Prix littéraires : bilan d’étape

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La saison des prix bat son plein, elle n’est bien entendu par terminée mais après l’annonce du Médicis à 13 heures, force est de constater combien les titres retenus cette année sont vraiment littéraires.
Évidemment, on pourra toujours contester certains choix, regretter que des livres forts, comme Illska de l’écrivain islandais Eiríkur Örn Norđdahl (Métailié, traduit par Eric Boury), n’aient pas été primés, se demander pourquoi, dans les media, on continue de porter des œillères franco-françaises — deux signes : feindre de ne pas avoir entendu que les Prix Femina et Médicis récompensent, aussi, des romans étrangers et, quand on les mentionne, oublier, généralement que ces textes nous parviennent grâce à des traducteurs dont le travail mérite d’être reconnu et salué.

On sera aussi sensible, cette année, aux choix faits, pour les prix couronnant des « Essais », de textes qui se situent sur une crête, entre fiction et essai justement, rendant cette ligne de partage en partie inopérante. Un grand livre est un grand livre, quelle que soit la catégorie dans laquelle on voudrait le ranger (et parfois avec un chausse-pied). Nicole Lapierre pour le Médicis Essai comme Didier Blonde pour le Renaudot Essai en sont le signe bienvenu.

Donc même avec la meilleure mauvaise foi du monde (une position parfois séduisante, avouons-le), difficile de critiquer. Diacritik n’a pas encore traité, dans ses pages, tous les titres primés. Ils le seront. Même ceux que nous n’avons pas encore lus (le Delphine de Vigan) ou abandonnés en route (2084 de Boualem Sansal sera lu in extenso).

D’autres l’ont été, comme Les Prépondérants, somptueux roman d’Hédi Kaddour (Grand Prix de l’Académie française, partagé avec 2084, les deux chez Gallimard) — Boussole de Mathias Enard, Prix Goncourt (Actes Sud) — Encore de Hakan Günday, Prix Médicis étranger (Galaade, roman traduit du turc par Jean Descat) — ou de Laurent Binet, prix Fnac pour La Septième fonction du langage (Grasset) mais on a moins aimé (et c’est une litote).

D’autres encore ont été évoqués dans nos pages, comme Christine Angot pour Un amour impossible, Prix Décembre (Flammarion) mais deux diacritiques se sont promis d’y revenir (Depuis la publication de ce « bilan », Jacques Dubois l’a fait ici). Parce que Christine Angot divise la rédaction, ici comme ailleurs.

D’autres devaient l’être prochainement, comme Kerry Hudson pour La Couleur de l’eau, Prix Femina étranger (Philippe Rey, roman traduit de l’anglais par Florence Lévy-Paolini), la vidéo de l’entretien avec l’auteure est en cours de montage.

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Et nous vous parlerons prochainement, aussi, de Leïlah Mahi 1932 de Didier Blonde, Prix Renaudot Essai (Gallimard), de Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie, Prix Renaudot (JC Lattès), de Nicole Lapierre, Sauve qui peut la vie Prix Médicis Essais (Seuil), de Nathalie Azoulai, Titus n’aimait pas Bérénice (P.O.L.), Prix Médicis, et de Christophe Boltanski, La Cache (Stock), prix Femina.

A suivre, le prix Wepler (le 9 novembre), le prix de Flore (10 novembre), le prix Interallié (12 novembre) et le prix Goncourt des lycéens (17 novembre) dont on espère qu’ils achèveront de faire de 2015 une grande cuvée.

Sur Livres Hebdo, bilan aussi aujourd’hui, en 24 photos, un très beau diaporama :

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Enfin, saluons le magnifique plateau de La Grande Librairie sur France 5 ce soir. François Busnel reçoit Paul Veyne, Svetlana Alexievitch (prix Nobel de littérature 2015), Maylis de Kerangal pour son sublime A ce stade de la nuit et Mathias Enard, Prix Goncourt 2015 (et, selon nos sources, le comité de visionnage de Diacritik devrait être rejoint par l’inénarrable Boris-Hubert Loyer, l’épris littéraire).

Sans compter les livres qui comptent pour nous, que nous aimons, que nous voulons défendre, mais là, c’est tout les jours dans notre / votre magazine.