Lire est une activité dévorante pouvant s’accomplir à peu près partout, de manière volontiers désordonnée ; c’est affaire de trous dans l’emploi du temps, et non d’organisation rationnelle des activités du jour. Écrire un journal de lecture, cherchant à retenir de petites pensées éphémères, en écho à des éclats de textes explorés avec plus ou moins d’acuité, l’est davantage encore – le moment heureux de cette activité étant celui du montage. Mais avant d’y parvenir, il faut griffonner, raturer, détruire, reprendre, se frotter à certaines limites, alors qu’en finir n’est pas au programme : on ne rend sa copie qu’en raison de ce qui a été paraphé sur le dérisoire contrat qu’on a conclu avec soi-même. Il s’agit toujours d’un exercice de la liberté dont il faut saisir les opportunités, quitte à en sortir un peu sonné – entre fatigue et perplexité.