« Painting is what allows me to survive. »
[ La peinture, c’est ce qui me permet de survivre. ]

Plus grande peintresse abstraite de sa génération aux États-Unis, et la première femme à avoir une exposition en solo au Musée d’art moderne de Paris, en 1982, Joan Mitchell vécut presque quarante ans en France, dont presque un quart de siècle dans une maison voisine de celle où avait habité Claude Monet à Vétheuil. Elle parlait un français absolument impeccable, pratiquement sans accent étranger.

Il y avait trente-huit ans qu’on n’avait pas vu à Paris d’oeuvres de Janice Biala, la grande peintresse américaine d’origine polonaise. La galerie Pavec a eu l’excellente idée d’organiser une exposition à la thématique resserrée du 23 octobre au 20 décembre. C’est l’occasion d’enfin aller voir « en vrai » les oeuvres de cette peintresse hélas rare en France, où elle passa pourtant plus de la moitié de sa vie, et qui demeure méconnue malgré un parcours artistique particulièrement impressionnant. Diacritik republie l’article de Carine Chichereau sur Janice Biala, qui souligne justement les caractéristiques les plus éminentes de son parcours entre deux continents et différents styles.

En ces temps de remontées de relents nauséabonds qu’on croyait appartenir à l’Histoire, il est apparu nécessaire de se pencher sur lesdits relents, et de voir jusqu’où ils imitaient le passé, dans son fond comme dans sa forme. Quel rapport entre notre époque et celle de l’Allemagne nazie ? Entre la rhétorique de Hitler et celle de l’extrême-droite d’aujourd’hui ? Être capable d’identifier ces processus rhétoriques, ces mises en scène, ces manière d’opérer, c’est pouvoir retracer ces liens, cette reproduction de schémas extrêmement dangereux, et donc de commencer à les dénoncer, à les combattre.

Rosie Pinhas-Delpuech traduit l’hébreu depuis quarante ans, elle est également responsable de la collection « Lettres hébraïques » aux éditions Actes Sud, et autrice de plusieurs livres, dont le dernier  « Naviguer à l’oreille » a paru en octobre aux éditions Actes Sud. Elle a accepté de recevoir chez elle Diacritik pour nous en parler, ainsi que de sa dernière traduction d’Orly Castel-Bloom, « Biotope », publiée en janvier dernier, toujours chez Actes Sud.

Du Fil à retordre, le nouveau roman de Michelle Gallen vient de paraître aux éditions Joëlle Losfeld. Situé en 1994 dans une petite ville d’Irlande du Nord, juste avant les accords de paix, il raconte l’été de trois jeunes filles pressées de partir pour l’université, et qui travaillent à l’usine pour financer leurs futures études.
Michelle Gallen a accordé une interview en français à sa traductrice, Carine Chichereau.

Julie Otsuka, autrice de Certaines n’avaient jamais vu la mer, qui fut elle-même peintresse avant de se lancer dans l’écriture, a écrit ce texte pour le catalogue  (David Zwirner Books) à l’occasion de l’exposition des œuvres de l’artiste à la galerie David Zwirner en novembre-décembre 2022. Julie Otsuka est depuis longtemps fascinée par l’œuvre de Joan Mitchell, une des plus grandes figures de l’expressionnisme abstrait aux États-Unis, et en France où elle a vécu une trentaine d’années.

« Durant mes études, j’ai compris que l’histoire de l’art et la peinture étaient quasi exclusivement masculines. C’est pour exposer ce sexisme que je me suis saisie de la broderie, perçue comme relevant du domestique, donc du féminin. Mais à travers le fil et l’aiguille, c’est bien de peinture qu’il est question. Je suis peintre avant tout. »

Ghada Amer