Dans Le Plus et le moins, Erri de Luca rassemble des récits et des histoires. Il nous avait expliqué, dans l’entretien qu’il nous avait accordé en 2016, avoir été contraint à cette forme par l’épisode judiciaire qu’il a traversé : son opposition au projet de TGV Lyon-Turin lui ayant valu une accusation d’« incitation au sabotage », avant sa relaxe en octobre 2015, il ne pouvait plus écrire que des textes courts, il ne pouvait se permettre l’ampleur du roman.

Horses, sorti en 1975, est le premier album studio de Patti Smith. En consacrant un livre à celui-ci, Véronique Bergen célèbre ce que cet album contient et signifie : un événement de la culture rock mais aussi la révolte, la volonté de rupture, l’exaltation de la poésie, de l’art, la tension vers un dépassement des limites de l’époque, une libération dans tous les domaines de l’existence.

 

Jay McInerney

En 1992, Jay McInerney, déjà auteur du sensationnel Bright Lights, Big City (1984), publie Brightness Falls qui paraît l’année suivante en France, sous le titre Trente ans et des poussières. Ainsi s’ouvrait un cycle romanesque autour d’un couple incarnant à la fois un lieu (New York) et un moment (les eighties), Russell et Corrine Calloway que l’écrivain ne parviendra jamais vraiment à abandonner.
Saga romanesque à la manière d’une comédie humaine américaine, cycle en saisons et épisodes comme les meilleures séries télé, l’histoire des Calloway a doublé et accompagné nos existences, comme les mutations sociales, artistiques et politiques de ces dernières décennies.
Alors que paraît aujourd’hui le dernier volume en date, Les Jours enfuis, arrêt sur le tome (ou saison) 1 : les années 80 avec Trente ans et des poussières, qui ressort justement en poche, chez Points.

Il suffit d’être un peu attentif pour entendre le nom de Camus dans la bouche de tout un chacun, comme si évoquer son nom ou une de ses phrases – prise au hasard dans un site de citations ou de vagues souvenirs scolaires –, conférait un label de crédibilité. Les hommes politiques, quelle que soit leur couleur, en sont friands et il est évident que je n’ai ni l’intention ni la possibilité de tout recenser mais plutôt de pointer un phénomène qui, selon son humeur du jour, irrite ou fait sourire, et en tout état de cause, plonge le nom de Camus dans le « politiquement correct ».

Bob Dylan vient de recevoir le prix Nobel de littérature 2016. Au-delà de la surprise sur le moment (même si son nom revenait depuis des années parmi les favoris), du ballon de baudruche de la soi disant modernité qu’il y aurait à couronner la chanson (dont les liens avec la littérature remontent à la nuit des temps…), Bob Dylan, donc, ou comme l’écrivait François Bon qui donne peut-être là les clés de ce choix : « Dylan comme masque obscur de nous-mêmes.

Erri de Luca

Trois livres d’Erri de Luca paraissent ce mois-ci chez Gallimard, comme la partition ou le feuilleté de l’ensemble de son œuvre : une pièce de théâtre, Le Dernier voyage de Sinbad ; un livre de correspondances avec le biologiste Paolo Sassone-Corsi, Le Cas du hasard ; et un recueil de courts récits, Le Plus et le moins, composant ce que l’écrivain nomme un « atlas », s’achevant sur trois poèmes.
Diacritik a rencontré Erri de Luca, pour un entretien vidéo en trois parties, dans lequel l’écrivain italien évoque Naples, l’écriture, sa haine de la notion d’identité, sa passion pour le récit oral et la littérature destinée, comme il l’écrivait dans Le Tort du soldat (2014) à « rétablir le nom des choses ».

En février 2015, Ernest Pépin publie Le Griot de la peinture (Caraibéditions), sur un Basquiat, « décidé à tracer dans le chaos du monde le graffiti obscur d’un éclat d’existence dans une ville impossible ». En avril 2015, Pierre Ducrozet publie Eroica (Grasset) : au centre de son roman, celui qui voulut être Picasso et sera « Prométhée, Elvis, Charlie Parker, Lou Reed, Bob Dylan, John Coltrane. Il sera Andy Warhol. Mohamed Ali, Jack Kerouac. Ulysse. Superman. Héros, on vous dit ». Un soir au Night Birds, raconte Pierre Ducrozet, il rencontre une jeune serveuse. « Il la regarde, il sait que c’est elle ». Celle à laquelle Jennifer Clement consacre un livre La Veuve Basquiat (Bourgois, mars 2016), celle que Jean-Michel Basquiat comparaît à « un personnage de BD », Suzanne Mallouk. Portrait d’un peintre et d’un homme, « au confluent », comme l’écrit Ernest Pépin, des cultures et des arts, au confluent aussi de ces trois très beaux romans récents.