L’autre récit : Fouad Laroui et Karim Amellal

Fouad Laroui
Fouad Laroui

Avec la rentrée littéraire, de nombreux spécialistes en littérature sont sollicités pour donner leur palmarès réduit des romans qu’ils conseillent de lire sur les près de 600 publiés. Sur la 2, le 16 septembre, Pierre Assouline propose trois romans qui ne sont pas ceux dont je vais parler ; ils n’apparaissent pas non plus dans d’autres sélections. La présentatrice demande au critique d’expliquer son scepticisme face aux romans qui choisissent d’évoquer l’actualité : migrants, islamisme, terrorisme. Sa première explication est que ces sujets sont tellement traités par les médias qu’il y a peu de chance qu’ils retiennent l’attention des lecteurs ; la seconde explication est le manque de distance de la part des écrivains et des lecteurs pour parvenir à créer un univers littéraire. C’est pourtant ce type de romans que j’ai choisi parce qu’ils m’ont paru particulièrement intéressants et qu’ils enrichissent nos approches des faits.

Si « l’engagement » en littérature apparaissait quelque peu ringard ces dernières décennies, il reprend ses lettres de noblesse avec les crises et les tensions que connaissent les sociétés et, en particulier, la société française. Ces deux romans, différents et pourtant convergents, sont à lire à la fois pour la somme d’éclairages qu’ils proposent et pour les machines à raconter qu’ils mettent en place. Le premier est de Fouad Laroui, sous un très beau titre, Ce vain combat que tu livres au monde (Julliard) et le second de Karim Amellal, Bleu Blanc Noir (éd. de l’Aube), jouant sur les trois couleurs du drapeau français, comme l’ont fait d’autres auparavant – on pense au Bleu Blanc Vert de Maïssa Bey –, dont le rouge vire au vert ou… au noir selon les époques et l’histoire racontée.

Fouad Laroui* est très connu dans la littérature maghrébine : le lecteur est habitué à ses narrations ludiques, drôles et efficaces qui font mouche, le sortant de ses paresseuses certitudes. De nombreux titres seraient à citer. sans-titre2Contentons-nous d’un récit, La femme la plus riche du Yorkshire, de 2008 où son personnage principal, Adam Serghini « profite de son séjour outre-Manche pour infiltrer du local, radiographier et croquer de l’autochtone, dans son milieu naturel », comme l’indique la quatrième de couverture. Dans son dernier récit, l’humour n’est pas la tonalité dominante même s’il perce ici ou là. Le sujet ne s’y prêtait sans doute pas et Fouad Laroui poursuit un autre objectif, déjà mis en œuvre dans des articles de presse et tout particulièrement dans une tribune de Libération du 10 décembre 2015, « Un récit qui n’oublie pas les perdants », accompagnée de la carte du partage du Moyen-Orient, « la carte de l’accord secret Sykes-Picot du 16 mai 1916, conclu entre la France et le Royaume-Uni, avec le consentement de la Russie, établissant leurs zones de contrôle au Moyen-Orient ». Il a publié aussi, chez Robert Laffont, en 2016, De l’islamisme, une réfutation personnelle du totalitarisme religieux.

Moins connu dans la littérature maghrébine ou… française, Karim Amellal** signe là son second roman après le récit particulièrement réussi, Cités à comparaître, en 2006. « Il imagine, écrit Béligh Nabli, une France gagnée démocratiquement, politiquement et idéologiquement par les idées du FN. Mais après ? Après il y a une histoire de résistance qui ne se joue pas au cœur de Paris, mais aux marges, à la périphérie ». Si Fouad Laroui tente « l’autre récit » de la montée de l’islamisme en en exhibant les racines lointaines, Karim Amellal montre l’autre danger, imminent, celui de l’installation au pouvoir de l’extrême droite et de son intégrisme dans une France anesthésiée par la succession des attentats djihadistes. Cette obsession de l’autre récit de ces deux écrivains rencontre les analyses d’Edward Saïd, particulièrement dans son essai (traduit en français en 2000), Culture et impérialisme.

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Il y souligne le danger du singulier en matière de culture et comment « la culture » comprise comme source d’identité conduit à « des conflits meurtriers » ; car, pour lui, « la culture est un champ d’efforts humains d’une extraordinaire diversité ». Son choix d’analyse se porte sur le roman car c’est le genre où se déploie le récit que les êtres humains font de leurs aventures. Les Européens et les Américains des métropoles ont été « confrontés à d’importantes populations immigrées non occidentales sur leur territoire, et à une liste impressionnante de voix nouvelles qui demandent que leurs récits soient entendus ». L’objet de son ouvrage est donc de mettre en relation ces voix. Edward Saïd écrit : « Ignorer ou négliger l’expérience superposée des Orientaux et des Occidentaux, l’interdépendance des terrains culturels où colonisateurs et colonisés ont coexisté et se sont affrontés avec des projections autant qu’avec des géographies, histoires et narrations rivales, c’est manquer l’essentiel de ce qui se passe dans le monde depuis un siècle ».

L’expérience de l’Empire est commune à tous – étant entendu que la notion de « superposition » est à associer à celle de « rivalité », nul angélisme chez Saïd –, elle appartient conjointement aux dominants et aux dominés. La méthode d’E. Saïd est de concentrer ses efforts sur des œuvres individuelles et il entend procéder en deux temps : en les lisant « d’abord comme de grands produits de l’imagination créatrice ou théorique ; puis (en montrant) en quoi elles participent de la relation entre culture et impérialisme ».

Comment ne pas penser aussi, en lisant ces deux romans, à l’essai de 1998, d’Amin Maalouf, Les identités meurtrières ? : « Lorsqu’on incite nos contemporains à « affirmer leur identité » comme on le fait si souvent aujourd’hui, ce qu’on leur dit par là c’est qu’ils doivent retrouver au fond d’eux-mêmes cette prétendue appartenance fondamentale, qui est souvent religieuse ou nationale ou raciale ou ethnique, et la brandir fièrement à la face des autres. Quiconque revendique une identité plus complexe se retrouve marginalisé. Un jeune homme né en France de parents algériens porte en lui deux appartenances évidentes, et devrait être en mesure de les assumer l’une et l’autre ».

Amin Maalouf
Amin Maalouf

Dans son roman, Fouad Laroui choisit de mettre en place une fiction qui réunit un jeune couple, Malika, institutrice à Paris et ancrée dans sa francité, sa liberté et son indépendance et Ali, plus en recherche d’une réussite et de l’éloignement de son origine marocaine. Le roman commence par une courte séquence où Ali demande à Malika d’habiter ensemble, ce qui la surprend. Finalement le couple s’installe dans l’appartement de Malika et tout se passe pour le mieux puisque l’un et l’autre travaillent. Ali est informaticien et il participe à un programme qui conduit l’ensemble de l’équipe à aller à Toulouse. Mais, à cause de ses origines, il est rayé de la liste des promus. C’est pour lui l’effondrement de tout ce qu’il a construit : ce diplôme arraché de haute lutte lui semblait le sésame de l’intégration et lui donnait le sentiment d’appartenance à un lieu, Paris, et à un mode de vie. Un très beau chapitre sur la ville, « l’ombilic du monde » permet de mesurer de quelle hauteur il tombe et le naufrage de ses illusions. Il sombre dans une profonde dépression et son cousin le récupère pour le remettre dans « le droit chemin » avec des arguments sans réplique : «  — Tu vois, Ali, je te l’ai toujours dit : on ne sera jamais vraiment acceptés ici. Ma kay-hemlounach. Il y a même un mot pour ça : « islamophobie ». C’est parce que tu es musulman qu’ils t’ont fait ce sale coup ». Ali résiste mollement puis cède et prend le chemin de la mosquée puis d’un logement collectif et enfin de la Syrie. Malika, elle, assiste impuissante et sans comprendre à sa métamorphose. Cette fiction est en quelque sorte la fable illustratrice de ce que le romancier veut démontrer. Et le roman serait un agréable récit attendu s’il n’était perturbé, dans son écriture et dans son discours, par les interventions de la voix du narrateur qui fait entrer l’Histoire, la grande avec un H majuscule dans la petite histoire des personnages : « L’Histoire, c’est la grande concasseuse, machine aveugle qui broie, ingère et puis rejette, brisés, de part et d’autre d’un grand partage, les corps de ces pantins qui s’étaient crus hommes, chacun maître de son destin. »

Dès la première scène, cette voix intervient : « Un instant ! Faisons une pause. Cette conversation [celle qu’on vient de lire entre Malika et Ali], il lui manque… Que lui manque-t-il ? Éloignons la loupe, essayons d’avoir une vue globale – c’est le mot idoine, puisqu’il s’agit du globe, de la marche des choses, chaotique depuis toujours, mais globalisée depuis quelques décennies…
A cette conversation, il manque l’essentiel : le contexte. L’arrière-plan. Le fond.
Il manque l’Histoire 
».

Et sans la lisser dans la fiction comme arrière-fond, Fouad Laroui choisit de l’exhiber dans des chapitres autonomes, laissant le lecteur faire les liens et lui donnant une place aussi conséquente que celle donnée à la fiction. Les titres de ses chapitres jouent beaucoup sur des expressions consacrées mais appliquées à d’autres objets, un des mécanismes connus de l’humour ou de la dérision. Ainsi « Un héros de notre temps » est un chapitre consacré à Nasser. Un chapitre s’intitule « Si ce n’est pas toi… » pour brocarder la responsabilité collective des Arabes et des musulmans dans la montée du djihadisme dans l’esprit du plus grand nombre. Cette volonté d’« une autre écriture de l’Histoire » se manifeste dans d’autres titres de chapitres sans ambiguïté : « Leur Lawrence et le nôtre » ou « Deux récits algériens ». Si l’humour n’est jamais loin, marque même de l’écriture de F. Laroui, il y a plus ici une tonalité de dérision et parfois un certain regard goguenard. Par cette apparente légèreté, le romancier veut emporter l’intérêt du lecteur et y parvient. Le critique de La Vie regrettait ces interruptions : « L’écrivain démonte avec une grande finesse d’analyse le système qui conduit un individu ordinaire, heureux de vivre à Paris, vers les chemins de mort de la radicalisation, et ça fait froid dans le dos. On aimerait qu’il s’en tienne à son récit, qui dit juste et fort. Mais il juge utile de l’abandonner régulièrement pour des commentaires de pédagogue et des notes didactiques qui brisent l’élan. Dommage ». Il me semble au contraire que c’est cette discontinuité introduite par cet apport fort de « l’autre récit » qui fait le prix de ce roman et le distingue d’une histoire mille fois entendue d’une radicalisation.

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Interrogé le 11 mai 2005 par Youssef Lahlali dans Libération, il récusait une fameuse expression : « Je ne suis pas d’accord avec cette histoire de choc des civilisations, mais je suis d’accord avec une phrase que j’ai utilisée il y a  longtemps : c’est le choc des ignorances. C’est-à-dire on ne comprend même pas qui est l’Autre, on ne cherche même pas à comprendre celui qui est en face de nous, c’est le choc des  ignorances ».

C’est bien contre le choc des ignorances que ce roman s’écrit. Le projet est démesuré mais comment faire autrement. Le romancier conclut ainsi sa Tribune de 2015 : « Il faut réécrire l’histoire du XXe siècle, en ayant le courage (ou la folle ambition) d’intégrer tous les récits, celui des perdants aussi, de ceux qu’on a colonisés, « écrasés », humiliés, de ceux à qui on a fait des promesses vite oubliées, il faut intégrer tous ces récits dans un méta-récit humaniste qui serait celui de tous les hommes, où chacun (même le vainqueur, surtout le vainqueur) reconnaîtrait ses fautes, où personne ne serait oublié et dans lequel chacun pourrait se reconnaître. Vaste programme, certes. Mais où est l’alternative ? »

C’est également autour d’un jeune couple que Karim Amellal construit son roman : lui travaille dans une banque. On ne saura pas son nom puisqu’il est le narrateur du roman à la première personne. Elle, Agnès, est universitaire, passionnée de culture grecque. Ils vivent dans le milieu protégé des gens nantis et même si certains signes permettent de penser, dès les premières pages, que l’origine du jeune homme n’est pas franco-française, le narrateur fait tout pour neutraliser en quelque sorte ce que cette origine pourra avoir de contraignant. Il s’aveugle face aux manifestations d’une droitisation extrême de la société. Même s’il craint l’arrivée à la tête de la République de l’extrême droite, il se persuade que ce ne sera pas pire qu’avant. Toute la première partie est une radioscopie minutieuse de la société française des nantis aux banlieues en passant par les médias. Karim Amellal a l’art de croquer des portraits et comme il puise dans la réalité que nous vivons, il crée un vrai jeu de devinettes drôles pour découvrir la personne réelle sous le personnage inventé et si l’on a un doute, les quelques traits esquissés pour le camper nous l’enlèvent. Pour ne prendre qu’un exemple, ainsi du « philosophe Ernest Malinkraut » qui « entonna sur le plateau de l’émissions « Mots croisés », consacrée à l’attaque de l’université d’Assas, une longue et sophistiquée complainte où il vitupéra à grand renfort de citations latines contre le vil penchant contemporain pour une « turbo-modernité » qui nous acculait à une forme de « déréliction » ». Il parlait « ses mains enchevêtrées l’une dans l’autre par-dessus la couverture d’un grand cahier à spirales dans lequel, lorsque les autres parlaient, il gribouillait des mots indéchiffrables qu’une caméra filmait parfois, en zoomant ».

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Si on peut penser qu’il y a parfois quelques longueurs dans ce monde bien connu, cette impression disparaît avec la seconde partie. Mireille Le Faecq et son Parti national ont gagné les élections triomphalement. Avec adresse, certaines mesures sont mises en place ainsi que quelques ministres comme Marcel Retour à qui est confié le ministère de l’identité nationale. Mais ce n’est qu’après le second triomphe, celui des élections législatives, que la machine à transformer la France se met en place méthodiquement en s’attaquant en premier lieu aux étrangers et à ceux qui ont « une origine » suspecte et à tous les signes idéologiques, plus facilement modifiables que les réalités économiques. Le pays semble encaisser sans réagir et même satisfait que les mesures annoncées soient appliquées. L’histoire du narrateur, d’Agnès et de leurs deux familles respectives se poursuit au milieu de ces bouleversements. Lentement, à la mesure de la difficulté qu’il a à admettre la réalité, le narrateur prend conscience qu’il ne peut rester passif et qu’il lui faut rejoindre les groupes de résistance.

Interrogé en avril 2016, Karim Amellal explique le profil de son narrateur : « il est issu de l’immigration, de culture musulmane, par ses parents, mais il ne se pose pas ces questions : il a fait des études, a de l’ambition et vit normalement, à Paris. La pression de l’actualité et l’état des débats font que, peu à peu, son « identité » – l’identité à laquelle, au forceps, on l’assigne – s’impose à lui. Cette mécanique qui est à l’œuvre dans la société française aujourd’hui est très pernicieuse car, en parlant de cette prétendue « communauté musulmane », en la distinguant, en employant ces formules, du reste du corps social, on l’essentialise, on la sépare des autres, on la traite en paria. Les conséquences de cette situation sont catastrophiques… »

Cette fiction sert donc de support à une sorte d’alerte que voudrait provoquer le roman : « Ce que j’essaye de décrire dans mon roman, c’est à la fois l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir, mais également, et peut-être surtout, la banalisation des idées de l’extrême droite dans la société française. Ce qui est frappant – et cela m’a particulièrement frappé au moment du débat sur la déchéance de nationalité – c’est à quel point les idées de l’extrême droite s’étaient répandues dans l’ensemble des catégories sociales de la population, et notamment chez les élites ».

Le romancier ne récuse pas l’engagement de son œuvre, comme c’est le cas aussi pour Fouad Laroui : « A son infime échelle, mon roman est un roman politique, d’abord parce que c’est un roman d’anticipation, ensuite parce que la politique est sa toile de fond, la matrice de l’histoire, enfin parce que mon intention, en tant que romancier, est d’inscrire ce livre dans un contexte politique et pas seulement littéraire. Après Soumission de Michel Houellebecq ou 2084 de Boualem Sansal, j’avais besoin d’écrire un contre-récit, un roman qui propose une autre vision du monde que celles dont nous sommes en permanence abreuvés, où l’islam et les immigrés sont les ennemis publics numéro 1. Bleu Blanc Noir, à sa façon, fait des anti-héros de la réalité les héros de la fiction ».

Daniel Maximin et Aimé Césaire
Daniel Maximin et Aimé Césaire

Un fait récent corrobore, en droite ligne, l’anticipation imaginée par Karim Amellal. Dans son opération de relookage de son parti, passant de « La France aux Français » à « La France apaisée », Marine Le Pen a fait une déclaration d’amour aux « ultramarins » sur TF1 le 11 septembre 2016. Et elle a cité en référence les propos de l’écrivain guadeloupéen Daniel Maximin, héritier littéraire d’Aimé Césaire, lorsqu’il s’étonnait que l’on se demande combien coûte et combien rapporte l’outre-mer. Contacté par Outre-Mer 1ère, l’écrivain a été très clair : « Je suis écrivain et Guadeloupéen et je suis issu d’un pays dans lequel Jean-Marie Le Pen, le FN et leurs idées n’ont jamais pu débarquer et font les plus petits scores de l’ensemble du territoire. C’est ça, la réalité. Je suis l’héritier de cela. C’est une très longue histoire dans laquelle la liberté, l’égalité entre les êtres, le refus du racisme a été la cause de nos émancipations ». L’état d’esprit de ces pays est en opposition totale avec une logique d’exclusion ou de tri selon l’origine : « Les œuvres des artistes, des musiciens, les romans, la poésie, ont toujours été dans le sens de l’émancipation, la liberté, la dignité des êtres. On a commencé en biens meubles et on a réussi à construire des identités multiples. Comme je le dis, quatre continents pour faire une île, c’est ainsi que l’on fait un pays, en additionnant et pas en soustrayant, comme le propose le Front National ». Quant à être récupéré…, on ne peut être dupe : l’opération vise à attirer les électeurs « ultramarins » dans ses filets : « Ce qui compte, ce n’est pas d’être récupéré, c’est d’être irrécupérable. Que quelqu’un puisse prendre une phrase ou un vers d’un poème pour faire sa propagande, c’est quelque chose qui a toujours été fait, notamment par ceux qui, à tout prix, ont besoin de justifier des idées qui sont injustifiables ».

NEGRE_JE_SUIS__001.5E0HYQ.S.pdfComment ne pas finir, en rappelant, même brièvement, les propos d’Aimé Césaire en 2005 dans Nègre je suis, nègre je resterai : «  Il s’agit de savoir si nous croyons en l’homme et si nous croyons à ce qu’on appelle les droits de l’homme. A liberté, égalité, fraternité, j’ajoute toujours identité. Car, oui, nous y avons droit. C’est notre doctrine à nous, hommes de gauche. Dans les régions d’outre-mer, des situations spéciales ont été imposées. Je crois que l’homme où qu’il se trouve a des droits en tant qu’homme. Le respect de l’homme me paraît fondamental ».

Ces deux romans, les essais rappelés et ces déclarations d’hommes de culture sont vraiment à lire en cette rentrée.

Karim Amellal
Karim Amellal

*Fouad Laroui, né en 1958 à Oujda (Maroc) est ingénieur et économiste. Il est, depuis plusieurs années professeur de littérature à l’Université d’Amsterdam, romancier de langue française, poète de langue néerlandaise, éditorialiste et critique littéraire. Il est l’auteur de plusieurs romans. Celui-ci est son quatorzième. Il a reçu de nombreux prix littéraires et a édité des essais.

**Karim AMELLAL, né en 1978 à Paris et a passé son enfance en Algérie, pays qu’il quitte, avec ses parents après 1988. En 2005, il publie un premier essai Discriminez-moi ! Enquête sur nos inégalités et un récit Cités à comparaître paru chez Stock en 2006. Il enseigne à Sciences Po depuis 2005. Il est membre fondateur du Collectif de jeunes écrivains et artistes Qui fait la France ?, il est l’un des auteurs de Chroniques d’une société annoncée (Stock, 2007). En 2013, il cofonde Chouf-Chouf.com, le premier média vidéo participatif d’informations sur l’Algérie et la diaspora algérienne.