Gustave Lanson pubilait son Histoire de la littérature française en 1894. Elle restera la grande référence historico-littéraire pendant près d’un siècle. Dans le même mouvement, elle assurera le succès de tout un positivisme ambiant. C’est un sociologue qui, un siècle plus tard, va nous sortir de cette lourdeur positiviste un peu bornée. Et avec ses Règles de l’art de 1992, Pierre Bourdieu nous proposera de voir la même histoire des lettres de façon radicalement autre, la transformant en histoire sociale perçue dans la perspective d’un relativisme structurel.

Ce qui t’appartient, premier roman de Garth Greenwell est de ces textes qui résistent à la critique tant ils reposent sur une atmosphère davantage que sur une histoire, tant ils séduisent par l’univers singulier qu’ils construisent. Il y a pourtant une histoire, celle d’un professeur américain qui réside à Sofia pour enseigner à l’American College, d’un homme en exil de son pays mais pas de lui-même, entravé dans son désir, ses angoisses, sa peur. « Nous désirons toujours trop ou pas assez, et le reste n’est que compensation ».

La connerie est-elle innée, inévitable, inhérente à chacun, affichée ou sournoisement tapie sous les atours d’une intelligence moyenne ou la simple expression d’une bêtise évidente ? Une question complexe (et  des réponses qui le sont tout autant) que propose d’embrasser l’ouvrage collectif Psychologie de la connerie, paru aux éditions Sciences Humaines.

Depuis ma prime errance, je n’ai cessé de m’inventer frères, sœurs, pères et mères de substitution. Je me suis fourvoyé, jusqu’à me rendre compte que je pouvais être à moi-même, gamin des rues devenu presque aussi grand que le plus grand de mes frères aujourd’hui dispersé par-dessus la grève des adieux sans retour, un parent, un guide, un chemin.