
Le dessin de la semaine de Rodho : Instagram de finesse dans un monde de brutes.
Des écrivains, des artistes écrivent leur journal dans notre journal.
Yorick, « prince d’Aquitaine à la tour abolie » comme l’écrivait Nerval d’un autre désespéré, a tenu des chroniques dominicales dans les colonnes de Diacritik, commenté le monde et ses événements de sa prose noire et ironique, fragments et éclats d’un chaos qu’un regard et une vision viennent unifier.

Le dessin de la semaine de Rodho. Vivre ensemble oui, mais aux heures d’ouverture du magasin.
Il expliquait les choses avec ses mains. Comme si ses mains tenaient un discours parallèle à celui de la voix. Il me disait souvent — à moi mais pas qu’à moi, il le disait à beaucoup de personnes, de garçons et de filles — il disait donc : il faut travailler, jusqu’au bout, sans s’arrêter, jusqu’au bout.
Je te quitte. Je ne t’aime plus. Je ne t’aime plus parce que je te méprise, parce que je ne t’admire plus. Je te quitte, c’est fini. Prends soin de toi.
Séparation. Toute honte bue. C’est officiel. La solitude vient de gagner une nouvelle bataille.
Il se passe quelque chose. A chaque période de l’histoire il s’est passé quelque chose mais là, il se passe quelque chose. Je ne suis expert en rien, si ce n’est en phrases, et encore, pas sûr. Un jour Marguerite Duras a dit dans un entretien : Vous savez, je ne sais pas toujours très bien ce que je dis, ce que je sais, c’est que c’est absolument vrai. Ben voilà, je fais comme elle. Ce qui se passe ?

Je suis né le 15 février 1976 mais d’une certaine façon je suis né ce jour de 89, jour que je n’ai pas noté, que j’ai longtemps nié, j’ai voulu nier son caractère fondateur, j’avais 13 ans. J’étais précoce, j’allais souvent dans ce jardin public, j’avais remarqué que les hommes y marchaient d’une drôle de façon, avec une drôle de lenteur, cette lenteur était pleine de signes et de signaux, c’était fascinant à voir, un spectacle fou, tout un monde.