Rouge impératrice de Léonora Miano : un rêve d’avenir

Plébiscitée par les lecteurs et par les nombreux prix qu’elle a reçus depuis son premier roman Contours du jour qui vient (2005), Léonora Miano ne cesse de nous surprendre par la diversité de ses thématiques et par ses choix romanesques, prouvant encore que le roman est l’écrin d’un imaginaire et l’espace même où peuvent se déployer fables significatives, écriture maîtrisée dans la diversité de ses ancrages, plaidoyer intransigeant dans sa lucidité et ses exigences pour une Afrique du passé, du présent et de l’avenir. Avec ce dixième roman, elle emprunte une voie inédite, celle de la fiction d’anticipation qui nous dit beaucoup sur le présent et ses impasses mais installe la douceur d’un avenir plus habitable.

En 2013, son septième roman, La Saison de l’ombre (Prix Femina), plongeait le lecteur dans le passé lorsque la traite transatlantique surprenait de nombreux pays africains par sa violence et sa sauvagerie. Dans l’analyse que j’en ai proposé, j’ai tenté de reconstituer la « passion » d’un peuple, au sens religieux de souffrance et supplice, et les deux espaces majeurs de déshumanisation que sont la suppression du nom et la rupture de la filiation. Le roman se présentait comme un récit initiatique, teinté de conte et de traces épiques pour composer une fiction d’une étonnante modernité alors qu’elle se situait dans un lointain passé.

L’héroïne y est, sans conteste, Eyabe : elle prend en charge, par l’aventure qu’elle personnalise, la recherche des disparus, geste concret et romanesque correspondant à l’obsession de l’écrivaine elle-même de lever le voile obscur de la mémoire africaine sur la blessure profonde de la traite, si profonde qu’elle a été enfouie et comme oubliée.

Avec Rouge impératrice, l’héroïne est à nouveau une femme, Boya, au nom étrange et insolite dans son espace de vie. Cette femme est aussi en recherche de filiation : « Je m’appelle Boyadishi. Tout le monde dit : Boya. Il hocha la tête : Je sais. Ce n’est pas d’ici. Non, en effet. Une aïeule avait en quelque sorte inventé ce nom. En réalité, elle avait entendu prononcer celui d’une reine étrangère du passé. Sa langue l’avait remanié afin de la rendre dicible, puis de l’investir d’une puissance nouvelle. L’ancienne avait voulu que l’identité de cette femme illustre soit transmise au sein de sa lignée, sous une forme à ses yeux améliorée et dans des conditions précises » (51).

L’importance des noms et des filiations revient dans ce roman mais différemment car l’époque n’est plus la même. Elle est intimement liée à la question centrale de la légitimité d’appartenir au Katiopa ou d’en être expulsé. Nous sommes dans la capitale (kitenta), Mbanza, du Katiopa unifié (Afrique), en l’an 2124 (San Kura 6361), après la seconde Chimurenga (lutte de libération). Un homme – et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit du chef de l’état (mokonzi ou ngozi, selon l’interlocuteur) – observe le rythme du quotidien de ses administrés et son attention est captée par une femme : « L’homme n’avait d’yeux que pour la femme. Celle qui se tenait au centre, tel un soleil couchant ayant déposé son rougeoiement sous la verrière ». Sa mention appuyée par la référence qui est sa marque tout au long du récit, le rouge, ne peut laisser le lecteur dans l’incertitude. « Elégance naturelle », « femme-flamme », « chevelure rousse » », « remarquable clarté rouge », « peau de cuivre brut », la femme rouge est véritablement la protagoniste de cette romance doublée d’une utopie politique : elle est l’essence même de Katiopa, « terre féminine par ses valeurs, par sa sensibilité » (197). Comme dans toutes les romances, on sait que ces deux personnages vont, d’une façon ou d’une autre, former un couple : le rêve prémonitoire d’Ilunga dès les premières pages du roman annonce tout à la fois le triomphe de cet amour et les prémices d’une nation arc-en-ciel :

« La femme rouge […] fut dans ses rêves, du début à la fin. Ils se tenaient par la main pour enjamber, en un interminable saut, un ravin sans fond. Lorsqu’il s’éveilla, les dernières images du songe lui apparaissaient encore. Ils étaient de nouveau sur la terre ferme, enlacés. Tendant le bras, la femme rouge l’invitait à contempler l’étendue entière de Katiopa : Tu vois disait-elle, ce n’était pas si difficile. Regarde… Au-dessus d’eux, un arc-en-ciel s’était formé, qui traversait les nuages » (24).

Le lecteur apprendra, en fin de parcours que le nom a été « forgé à partir de celui d’une reine des Icènes, tribu oubliée de Pongo. Une guerrière rousse appelée Boadicée qui s’était dressée contre Rome » (573). Ce dévoilement de l’origine du nom et son adaptation au Continent est une indication de l’objectif du roman. Car ce personnage historique fut une reine guerrière du 1er s. qui dirigea la grande révolte des Bretons contre l’occupant romain ; elle est devenue une légende en Angleterre. De nombreuses représentations pérennisent sa mémoire comme cette peinture de Gordon Napier, « Boudica » :

Comment et pour quelle longévité un chef d’état s’éprend d’une « universitaire spécialisée dans les pratiques sociales marginales » ? Et comment celle-ci peut-elle accepter une limite à son indépendance et à sa liberté ? Comment évoluera Katiopa sous leur double influence ?

Le roman prend son temps puisqu’il compte 602 pages… Le premier tiers ne se lit pas dans la fluidité tant le lexique utilisé (sans traduction pour la plupart des termes dans le glossaire final) arrête le suivi de l’histoire à chaque paragraphe. Le point de vue que privilégie la narratrice est l’omniprésence et l’omniscience ; c’est elle qui raconte au discours indirect, intercalant quelques dialogues. Les pensées des personnages nous sont rapportées en un récit qui se construit lentement car il est sans cesse interrompu ou enrichi – selon la perception que privilégie le lecteur –, par de longs discours informant sur Katiopa et son histoire et sur le parcours de chaque personnage. Dès lors qu’on choisit un espace et un temps à venir, il est nécessaire de le donner à comprendre. Mais une fois franchi cet obstacle des longues insertions informatrices et quand l’histoire elle-même s’accélère, les deux tiers restants se lisent avec résolution car l’entente totale de ce couple improbable et le devenir du projet politique sont des hameçons efficaces.

24 chapitres d’inégale longueur composent le roman : ceux qui dépassent la trentaine de pages sont tous essentiels à l’histoire racontée. Le chapitre 1 est celui qui expose l’histoire narrée, la rencontre des deux protagonistes, et le discours qu’elle engendre. Le chapitre 8 nous fait vivre leur union, leur fusion à la fois physique et spirituelle. Le chapitre 10 est l’écartèlement de Boya : elle résiste encore à habiter au palais présidentiel et continue à vivre dans son quartier, Vieux Pays ; et elle rencontre l’épouse du mokonzi Ilunga, Seshamani.

Il est à noter la part importante donnée aux phénomènes surnaturels : « Katiopa était connu pour son acceptation de la dimension irrationnelle de la vie, son attachement aux messages de l’invisible, son aptitude à entrer en relation avec tout cela sans chercher à le transformer. Depuis la Première Chimurenga, penseurs et maîtres en ésotérisme avaient travaillé, chacun dans leur domaine, à mettre fin à la dislocation intime qui avait écartelé l’âme des populations, en dispersant aux quatre vents les morceaux » (190).

Le chapitre 21 comporte une partie « mystique » : le téléportage d’Ilunga au pays des ancêtres où sa sangoma (devineresse, médiatrice entre le visible et l’invisible), Ndabezitha, lui dévoile ce qui se trame contre Boya et, en conséquence, contre lui. Il comporte aussi une partie « réaliste », la vengeance de Seshamani qui donne une interview à la radio (la webradio Quilombola) qui a pour but de discréditer Boya. Le chapitre 23, enfin, prépare le dénouement : l’impossibilité de satisfaire l’exigence de la première épouse vis-à-vis de Boya, la décision d’Ilunga de remettre au vote du conseil sa fonction présidentielle et l’arrivée de la petite métisse, de mère fulasi et de père katiopien, confiée à l’adoption du couple que rien n’a pu briser et qui semble devoir poursuivre la direction du pays, dans l’acceptation du métissage.

Par ces simples mentions, on peut se rendre compte que le roman ne manque ni d’acteurs ni de péripéties. C’est avec intérêt qu’on suivra les manœuvres de Kabeya et de Zama, celles de Kabongo, les amours contrariées d’Amaury de Pluvinage et de Mawena. Les initiés ont des moyens de se déplacer tout à fait dignes d’un récit de science-fiction quand le commun des katiopiens utilisent des communicateurs (portables) et prennent des élévateurs (ascenseurs) à tout bout de champ. Les initiés, eux, ont des « lunettes de vision nocturne » et la possibilité de voler dans l’invisibilité pour se rendre là où ils veulent aller. C’est le côté ludique du roman : Léonora Miano a déjà dit, dans vidéos et entretiens, combien elle s’était amusée à écrire ce roman. Amusée certainement mais aussi, comme c’est le cas de tous ses romans, documentée pour créer ce pays dans le siècle à venir. En effet, elle qui voulait d’abord écrire une histoire d’amour aboutie, a dû la mettre dans un contexte. Reprise par ce qu’elle appelle ses démons : la politique, la question identitaire, la montée des nationalismes, elle a opté pour enfoncer le clou des peurs du nationalisme français de type « nous sommes envahis, nous ne sommes plus chez nous » pour dire : « mais oui, mais oui, vous avez raison. Vous devez prendre les devants et vous installer dans les pays où vous aurez la possibilité de vivre votre « identité » sans être pilonnés par d’autres civilisations, langues et cultures… dans l’Afrique subsaharienne francophone ! ». Elle fait appel alors à des informations de notre présent pour les isoler en un discours de la peur et de l’isolement qui est celui des Sinistrés.

Nous parlions précédemment de « romance ». Elle se décline avec poésie et expression recherchée de la rencontre des corps, ce qui la distingue des romances habituelles. C’est le cas dans le chapitre 8 où Ilunga et Boya s’unissent mais aussi dans le chapitre 15 qui décrit la séduction de Zama par Igazi. Une grande liberté sexuelle se déploie de page en page. Elles célèbrent la beauté de la femme africaine (excusez ! katiopienne) à partir de caractéristiques qui n’ont rien à voir avec les critères de perfection occidentaux.

Mais donc, cette romance se déploie sur fond d’invention futuriste prenant ses racines dans notre présent. La critique a pu parler de « roman afro-futuriste surprenant » : et pour concrétiser ce monde dans l’esprit du lecteur, il faut en détailler les contours géographiques par rapport au reste du monde, les acteurs (les grands et les petits de cette fédération), les luttes avec les échecs et les victoires, les mœurs et les coutumes. On lira l’attention extrême portée aux descriptions des lieux, des intérieurs, de l’habillement, « l’amour de la parure et du style » des Katiopiens. Du côté des femmes, Boya appartient à celles qui revendiquent leur autonomie : elle officie à l’Université mais aussi à la Maison des femmes où elle est actrice de l’initiation de Funeka sur laquelle elle pratique le tuba (perforation de l’hymen à l’aide d’un instrument) : « Le monde émerge des ténèbres quand s’ouvre le sexe de la femme »…

Au centre de ce dispositif où la concrétisation de l’union que représente Katiopa est longuement racontée par ce qu’il a fallu faire, comment il a fallu être initié, des groupes ont la part belle : en particulier les marginaux, les gens de Benkos, dont le nom emprunte sans doute au nom de Benkos Biohó, esclave « marron », né sur le territoire de la Guinée-Bissau, à la fin du XVIe siècle ; mais surtout « les Sinistrés », ces descendants des colons repliés sur leur identité et qui ne veulent pas se mêler aux autres. Ils ont fui Pongo (l’Europe) : « C’était cocasse mais c’était ainsi : la présence trop nombreuses de Katiopiens à Pongo menaçait de mort leur culture, et seul le Continent leur offrait la possibilité de la sauvegarder parce qu’ils y jouissaient encore d’un certain prestige, parce qu’ils avaient pris l’habitude d’y vivre en communauté sans être dérangés. Ils s’y étaient donc établis, serrant contre eux leur identité, comme un morceau de terre sacrée qui permettrait un jour de faire renaître la patrie perdue. […] Cet éloignement ne faisait que renforcer l’attachement au paradis perdu, le refus d’incorporer les mœurs locales. Ils n’étaient pas maltraités, mais leur comportement pouvait constituer une nuisance pour le Katiopa nouveau qu’Ilunga devait ériger. […] La pensée de Katiopa avait toujours ignoré la race telle que la comprenait ces Sinistrés, l’individu n’étant pas ici le produit de ses gènes mais celui de son environnement ». (16-17).

Dès le premier chapitre, l’insistance sur la question des Sinistrés apparaît comme centrale et sert de toile de fond à l’histoire d’amour, par la perception différente qu’en ont Boya et Ilunga. Boya la Rouge, parle la langue fulasi (français) ce qui, en plus de sa couleur cuivrée, la rend suspecte d’être un mélange… Pour réaliser ses entretiens avec les Sinistrés et particulièrement avec la doyenne, Charlotte Du Pluvinage, elle a « laissé planer le doute sur son ascendance. On avait voulu voir dans sa complexion la marque d’un mélange, la conséquence d’un acte certes blâmable, mais qui l’élevait au-dessus du commun des sauvages. Sa recherche, les entretiens qui lui furent accordés, avaient été perçus comme un moyen pour elle de connaître la civilisation supérieure qu’avaient produite les Fulasi » (383).

Évidemment, il n’en est rien mais sa différence la conduit à porter un autre regard sur cette communauté, à influencer le chef de l’état qui était d’abord pour leur expulsion et qui, au grand dam de certains, propose une autre solution… « Katiopa, tu l’aimes ou tu la quittes » (411) et à accepter d’élever avec Boya la petite métisse, à moitié fulasi ! En mettant malicieusement cette célèbre phrase de Sarkozy – dont celui-ci n’a pas la paternité mais à laquelle il a assuré une tenace célébrité –, la narratrice brouille les cartes des convictions idéologiques car Ilunga qui la prononce, sous l’influence de Boya, n’est pas exactement, semble-t-il, un homme de droite ! Ce n’est pas le seul exemple puisque si on lit tout ce qui est dit sur le repli identitaire, d’autres communautés peuvent se reconnaître.

Léonora Miano

Parmi les écrivains francophones, Léonora Miano n’est pas la première à inventer un repli des Européens, singulièrement des Français, vers l’Afrique dans un avenir relativement proche pour fuir l’envahissement de leur territoire. En 2006, Abdourahman A. Waberi a publié un roman, Aux Etats-Unis d’Afrique, qui met en scène une fédération africaine prospère où deux personnages tentent de sauver leur peau hors de l’Europe. Mon propos n’est pas de comparer les deux romans mais de signaler à la lecture la manière dont ils orientent notre regard et notre imaginaire vers une autre direction ou, en inversant les données, on peut réfléchir autrement.

Dès le 19 août, Nice Matin classait ce roman qui transporte dans le futur et « s’amuse à renverser les codes des systèmes de domination », dans les livres les plus attendus et les plus réussis de la rentrée. On en parle aussi comme « le roman le plus ambitieux de cette rentrée littéraire ». Lénora Miano est en couverture des Inrockuptibles et elle donne un entretien qui présente, avec intelligence et humour, l’objectif qui a été le sien de traiter, dans cette fiction, du rejet de l’autre. Dans Télérama de la dernière semaine d’août, Fabienne Pascaud en donne un long compte-rendu élogieux : « Roman de l’apaisement entre les nations et les cultures, Rouge impératrice est le plus flamboyant et romantique des ouvrages politiques. Car Boya va mettre toute son intelligence convaincre Ilunga, en qui elle a peu à peu reconnu sa très sensuelle âme sœur. Elle y parvient. […] L’amour change la politique et le monde dans le conte de fées de Léonora Miano. Conte d’esprits et d’ancêtres plutôt, omniprésents et qui n’en finissent pas d’aider les descendants dont la sagesse le mérite ».

Si la lecture du premier tiers se fait lentement, n’est-ce pas parce que la romancière insuffle au fulasi, la langue des Sinistrés « langue à l’agonie depuis que les peuples du Continent s’en étaient affranchis », d’autres termes et d’autres rythmes et oblige le futur Fulasi qu’est le lecteur de langue française à accepter d’entrer dans un autre idiome mieux à même de préparer l’avenir ?

Mis à part le rêve… utopique… d’un amour accompli et pérenne, c’est la question de fond de Rouge impératrice : sur quel héritage doit-on construire l’avenir ? Que faut-il faire de l’ensemble des peuples qui ont participé à l’entreprise coloniale ? Les expulser suffit-il à se purifier de « l’empreinte » qu’auraient laissée les colonisateurs ?

On a parfois l’impression d’un éloge appuyé de la tradition. Pourtant, dès le premier chapitre, dans ses réflexions personnelles, Ilunga s’inscrit en faux contre ce fétichisme : « Comprendre en profondeur la tradition, c’était aussi savoir l’interpréter au mieux. Faire corps avec la terre allait dans ce sens. Elle enseignait le mouvement, la recréation constante, tant de choses encore. Pieds nus devant ses visiteurs, Ilunga se remémorait les paroles de Ntambwe, son premier instructeur au sein de l’Alliance. L’ancien se plaisait à rappeler que les racines connaissaient une dégénérescence toute naturelle. Il leur fallait faire place à d’autres afin que la plante subsiste et se perpétue » (22).

En conformité avec cette affirmation et grâce à l’intervention du Boya, il peut affirmer au Conseil, dans l’avant-dernier chapitre : « Il me semble que le problème est là, dans notre capacité à accepter que ce fameux nous-mêmes à défendre et à élever, se soit formé dans le contact avec les agresseurs d’hier, dans le long frottement des peaux et des cultures » (546).

Lui qui a délaissé la langue fulasi et, dans le même mouvement, les « faiseurs de beauté » dans cette langue, sent le manque ainsi imposé : « il regrettait […] qu’ils aient été radiés de la mémoire, laquelle n’avait plus conservé que le nom des puissants ou celui des militants. Il faudrait réviser cela aussi, convoquer toute la lumière possible ». Et, en caractères katiopiens, il écrit pour Boya endormie un poème de Bernard Dadié, « Tu dors » :

« Tu dors
Et je veille sur notre amour […]
Je suis le vieux guetteur
Qui monte la garde sur les remparts
J’ai dans es yeux les aurores des temps anciens
Et dans la tête, la chanson des temps futurs » (575).

Ce poème vient renforcer et éclairer les deux citations en exergue du roman : rêver en même temps que penser de Toni Morrison ; regarder vers l’avant de Kwame Nkrumah.

Léonora Miano, Rouge impératrice, Grasset, 2019, 603 p., 24 € — Lire un extrait