« [L’action indirecte, telle que le vote,] détruit tout sens de l’initiative, étouffe l’esprit de révolte individuelle, apprend aux gens à se reposer sur quelqu’un d’autre afin qu’il fasse pour eux ce qu’ils devraient faire eux-mêmes. » (Voltairine De Cleyre, militante et théoricienne libertaire)
Aurélien Barrau
« La corruption du meilleur engendre le pire. » (Ivan Illich, philosophe)
À cause de la destruction des espaces de vie, de la (sur)pêche et des pesticides, 73% des vertébrés sauvages ont été exterminés en 54 ans et 67% des arthropodes (dont les insectes) en 10 ans. Quant au climat, le seuil des 1,5°C a été franchi en 2024 – augurant un emballement brutal et irréversible. Cette limite planétaire est en conséquence largement dépassée, à l’instar de 5 autres (parmi les 9 qui ont été identifiées) : artificialisation des sols, pollution, perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, altération du cycle de l’eau douce et effondrement de la » biodiversité ». Pour quelle raison, alors que nous mettons en oeuvre des actions écologiques depuis 50 ans, notre situation (celle du vivant en général) ne cesse d’empirer ?
« Il faut beaucoup de courage pour embrasser ses erreurs. »
Donella Meadows, biophysicienne et systémicienne
À cause de la destruction des espaces de vie, de la (sur)pêche et des pesticides, 73% des vertébrés sauvages ont été exterminés en 54 ans et 67% des arthropodes (dont les insectes) en 10 ans. Quant au climat, le seuil des 1,5°C a été franchi en 2024 – augurant un emballement brutal et irréversible. Cette limite planétaire est en conséquence largement dépassée, à l’instar de 5 autres (parmi les 9 qui ont été identifiées) : artificialisation des sols, pollution, perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, effondrement de la « biodiversité » et altération du cycle de l’eau douce.
À cause de la destruction des espaces de vie, de la (sur)pêche et des pesticides, 73% des vertébrés sauvages ont été exterminés en 54 ans et 67% des arthropodes (dont les insectes) en 10 ans. Quant au climat, le seuil des 1,5°C a été franchi en 2024, augurant un emballement brutal et irréversible.
« L’éternelle question ‘la fin justifie-t-elle les moyens ?’ n’a pas de sens en soi. Le seul vrai problème […] est de savoir si telle fin justifie tel moyen. » Saul Alinsky
Aux yeux du philosophe Marc Crépon, l’État est violent par essence, et la non-violence utopique : « À l’origine de tout régime politique, il y a toujours de la violence. Pour savoir quelle est, de deux formes de violence, la plus légitime, nous devons en appeler à un principe qui transcende le droit, qui est celui de la justice. Autant dire que la paix, la non-violence n’existent que dans les intentions d’autant plus sujettes à caution qu’elles ne sont elles-mêmes pas dépourvues d’ambiguïtés. »
Selon l’activiste Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, libéré de prison à l’instant où j’écris ces lignes, « […] on ne peut pas qualifier la protection de l’environnement d’écoterrorisme, ça n’a aucun sens. L’écoterrorisme, c’est ce que font les entreprises de combustibles fossiles et Monsanto. Eux, ils terrorisent l’environnement… » Au-delà de cette mise au point sémantique, le mot « écoterrorisme » a été créé en 1983 par l’écrivain libéral Ron Arnold dans le but de dénoncer les « crimes pour sauver la nature » et fut depuis l’objet de romans et même d’accusations par des hommes politiques. Mais l’usage de la violence, que ce soit contre les biens ou contre les personnes, est-il toujours injustifié ?
Il n’y a pas lieu de se réjouir de l’élection de Donald Trump. Évidemment. Le pire n’est jamais une bonne nouvelle. Nombreux et nombreuses sont ceux et celles qui en souffriront – notamment les plus fragiles – et il n’y a là rien qui puisse prêter à sourire.
Ce samedi soir, à Bercy, dans une ambiance presque irréelle, il y avait évidemment pour moi de l’insolite à monter sur scène, en plein milieu de l’ultime concert des Shaka Ponk, afin d’y déclamer le petit message maladroitement slamé qu’ils m’avaient demandé de préparer pour l’occasion.
Depuis quelque temps, le terme « post-vérité » est employé pour référer à nombre de postures scandaleuses qui nient les faits et usent d’artifices rhétoriques et émotionnels pour manipuler l’opinion. Le couronnement de cette mouvance « post-vérité » se lirait dans l’élection de Donald Trump dont les mensonges de campagne furent incontestablement innombrables.
Chaque événement important – naître, mourir, devenir amoureux, tomber malade… – est à la fois parfaitement exceptionnel et terriblement banal. Chacun est unique et universel. Il existe pourtant quelques cas qui basculent manifestement d’un côté ou de l’autre. Le nazisme, par exemple, est une singularité absolue. En ce sens, il n’est justement pas un exemple. Il n’y eut qu’un nazisme dans l’histoire. Au contraire, le fascisme, même s’il réfère originellement à un moment politique spécifique de l’Italie du XXe siècle, présente certaines caractéristiques transhistoriques claires. Il y a une « essence » fasciste qui se manifeste ici et là et qui peut être reconnue. Ce qu’Umberto Eco nomme l’Ur-fascisme, le fascisme primitif et éternel.
Ni un drame écologique, ni une crise climatique, ni un délitement social : une catastrophe civilisationnelle. Voilà où nous en sommes. Ou peut-être, pour le dire comme Jean-Luc Nancy, une « maladie de l’esprit ». Régime d’aliénation ou d’ensorcellement. Pas seulement intenable mais également insouhaitable.
Ce court texte entend apporter un élément de réflexion autour de la question fatidique du « que faire ? » lorsqu’elle émane des chercheurs et enseignants.
C’est vrai et c’est un peu triste : depuis plus d’un siècle, aucune révolution drastique n’a eu lieu en physique. Aucune théorie radicalement nouvelle n’a été découverte – ou inventée –, infléchissant durablement notre vision de l’intime du réel. Il se pourrait que la grande rupture de notre temps soit plutôt à chercher dans la dimension interprétative. Le sens de nos modèles se révèle peu à peu. Et ce n’est pas un détail.
Une comète destructrice pour métaphore de la catastrophe écologique, un scénario au vitriol et une intelligence au scalpel : tout est en place.