Poésie et politique et ontologie se mélangent dans le livre de Cole Swensen, Et et et. Cette association serait moins un choix que le redoublement d’un constat autant que la réponse à un impératif : tout est mélangé ; tout doit être mélangé.
Diacritik
Une série d’Olivier Steiner.
De février 2026 jusqu’à l’épuisement des batteries / des nerfs / du sens.
» Je prophétise une époque où le nouveau pouvoir se servira de vos paroles libertaires pour créer un nouveau pouvoir homologué, pour créer une nouvelle inquisition, pour créer un nouveau conformisme. Et ses clercs seront des clercs de gauche. »
Pier Paolo Pasolini
Décidément, les années semblent passer sur Gérard Titus-Carmel, né en 1942, sans l’atteindre tant son activité ces dernières années étonne encore. On le connaissait depuis les années 60 comme peintre, on le découvrait poète conséquent deux décennies plus tard, puis auteur d’essais pénétrants tant sur l’art que sur les écrivains. Plus récemment, il a rendu public un fort volume autobiographique ainsi qu’un touchant échange épistolaire avec son ami le romancier Christian Gailly, trop tôt décédé, et voici qu’il signe aujourd’hui, à quatre-vingt-trois ans, un premier recueil de nouvelles, ces Palières dont la maîtrise et l’intranquillité étonnent.
Livre après livre, Mathieu Simonet élabore une œuvre singulière où l’intime ne cesse de se mêler au collectif. Façon, peut-être, de prendre au pied de la lettre l’injonction Guibertienne : Il faut que les secrets circulent !
Ça commence par un trajet Paris-Marseille en TGV pour retrouver la ville de naissance et les fêtes de fin d’année : trois heures pour lire.
Très tôt elle eut droit à l’attention du grand critique littéraire Jean-Pierre Richard (1922-2019), dans ses Essais de critique buissonnière (Gallimard, 1999), où il disait que « sans être des contes de fées, les textes d’Anne Serre relèvent pourtant quelque peu de leur thématique et de leur fantasmatique ».
à Pierre Amrouche
De Lawrence Durrell (1912-1990), avant L’Île de Prospéro (Prospero’s Cell, 1945), les éditions Bartillat, avaient déjà republié en 2010 Les îles grecques (The Greek Islands, 1978, traduit par Didier Coste et repris en poche en 2017). Si L’Île de Prospéro peut se lire comme une sorte de « préparation du roman », à l’inverse, Les îles grecques offre davantage un regard rétrospectif, ces essais, entre le journal et le guide touristique, éclairant la genèse de l’œuvre.
Diacritik publie : « il suffit de traverser la mer », un feuilleton composé par la poétesse Catherine Weinzaepflen.
8 février 2026. Vu quatre jours après sa sortie The Mastermind, neuvième long métrage de Kelly Reichardt. Ce film d’une grande exigence – cent-dix minutes de pur plaisir – dispense de marmotter à son sujet après le générique de fin. Même si tout s’est gravé dans la tête, comme sans y penser, il faut faire quelques pas à l’air frais avant de retrouver le chemin des mots – ce qui est toujours bon signe.
L’affaire Epstein ne doit pas sa puissance de sidération à la seule horreur des crimes commis, ni même à la durée de leur invisibilisation, mais à la densité sociale des figures qui continuent de graviter autour de leur auteur bien après une première condamnation pénale… Ce qui s’impose, à mesure que les faits s’accumulent, ce n’est pas l’image d’un complot souterrain, mais celle d’un entre-soi persistant, méthodique, accepté, presque banal, au sommet des hiérarchies occidentales.
On se souvient que La Guerre des pauvres avait paru en plein mouvement des gilets jaunes, il y a sept ans. Voici qu’Éric Vuillard publie Les Orphelins. Une histoire de Billy the Kid, une sorte de « résumé somptueux de l’Amérique ».
Le cinquième roman de Valentin Retz, qui paraît dans la collection Aventures de Gallimard, a enthousiasmé Diacritik : La longue vie explore le thème du temps, insigne aux écrivains, d’une façon aussi déstabilisante qu’éblouissante. L’auteur nous a accordé un grand entretien.
Il nous avait fait l’honneur d’écrire dans nos pages dès la création de Diacritik, nous donnant d’emblée des nouvelles de Belgique et d’ailleurs, de Barthes jusqu’à Proust en passant par Simenon (bien sûr), Angot, Rolin, Toussaint, Bourdieu, Lamarche, Wauters… Nous avions la chance de le connaître, depuis les premiers échanges autour du Bookclub de Mediapart, de le rencontrer, de le croiser à l’occasion de ses visites parisiennes, de l’entendre nous parler de littérature (et de tout le reste). Jacques Dubois nous a quittés le jeudi 12 février 2026.
On pourrait s’arrêter de lire Les orphelins très tôt après avoir débuté la lecture du premier chapitre tant il est magnifique et touchant: « À dix-sept ans, il tua son premier homme. C’est alors que sa vie commence. » Il y a quelques choses splendides dès les premiers mots, dès les premières phrases du livre.
Une série d’Olivier Steiner.
De février 2026 jusqu’à l’épuisement des batteries / des nerfs / du sens.
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point saisie. » Évangile de Saint-Jean, premier chapitre, de 1 à 18.