Daniel Maximin (DR)

Daniel Maximin, l’écrivain qui a pu écrire dans son premier roman : « ma soif invente encore des sources, et les sources s’élancent dans l’ignorance des mers et des déserts », vient de voir l’ensemble de son œuvre distingué par un prix de l’Académie française. C’est le moment donc de (re)visiter cette œuvre majeure des dernières années du XXe siècle et de notre XXIe siècle.

Une fois par mois depuis mars 2016 et pour six séances, le Reflet Médicis accueille l’association Cinewax et son cycle documentaire Baatou Africa. La programmation met en avant les cinémas africains encore peu distribués dans les salles (encore moins s’agissant du documentaire), tout en mettant en relief leur diversité. Chaque séance s’inscrit dans une problématique telle que la jeunesse, l’oralité, le conte et la transmission, les diasporas ou les visions de femmes. Rencontre et entretien avec Marie-France Aubert qui met en lumière ces films au travers de sa programmation.

Tierno Monénembo

Double opportunité aujourd’hui d’évoquer l’œuvre de l’écrivain guinéen Tierno Monénembo, résidant hors de son pays depuis près de cinquante ans : le palmarès des grands prix de l’Académie française ce 23 juin, l’associe à 62 autres noms. Il est particulièrement mis à l’honneur avec le Grand prix de la francophonie que des écrivains prestigieux avant lui ont également obtenu. Par ailleurs, son roman de 2012, consacré à Addi Bâ, de son vrai nom, Mamadou Hady Bah (1916-1943), sous le titre Le terroriste noir, a été porté à l’écran par Gabriel Le Bomin sous un autre titre, Nos patriotes.

La Fondation Vuitton offre une carte blanche à Alain Mabanckou, les samedi 24 et dimanche 25 juin 2017. L’écrivain a été invité à concevoir un programme original autour de la poésie et de la littérature francophone africaine, « Penser, dire, raconter et jouer l’Afrique », dans le cadre de l’exposition « Art/Afrique, le nouvel atelier » qui se tient en ce moment à la Fondation.

« Tu es ma chair. C’est de ta glaise que je suis faite. C’est la couleur que tu m’as donnée qui me vaut d’être ce que je suis. Une errante. Un point suspendu ».
Tels des astres éteints

Le 6 juin dernier, dans Diacritik, je présentais les textes d’essais ou proches de ce genre que Léonora Miano a édités ces dernières années. Textes essentiels, souvent dérangeants, incitant à ouvrir nos références trop souvent franco-centrées vers l’énorme apport venu des États-Unis.

Léonora Miano

« La cicatrice n’est pas la plaie. Elle est la nouvelle ligne de vie qui s’est créée par-dessus. Elle est le champ des possibles les plus insoupçonnés »

Léonora Miano, écrivaine plus connue comme romancière que comme essayiste, offre pourtant une contribution conséquente dans le domaine de l’écriture réflexive. Son apport est en relation avec ce qui l’a précédé mais aussi porteur de propositions passionnantes, dérangeantes parfois, pour notre monde d’aujourd’hui.

En 2020, l’universitaire Julian West a publié un essai devenu un best-seller, Zones de divergence, constat et prédiction de « la descente vertigineuse du monde dans le chaos », initiant un nouveau domaine de recherche, la géo-paléontologie.
« Tout le monde aime les histoires qui font peur », poursuit Julian West vingt-cinq ans plus tard, alors qu’un « « événement climatique extrême » connu sous le nom d’ouragan Donald » a balayé les États-Unis.
2050, un cauchemar s’il en fut jamais ?
La sidérante dystopie de John Feffer, mise en perspective de notre présent depuis un double avenir, donne à faire peur comme à réfléchir à l’avenir que nous voulons construire, qu’il soit environnemental ou politique, si tant est que l’on puisse différencier les deux.

En décembre 2013, le supplément du dimanche El Pais Semanal commande à Guillermo Abril et Carlos Spottorno une série de reportages sur les frontières européennes. Trois ans plus tard, avec comme matériau près de 25000 photographies et 15 carnets de notes, sort en librairie La Fissure. Documentaire inédit dans sa forme et terrible dans son propos, La Fissure raconte, de l’Afrique à l’Arctique la misère, les destins brisés des migrants, la montée des nationalismes, les exodes et analyse les causes et les conséquences de la crise d’identité que connaît l’Europe au XXIè siècle.

« Des gestes de mort et de vie, d’extrême tendresse et de violence inouïe, qui fissurent la surface lisse et bouleversent le temps dans sa course annoncée » : tel est le pari de Gestuaire, le nouveau recueil poétique de Sylvie Kandé. Offrir un espace pour collecter les différents gestes et comprendre ce que signifie l’aventure poétique, l’ambition est vaste.

Portrait de Mme de Duras par Melle Jaser
Portrait de Mme de Duras par Melle Jaser

Claire de Duras – à ne pas confondre avec Marguerite Duras, notre contemporaine… – est une femme de lettres du début du XIXe siècle : née en 1778, elle décédera en 1828, à l’âge de cinquante ans, cinq années après la publication de son récit, Ourika, qui connut un vif succès. Ce roman écrit entre 1821 et 1822 est publié en 1823, l’année même où le jeune Hugo publie la seconde version de Bug-Jargal.

L’histoire se répète, comme un disque rayé, à chaque rentrée littéraire : un livre fait sensation, séduit la critique, les libraires et les lecteurs. Cette année, c’est Gaël Faye et son Petit Pays, prix Fnac (remis par Jonathan Franzen) puis prix Cultura, présent sur les premières listes de tous les grands prix d’automne, ou presque, toujours en lice pour quelques-uns d’entre eux dont le Goncourt, articles dans toute la presse, sujet au JT de TF1, droits étrangers vendus à une vingtaine de pays avant même la parution en France, la littérature devenant phénomène…
(Suite de la mini-série 4 finalistes pour 1 Goncourt le 3 novembre 2016, après Catherine Cusset et son Autre que l’on adorait et avant Régis Jauffret et Leïla Slimani).

Edit : 17 novembre 2016, Gaël Faye vient de remporter le Prix Goncourt des Lycéens 2016.

Henrietta Rose-Innes
Henrietta Rose-Innes

Chère Henrietta,

C’est dans un petit café du Cap, assez bruyant et qui sentait le beignet frit, que vous m’aviez parlé de votre Green Lion ; le roman était encore à l’état d’ébauche. La Table Mountain, qui domine la ville et la baie, se dressait tout près, derrière nous, invisible et puissante. Elle habitait votre esprit et votre travail.

Louis Salkind © Jean-Philippe Cazier

Louis Salkind est le créateur d’une peinture traversée par les idées de différence et d’hybridation qui s’articule autour d’un travail sur le signe et la polysémie, agence des références plurielles à l’histoire de l’art ou à la vie quotidienne autant qu’elle est guidée par la logique du rêve et des propositions de l’inconscient. Rencontre avec le peintre qui évoque ici son parcours, ses processus de création, certains des thèmes de ses peintures : l’animal, le corps, la mythologie, le monstrueux, l’altérité –, mais aussi la psychanalyse, le théâtre ou l’œuvre de Gilles Deleuze et Félix Guattari.