Après un premier roman paru chez Gallimard sous un nom de plume, Anna Méril signe de son vrai nom Les Fruits rouges, aux éditions Le nouvel Attila. Ce récit comble l’absence de littérature sur la fausse couche (terme revendiqué par l’autrice). Et parvient à trouver la fréquence d’une perte encore peu audible.
En 2022 paraissait Les autres ne pensent pas comme nous, le livre majeur du diplomate Maurice Gourdault-Montagne. Trois ans plus tard, alors que les lignes de fracture se déplacent, que les conflits s’enkystent comme de mauvaises tumeurs et que l’Occident découvre, souvent avec retard, que ses idéaux n’éclairent plus le monde avec la même évidence, cet ouvrage s’impose « en force nouvelle ». On y revient, comme on revient toujours aux grands textes de discernement.
Début 2022, les Éditions MF m’ont envoyé pour la première fois un livre à paraître. Il s’agissait d’un roman, Les Artistes, signé Aden Ellias, un auteur dont j’ignorais tout. Malgré certaines réserves, ce livre singulier m’avait intrigué, au point de m’inciter à en faire une recension afin d’y voir plus clair. Comme le courant était passé, d’autres ouvrages ont pris, souvent par surprise, le chemin de mon atelier, comme ce fut le cas avec Temps permettant de Christine Lapostolle, qui m’est parvenu suite à une suggestion du peintre et poète Pierre Mabille.
Il n’y avait aucun prétexte valable pour aller voir le film Super Mario Galaxy le jour de sa sortie à l’UGC de la Porte Maillot à Paris. Mes enfants sont pour l’une trop âgée, pour l’autre trop jeune et ne pouvaient donc pas m’y accompagner. La suite d’une production dont le premier numéro (Super Mario Bros) a récolté plus d’un milliard de dollars de recettes a forcément des ambitions galactiques, comme son nom l’indique. Mais je n’ai pas vu un blockbuster : j’ai suivi un conte saturé de couleurs fluorescentes et de… vérité.
Alors que l’actualité médiatique est saturée de propos de Donald Trump, un auteur dramaturge, Stefano Massini conte une histoire de l’actuel président des États-Unis.
On avait laissé Sébastien Berlendis sur les rives de la Méditerranée, entre vieux palais décatis et archéologie familiale. Deux ans après Lungomare, 24 fois l’Amérique s’éloigne pour un temps de l’Italie afin d’explorer le nord-est des États-Unis. Sur la route, le narrateur est en quête de Marianne, une femme avec qui il avait déjà fait le voyage une décennie auparavant.
L’année 2025 a été l’occasion de multiples publications de et sur Emmanuelle Pireyre : La performance narrative, livre issu d’une thèse soutenue à Paris 8 ; Double titre, en collaboration avec Valérie Mréjen ; l’ouvrage collectif qui lui est consacré et auquel elle a participé : Écrire, enquêter, performer ; Emmanuelle part en live. Et, fin 2024, il y avait eu Machine anti-machine.
Tout aurait été dit, et même écrit, sur Venise. Rien n’est plus faux. Il n’est qu’à lire pour s’en convaincre le texte que François-Henri Désérable consacre à la ville en exergue du Voyage hédoniste en Italie — Nord-Est.
Créée en 1989 par Jean-Michel Espitallier et Jacques Sivan, rejoints par Vaninna Maestri, Java est, par sa singularité, son engagement, sa nouveauté, une revue indissociable de la poésie contemporaine française, emblématique de ce que peut être une revue de création.
Dans chacun des livres de Gérard Haller, il y a de l’universel, du temps depuis toujours, à tout jamais. Une histoire qui nous concerne tous, nous lecteurs. La force de cette écriture est le fruit d’une langue propre à l’auteur, reconnaissable entre toutes. Syntaxe et ponctuation, découpage du poème aussi.
Connaissez-vous la très belle revue d’histoire de l’art de la Villa Médicis, la revue Studiolo que les éditions Macula ont entrepris de publier depuis quelques années ? On pourra citer le numéro consacré à Raphaël en 2020-2021, mais aussi le numéro sur le thème de « l’indétermination » en 2021-2022 ; ou encore « La vie des œuvres » en 2023-2024 et aujourd’hui : « Atlas. Soutenir, Soutenable » qui est déjà le numéro 20. Car c’est en 2002 qu’avait été créée cette magistrale revue annuelle, internationale, trilingue (français, italien, anglais) par l’Académie de France à Rome – Villa Médicis…
18 mars 2026. Le printemps approche. Jetant mécaniquement un œil sur mes souvenirs Facebook du jour (une des choses les plus utiles de ce réseau de moins en moins habité), je tombe sur cette note assez ancienne : « Un journal de lecture n’est pas un journal tenu par un critique, mais un journal dont l’écriture se trouve en situation critique : comme au bord du précipice. » Aujourd’hui, j’écrirais plus simplement : à la frontière du silence.
En 1972, Michel Foucault, titulaire de la chaire Histoire des systèmes de pensées, chaire créée en novembre 1969 sur proposition de Jules Vuillemin, propose un séminaire Théories et institutions pénales. Il s’agit à la fois d’un préliminaire à l’étude des institutions pénales dans la société française du XIXème siècle et d’un projet plus vaste : celui d’étudier les formes de ce que Michel Foucault appelle le « pouvoir-savoir ».
Diacritik publie : « il suffit de traverser la mer », un feuilleton composé par la poétesse Catherine Weinzaepflen.
La réélection de Benoît Payan à la mairie de Marseille a quelque chose de véritablement paradoxal si l’on prend au sérieux la pauvreté assumée de la campagne qui l’a portée. Non pas une victoire fondée sur un projet, une vision, une promesse de transformation, mais sur un mot d’ordre minimal, sinon indigent : « C’est moi ou le Rassemblement National ! ». Comme si la politique municipale, dans ce qu’elle a de plus concret, d’urbain, de quotidien, pouvait se résumer à une alternative morale, à une sommation électorale.