Comment écrire aujourd’hui, « à quoi ça pourrait ressembler, un roman du XXIe siècle ? En quoi ça serait différent d’un roman du XIXe, par exemple ? », se demandait Pierre Ducrozet dans la note d’intention qui accompagnait L’Invention des corps, son dernier roman : ce serait un récit rhizomique sans doute, « sans centre, fait de plis et de passages, de liens, d’hypertextes, qui dédoublerait le mouvement du monde contemporain ». « Internet comme sujet et comme forme » sera donc le centre irradiant des deux grands entretiens que nous a accordé Pierre Ducrozet.

Jusqu’à la parution d’un premier roman que l’on pourra dire « tardif » (comme le printemps chez Ozu), le nom de Gérard Cartier était, depuis une quarantaine d’années, quasi-exclusivement associé à la poésie, une poésie « inscrite dans la sphère de l’Histoire et de ses chroniques », donc plutôt narrative, ne s’égarant guère dans les zones les plus impénétrables du « genre ».

L’imaginaire de la cabane, Marielle Macé le souligne dans son petit livre, connaît un engouement frappant dans différents domaines de la pensée depuis quelques années : en littérature, en anthropologie, en philosophie, en politique. Il est paradoxal que les deux auteurs dont il est question ici, Marielle Macé donc et Lionel Ruffel, choisissent d’en décliner le motif à leur tour pour y installer l’énergie politique de re-création que tous deux professent, promeuvent, espèrent et appellent – car la cabane, après tout, évoque d’abord le repli, la sortie du monde.

Diacritik a toujours eu à cœur de défendre la littérature étrangère et ceux sans lesquels elle demeurerait inaccessible à une grande partie du lectorat français : les traductrices et traducteurs. Carine Chichereau a accepté de tenir une rubrique régulière dans nos colonnes, pour évoquer, en vidéo, un texte dont nous lui devons la version française. Aujourd’hui, Il était un fleuve de Diane Setterfield tout juste paru aux éditions Plon.

Rencontre avec James C. Scott dans le Quartier Latin, le 28 mai 2019. Dans le grand entretien qu’il nous a accordé, il revient sur Homo domesticus. Histoire profonde des premiers États, paru en janvier dernier aux éditions de La Découverte mais aussi sur sa pensée de l’anarchisme, évoquant aussi bien l’architecture que les Gilets jaunes, la Mésopotamie que Dickens ou Balzac.

Deux livres viennent de paraître en mai 2019, avec Alger pour centre magnétique, deux livres pourtant très différents tant par le genre littéraire choisi que par la signature qui les identifie : Alger, capitale de la révolution. De Fanon aux Blacks Panthers d’Elaine Mokhtefi et Dernières heures avant l’aurore de Karim Amellal.

L’idée, en proposant en photographie de une de cet article un (petit) échantillon de mon rayon lodgien, n’est pas de faire étalage de ma bibliothèque mais d’illustrer les multiples réseaux de (re)lectures que permet le dernier ouvrage paru de David Lodge, La Chance de l’écrivain, second volume d’un diptyque en apparence ouvertement autobiographique et, de fait, véritable laboratoire de son œuvre.