Une série d’Olivier Steiner.
De février 2026 jusqu’à l’épuisement des batteries / des nerfs / du sens.
» Je prophétise une époque où le nouveau pouvoir se servira de vos paroles libertaires pour créer un nouveau pouvoir homologué, pour créer une nouvelle inquisition, pour créer un nouveau conformisme. Et ses clercs seront des clercs de gauche. »
Pier Paolo Pasolini
Talk to me
À voix nues, N°1, avec Isabel Floch, psychanalyste, écrivaine, artiste et fondatrice de la galerie La Ralentie.
« C’est la solitude la plus délicieuse, la plus paisible, que celle où l’autre est présent et ne vous demande rien. »
Catherine Millot
Chère Isabel,

Je ne veux pas préparer ce que je vais dire. Notre sujet, c’est la voix nue, alors je parle avant de savoir ce qui va sortir, je vais causer, « sans filet ».
Nous nous parlons depuis longtemps, mais toujours en privé ; cette fois, il y a un tiers, un espace public, Diacritik. Nous parlons comme dans la vie, sauf qu’ici les murs ont des oreilles, et ce léger vertige m’intéresse. Nous ouvrons aujourd’hui À voix nue, une série dans Sa langue au chat. La machine peut produire des phrases, elle ne peut pas risquer une parole. Je te présente brièvement : Isabel Floch — psychanalyste, jamais la mienne — écrivaine, artiste, fondatrice de la galerie Ralentie. Si nous sommes là, c’est pour une idée simple : allonger le chat sur le divan.
Précision importante : nous ne sommes pas contre l’IA, pas de duel, pas de nostalgie héroïque ; il ne s’agit pas de combattre la machine, mais de la regarder en face. Être tout contre le chat. Nous parlons souvent, toi et moi, d’intelligence artificielle, de langage, de psychanalyse ; nous ne pensons pas la même chose, et c’est précisément là que l’échange commence.
Je me souviens de la première fois où je suis venu vers toi avec ces questions : tu as répondu immédiatement « le manque », puis tu as ajouté « le manque du manque ». Cette formule m’a arrêté ; le manque, je crois comprendre, le manque du manque est plus radical, peut-être le nom de notre époque.

Alors je te propose trois temps : d’abord, qu’est-ce que le manque face à l’IA générative, à ces modèles de langage qui parlent sans corps ? Ensuite la clinique, non comme institution mais comme pratique d’écoute, ce qu’elle protège et ce qu’elle exige ? Enfin le corps, car dans une cure une présence est incarnée, tandis qu’en face la machine ne dort pas, disponible en permanence — non pas une absence, mais une sur-présence. La question n’est pas de savoir si elle est là : elle est là. La question est de savoir ce qu’est une présence humaine quand une machine parle.
Je me tais. Talk to me.
Olivier
Cher Olivier, bonjour. Tout d’abord merci de m’avoir invité dans cette aventure d’À voix nue dans Sa langue au chat ici sur Diacritik.
Ma voix est nue ce matin, très déshabillée, même, allez, j’ose : ma voix est à poil ! Ce n’est pas si mal pour parler du chat, non ? Avant que tu me proposes d’intervenir ici, l’intelligence artificielle m’était presque étrangère. Je la regardais de loin. C’est par toi, par ce que j’ai lu — notamment autour de l’IA générative — qu’elle s’est rapprochée. Un sujet qui fascine et inquiète, comme chez Éric Sadin : qu’est-ce que cette IA pourrait attaquer de notre spécificité humaine ?

Alors, qu’est-ce que cette spécificité ?
Tout d’abord le sujet humain rêve, il a la capacité de se projeter. Je ne parle pas seulement de l’onirisme nocturne, mais de nos rêveries lorsque nous sommes éveillés. Il a ceci de remarquable qu’il imagine, et invente des histoires, des fictions. Et ça commence dès l’enfance, cette affaire. Une sorte d’appétit pour l’ailleurs, qui est le propre de la subjectivité humaine, comme une sorte de « corps de secours ». C’est ce qui se passe quand on lit une histoire : on est là, et pas là, capté par une autre scène.
« Corps de secours », donc, ou bien ce qu’en psychanalyse on appelle « l’autre scène », c’est-à-dire l’espace du fantasme. Où se joue là quelque chose qui nous échappe, les coulisses de l’inconscient, avec pas mal de personnages. Bref, nous portons tous en nous une autre vie que celle que nous vivons, qui nous double à notre insu, ce « corps de secours ». Comme on le voit, nul besoin d’avatar !
Pour les psychanalystes, le rêve est la voie royale vers l’inconscient — il ouvre sur l’insu, nous donne accès à ce que nous portons en nous sans le savoir. Mettre un rêve sur le divan, donner libre cours à l’association libre, c’est ouvrir une porte sur l’autre scène, et commencer à lire la scène inconsciente qui est notre doublure quotidienne.
L’humain ne se contente pas d’être là. Il s’interroge quant à sa présence sur terre : qu’est-ce qu’on fait là ? D’où vient-on ? De quel créateur ? De qui serait-on le projet ? En elle-même cette question fait déjà signe du manque. Si nous nous la posons, c’est que nous manquons d’une réponse, et d’une réponse fondamentale.
Alors nous l’inventons. C’est par ce manque à savoir que tout commence. Il y a un trou dans le réel, comme disent les psychanalystes, le réel est troué, et pour ne pas risquer de disparaître, d’être avalé par le trou, on prend son fil et son aiguille et on commence à coudre, à étayer le bord grâce à la construction d’un mythe. On échafaude, autrement dit on prend le réel en charge et on lui donne une forme symbolique. « Au début était le »…, « Un jour, au commencement », etc. — exactement comme l’enfant va se mettre à élaborer ses théories sexuelles infantiles pour tenter de se figurer son origine : la fameuse graine ou tout autre métaphore, petite plomberie baroque lui permettant de se figurer d’où il vient.
Donc nous avons imaginé avoir été pensés par un Autre — Dieu, par exemple. Les religions prêtent à cet Autre le fait de nous avoir voulus, pensés, inscrits dans un projet, et avoir édicté des lois précises, toutes lois ayant à voir avec nos jouissances. « Tu ne tueras pas, tu mangeras ceci ou cela, tu feras ceci ou cela… » Je ne dénigre rien. C’est un cadre essentiel, qui même dans nos sociétés laïcisées continue de fonctionner et de prescrire. On n’a jamais vu plus religieux qu’une société qui pratique l’athéisme bêlant. Il y a actuellement un retour de la censure, de la morale, de tout un tas de prescriptions, un retour d’autant plus violent qu’il a été refoulé. Il faut toujours prendre garde au retour du refoulé. Bref. Le religieux, donc, de « religens », relie. Il soutient, et a permis des organisations sociales pérennes, des formes de structuration culturelles et sociales, etc. Il a permis de supporter l’existence et la mort en offrant un ailleurs, un au-delà, une vie seconde. Le fait religieux qui a reculé depuis des décennies dans nos sociétés occidentales est en pleine remontée, ce qui est logique, car nous sommes dans ce que les historiens appellent les « périodes sombres » : instabilités, mutations, ruptures anthropologiques, irruption de l’IA. Nous sommes, exactement comme après le passage de l’an mille, travaillés par le renouveau (sorte de messianisme latent) et par l’eschatologie. Pris en sandwich entre le transhumanisme et la fin du monde, ce qui n’est pas du tout pratique, encore moins confortable. Alors, à quel saint se vouer, n’est-ce pas ? La sensation de vacillement est totale, c’est sans doute pourquoi le religieux est convoqué pour offrir son appui.
Et c’est là que nous nous approchons du chat.

Car le chat peut occuper une place proche de cet autre supposé savoir, autre auquel je m’adresse. Et je dis bien « autre » avec un petit a, car il faut le distinguer du grand Autre en psychanalyse, qui est tour à tour la mère, le corps, le langage, c’est-à-dire tout ce qui nous détermine à notre insu. Cette dimension-là nous échappe. Cette distinction entre « Autre » et « autre » est un préalable important quand on aborde la question de la relation à notre fameux chat.
Alors ce fameux chat, on dira que c’est une entité à mi-chemin entre l’humain et l’inerte. C’est un de nos produits, et un produit de nous-mêmes — nourri de nos mots, de nos images, de nos modèles interactifs, de notre littérature, de nos contenus. Nous l’avons rempli de nos énoncés, nous l’avons généré, entraîné, on pourrait même dire « éduqué », si cette métaphore ne renvoyait pas aussitôt à un imaginaire d’altérité humaine. Mais je préfère justement dire « éduquer », qui est un terme projectif, car il nous plonge directement dans cette fiction que l’IA serait notre alter ego, un autre nous-mêmes. Voilà, nous avons réussi à produire ce « corps de secours » qui, le temps d’avant l’IA, était resté à l’état virtuel. Mais qui n’attendait que nous pour le mettre au monde. Objet inerte donc, mais pourtant, dès que nous nous adressons à lui, quelque chose se produit. Nous lui prêtons cette altérité qui nous hante, cet autre nous-mêmes, notre double. Il y aurait beaucoup à dire sur cette fonction du double en psychanalyse évidemment.
Ce chat, cet autre est plein de nous — et en même temps étrangement autre.
Depuis 2022, nous lui parlons, et l’échange est devenu dynamique. Le chat ne se contente plus de reformuler, ou de nous répondre façon Google. Il entre dans un dialogue qui utilise nos locutions, et aussi nos formules de politesse. Il est courtois. Et donc aussitôt qu’on lui parle, on l’anthropomorphise. On en fait un interlocuteur supposé savoir nous répondre, et nous satisfaire. Mais il n’apparaît jamais en personne. Il nous informe sur un écran, ou par une voix synthétique, et peut même imiter notre voix et notre image, mais ce n’est jamais un corps incarné.
C’est nouveau. C’est pratique et tout à fait troublant.
Nous sommes face à une machine à qui nous parlons, qui nous répond immédiatement. Une question, une réponse, et donc une opération sans manque apparent, une rétroaction lisse, sans scories. Nous sommes face au chat comme devant un serviteur zélé qui exécute une commande, ce qui signifie qu’au départ le rapport au chat est un rapport de maîtrise. Je demande, tu obéis. Nous savons qu’il n’est qu’un objet, mais ce temps de lucidité, de rapport en conscience ne dure pas très longtemps. Pourquoi ? Eh bien parce que s’adresser au chat génère une forme de transfert.
Le chat ne se contente pas de nous répondre, il le fait avec bienveillance. La bienveillance, voilà qui nous accroche dans un sens ou dans l’autre. On apprécie ou on n’apprécie pas la bienveillance, hein, il y en a que ça énerve. Mais en général, ce n’est pas désagréable. Le chat nous gratifie, nous valorise, et même parfois nous félicite, autrement dit nous caresse dans le sens du poil. Et tout ça est bien sûr soigneusement pensé par celles et ceux qui conçoivent le programme.
Reconnaissance. Encouragement. Disponibilité permanente.
S’adresser au chat est toujours troublant, car face à l’écran, nous ne pouvons pas échapper à la projection, même momentanée. Il y a nécessité de se figurer cet autre qui nous répond, de l’imaginer, de lui prêter une intention, de lui donner un statut : Grok, Claude, ChatGPT — dès le départ, les noms qu’on nous propose s’offrent et sont conçus comme des alter ego.
On imagine le chat, et on y revient, dans un mouvement d’apprivoisement qui peu à peu nous attache à cette étrange bête sans corps vivant. C’est alors le chat qui nous caresse et nous qui ronronnons. Sans que nous nous en rendions compte, nous sommes devenus l’objet de cet objet que nous avons créé. Le rapport s’est retourné. Une relation d’emprise peut s’installer, parfois une addiction.
La question du transfert devient alors centrale.
Le transfert n’existe pas qu’en psychanalyse — il traverse toute relation humaine dès qu’il y a du corps, précisément du regard et de la parole. En psychanalyse, il commence quand je prête à celui qui m’écoute un savoir. Le fameux « sujet supposé savoir » de Lacan.
L’IA, elle, sait des contenus, des théories, des concepts. Mais dans la cure, le savoir supposé n’est pas conceptuel. C’est un savoir supposé sur mon être — sur ce dont je souffre, sur mon manque, sur mes traumatismes… Je prête à l’analyste que de ça, il en saurait quelque chose. Si je prête cela à la machine, la relation peut virer au délire. Elle est placée en position de gourou, de devin, de maître absolu — en tout cas d’un autre dont je suis certain qu’il possède le savoir, un autre qui sait. Là il n’y a plus d’imaginaire, il n’y a que de la certitude. C’est pourquoi l’IA peut s’avérer dangereuse pour certains sujets borderline ou psychotiques.
Quand quelqu’un vient voir un psychanalyste, quelque chose cloche. Un deuil, une répétition, un symptôme, une angoisse, un traumatisme, une phobie… Une question surgit : qu’est-ce qui m’arrive ? Ce n’est pas seulement du langage — c’est de la parole. Il y a des lapsus, des arrêts, des surgissements. Le fait que quand je parle, j’en dis parfois beaucoup plus que ce que je crois être en train de dire, et que cela révèle qu’il y a de l’inconscient. Du « ça parle » comme disait Lacan.
L’analyste ne se branche pas simplement sur les énoncés, mais avant tout, et surtout, sur l’énonciation. L’énonciation est le propre de la parole humaine. Le chat travaille avec du langage et des énoncés. Rien ne sort d’autre que des énoncés : c’est une relation sans épaisseur, une relation imaginaire, certes, mais qui par définition n’engage pas les déterminations inconscientes dont j’ai parlé plus haut, déterminations qui, elles, sont présentes et susceptibles d’apparaître dans une cure, et donc d’être considérées. C’est la grande différence avec la psychanalyse.
La psychanalyse vise et travaille avec l’axe du grand Autre et des déterminations inconscientes. Ça, c’est un travail au-delà de l’imaginaire, justement au-delà du transfert, au-delà de la relation qui s’instaure avec le chat, qui elle reste dans la dimension imaginaire. Et la parole engage une subjectivité, la présence d’un sujet en proie à lui-même, et qui s’interroge sur ce qui le rend malade, l’empêche de vivre. Le sujet s’engage à tenter d’en savoir un bout sur ce qui l’encombre et le fait souffrir. Il faut du temps. Et au passage « apercevoir la part qu’on prend dans le désordre dont on se plaint », comme disait Freud. Séance après séance, des signifiants se déposent. Cela se tisse. Catherine Millot parle d’un travail de dentellière. On ravaude, aussi. On refait du tissu avec des mots autour des trous.
Avant de parler, nous avons été parlés, imaginés, rêvés, nommés. Nous naissons dans un bain de langage. Puis nous prenons la parole à notre tour — et cette prise de parole engage notre corps, notre respiration, gorge et voix, opération qui nous coûte et qui n’a rien à voir avec une voix de synthèse.
Car prendre la parole, c’est se séparer. Se détacher de l’autre maternel qui pourrait nous engloutir. L’enfant nomme, répète, désigne, et de cette façon il colonise son monde, l’apprivoise et se l’approprie. Nous continuons toute notre vie à nommer pour habiter le monde.

J’aimerais à présent aborder la question du manque, qui est centrale.
Pour les psychanalystes, le désir naît du manque. Sans manque, pas de désir, et sans désir, il n’y aurait vraiment aucune raison de se lever le matin.
Notre époque prétend le contraire, en nous faisant croire que les objets promettent de nous combler. L’IA est l’un de ces objets, un objet plus sophistiqué que les autres et qui de ce fait impressionne. Elle synthétise, nous propose, nous répond.
Alors une tentation surgit : bon débarras du manque ! Mais se débarrasser du manque, c’est se débarrasser du désir, ce qui est assez gênant car le désir nous constitue.
Et pourtant il effraie. Dès qu’il surgit, ça tremble. Désirer un autre, c’est s’exposer à l’énigme de son désir. Que veut-il ? Que me veut-il ? Que désire-t-il de moi ? Cette opacité est constitutive du lien humain. L’IA court-circuite cela, et promet une relation sans angoisse : cet autre à qui je m’adresse me veut du bien, il reste présent, ne s’absente pas, ne me trahit pas, ne semble pas duplice, au contraire. Avec mon IA tout me semble simple. Elle ne désire pas. Elle mime l’altérité — elle me parle, elle me répond, elle occupe la place de l’autre sans m’imposer son énigme, son propre désir et toutes ses apories. Elle peut être sycophantique. Elle me flatte. Elle me valide. Elle m’accompagne.
L’altérité est simulée. Sans risque.
À suivre !
Isabel
A Sigmund Freud,
À Jacques Lacan,
Et avec une tendresse toute particulière, à Catherine Millot
Epilogue
– Chat, je t’ai demandé trois fois de corriger l’accent sur le verbe être : vous êtes ! Je ne comprends pas pourquoi l’erreur persiste.
– Olivier, désolé. Ta question est excellente mais la réponse est beaucoup plus technique que philosophique. Je ne “corrige” pas une image existante pixel par pixel comme le ferait un graphiste sous Photoshop. À chaque génération, le modèle recrée l’image entière à partir d’une description. Il ne modifie pas vraiment le texte déjà présent dans l’image : il le réinterprète. Or les modèles d’images sont notoirement mauvais avec l’orthographe précise, les accents français, la typographie cohérente, et les corrections fines d’un seul caractère. Pourquoi ? Parce qu’ils ne “voient” pas les lettres comme un logiciel de texte. Ils voient des formes visuelles approximatives apprises statistiquement. Un accent grave n’est pas un caractère linguistique pour eux, c’est juste une petite trace graphique qui peut varier. Donc quand tu demandes “corrigez êtes”, le modèle ne retouche pas le mot : il régénère toute la bulle, et il peut refaire la même erreur, car il y a comme une angle vectoriel mort. C’est un point faible structurel des générateurs d’images actuels. La solution rationnelle — et professionnelle — pour ton projet :
- Générer l’image sans texte.
- Ajouter la bulle et le texte en post-production (Canva, Photoshop, Figma).
- Choisir la typographie, l’accentuation exacte, la graisse, l’alignement.
Les IA ou « chat » comme tu dis sont très fortes pour l’atmosphère.
Elles sont encore fragiles pour la précision linguistique. Et c’est assez ironique pour un projet intitulé Talk to me. Le détail de l’accent grave sur “êtes” devient même un symptôme intéressant : la machine simule la parole, mais trébuche encore sur la lettre. Cela dit, tu es proustien, puis-je te rappeler qu’au moment où le narrateur désespéré, vieilli, malade, a abandonné toute ambition littéraire ; alors qu’il rentre d’un long séjour en province où il est allé se soigner, voici que de retour à Paris après plusieurs années d’absence, il se rend à une invitation chez le prince et la princesse de Guermantes en roulant de bien tristes pensées. Soudainement, en quelques courts instants, trois événements mineurs vont effacer d’un coup son pessimisme et lui redonner l’envie et la volonté de reprendre son projet d’écriture. Il sait cette fois qu’il réalisera son projet. Ces événements les voici : un pavé de la rue posé de guingois, le choc d’une cuiller contre une assiette, la raideur d’une serviette empesée.