Damien MacDonald : Close Up 2 (entretien)

Damien MacDonald Extrait de Notre Dame de Paris

Inviter un artiste à reprendre Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, c’est le pari réussi des éditions Calmann-Lévy. Pour ce roman graphique, Damien MacDonald, a taillé dans le texte en conservant les mots exacts de Victor Hugo. En revanche, il a traité le dessin avec audace, créant ainsi des planches qui s’affranchissent des cadres de la BD classique. Damien MacDonald est un artiste franco-écossais diplômé de philosophie et d’histoire de l’art.

Comment te présenterais-tu ?

Je suis addict à l’encre de chine. Cette addiction m’a amené à écrire et à dessiner, ce qui se combine souvent en bande-dessinée, mon medium de prédilection. L’écriture m’a aussi amené vers les essais, les narrations, le théâtre et l’écriture d’expositions ; le commissariat d’expositions.

Comment présenter ton œuvre ?

À travers le dessin et l’écriture, j’essaye d’explorer les différentes facettes de l’inconscient.

Ta première rencontre avec l’art contemporain ?

Hum… je crois que c’est une sculpture d’Henry Moore, à Londres. Je devais avoir 4 ans et j’ai décidé de grimper pour faire un câlin à la sculpture, ce sur quoi le gardien du musée a essayé de m’en détacher ! J’ai toujours gardé une tendresse, sensuelle, pour les sculptures de Moore.

Tes plus grands chocs esthétiques ?

Finnegans Wake de James Joyce, l’Ave Maria de Caccini chanté par Inessa Galante, les Illuminations de Rimbaud, et les sculptures de Noguchi !

L’artiste disparu.e que tu aurais aimé connaître ?

Il y en a toute une kyrielle. Je pense que j’aurais aimé être dans le cercle premier de l’enfer de Dante où tous les intellectuels et les artistes non-baptisés sont relégués. Mais s’il fallait n’en choisir qu’un, je pense que j’aurais aimé passer une soirée avec Oscar Wilde.

Un.e artiste contemporain que tu aimerais rencontrer ?

Steve McQueen.

Ton musée préféré ?

Le Musée Imaginaire.

L’œuvre que tu aimerais posséder ?

Une sculpture de Noguchi.

Es-tu collectionneur ?

Si la bibliophagie fait partie des collectionnites, j’en suis atteint de manière aiguë.

La musique qui t’émeut le plus ?

Les Bachianas Brasileiras de Villa-Lobos

Quel.le  auteur.e a pu inspirer ton œuvre ?

On dit d’un drogué qu’il est « sous-influence ». Pour moi, les influences artistiques sont comme des drogues, et je suis en cela tout à fait polytoxicomane. De mes premiers livres d’enfant (Maurice Sendak, Roald Dahl, Lewis Carroll…) aux dernières lignes que je viens de lire (Giorgio Agamben), tous m’influencent et me transforment, et donc mon œuvre aussi, a fortiori. C’est étrange mais c’est d’ailleurs vrai des plus mauvais livres aussi (rires).

Quel événement t’a marqué ces derniers temps ?

La parution après le confinement du livre d’Emanuele Coccia, Métamorphoses, m’a paru porteur d’espoir, en cela qu’il amène une vision du monde innovante et bienvenue.

Quelle utopie, quel espoir pour demain ?

J’ai été très heureux de remarquer que la plus grande manifestation mondiale antiraciste de l’histoire de l’humanité avait eu lieu après le confinement. Et j’espère que c’est le signe de la naissance d’une conscience collective, ce qui est nécessaire pour s’affronter à la réalité écologique.


Damien MacDonald, Notre-Dame de Paris, éditions Calmann-Lévy, juin 2020, 336 p., 25 €