lost city of Z est touché par la grâce, dernier opéra du cinéaste qui en quittant New York trouve l’apaisement.

C’est le Spotlight français. L’enquête publiée par Mediapart, objet de Cash Investigation sur France 2 (diffusé hier) et sujet du livre de Daphné Gastaldi, Mathieu Martiniere et Mathieu Périsse, Église la mécanique du silence, qui sort aujourd’hui chez JC Lattès : des dizaines de prêtres, auteurs de violences sexuelles, ont été couverts, en connaissance de cause, par 25 évêques, sans que la justice n’en soit jamais informée… En mars 2016, c’était le sujet du dessin de la semaine de Rodho, sur Diacritik :
Nocturama – dont le titre secret, refoulé, irresponsable comme dirait l’autre, demeure, sept ou huit ans après sa conception, et pour l’éternité, Paris est une fête –, j’ai bien failli ne jamais le voir. Il est vrai que, n’étant pas contraint de le faire, je ne me précipite que rarement dans les salles à la sortie des films et je rate donc l’essentiel de la production cinématographique du moment, sans pour autant me sentir lésé de quoi que ce soit : juste un peu plus ignorant chaque jour, comme tout un chacun. En ces temps de reconduction automatique d’un certain “état d’urgence”, ralentir le tempo ne peut faire de mal.
Il s’appelait Léon, Léon Lavie, un nom qui sentait bon la fourniture d’eau et le moulin de meunerie. Il avait traversé la méditerranée et à peine débarqué à Marseille, où la Durance venait d’être amenée, il eut l’idée de faire fortune avec des chutes.
Jean-Philippe Cazier publie aux éditions Al Dante un livre déroutant, dès son titre, L’La phrase. L’. Déroutant non parce qu’il serait obscur ou étrange mais parce qu’il séduit, au sens étymologique de ce verbe, mène ailleurs, sur le chemin d’une langue qui se construit tout en s’énonçant, refusant tout sens figé, toute syntaxe absolue et butée.