Dans La honte, Aïda N’Diaye explore la destructivité, la violence et la dimension politique de cet affect répandu, mais inégalement distribué.
Pierre Niedergang
Dans un premier roman à l’écriture nerveuse et rythmée, Eva Bottega, connue comme chanteuse du groupe de Punk Rock Ménades, met en scène les errances américaines d’une humaine qui cherche à fuir son passé brulé et à se fuir elle-même.
Dialoguant avec les Lumières – dialogue qui est aussi critique, reprise, déplacement, rejet –, Nos lueurs construit des perspectives philosophiques, politiques, éthiques qui, à la fois, réfutent les positions « antiwokistes » et appellent de nouvelles alliances, pratiques, des concepts nouveaux. Entretien avec Pierre Niedergang.
Dans son premier recueil, Le bonheur vient d’en bas, la poétesse, artiste, militante et chercheuse nan marci mêle la poésie et la peinture pour construire un refuge à son peuple de traumatisé·es, un soin vénère et politisé – et l’exigence radicale de vérité, contre l’empire de la distorsion et de la violence imposé par les agresseurs.
À l’occasion de la sortie de la deuxième fournée des éditions Pédale, pédale ! qui réunit des textes érotiques de Florian Bardou, Antonin Crenn, Christophe Pellet et Mathieu Pineau, Pierre Niedergang s’est s’entretenu avec les deux éditeurs de cette collection à destination des pédales et de leurs ami·es, Antonin Crenn et Baptiste Thery-Guilbert.
Dans une nouvelle bédé très intime, Quentin Zuttion met à nu l’angoisse et les expériences corporelles p*d*. Comment, dans la pédérité, l’expérience la plus intime et la plus singulière de la violence entre-t-elle en résonance avec d’autres ? Comment le lien affectif communautaire peut-il venir fournir une solution psychique lorsque le corps menace de s’effondrer ?
Ne vous y trompez pas : Des choses que l’imagine de Romy Alizée n’est pas un livre de photographie de montagne.
En novembre 2023, les éditions Burn~Août publiaient, sous la direction de Vincent Romagny, Politiser l’enfance. Cet impressionnant recueil, dont le titre est inspiré des travaux de Tal Piterbraut-Merx, réunit des textes classiques ou inédits qui dénaturalisent la catégorie d’enfance pour la considérer comme une construction politique.
Récemment, la littérature autour de la violence incestuelle se multiplie, tissant une trame de plus en plus serrée d’expériences singulières mais qui, par cette multiplication et ce tissage, se mettent à résonner ensemble. Dans ce contexte, le recueil Firestar d’AD Rose se distingue par une écriture trash, gonzo, une poésie sans lyrisme qui recueille l’écume rougeoyante de la violence et se présente comme la première étape pour construire un espace discursif dans lequel penser en commun le fait incestuel.
Se présentant comme la répétition frénétique d’un « je » voué à la superficialité, dont l’idéal est l’image pure et l’immatérialité, le premier livre en solo de Pascale Bérubé déploie, au fur et à mesure des textes qui le composent, une écriture haletante, vibratoire, une écriture des tremblements.
Une langue radicalement hybridée, une famille d’ex-guérillera·os urugayenne, une enfance queer ressaisie politiquement : avec Tupamadre de L. Etchart, les éditions Terrasses continuent leur travail de mise en avant des littératures minoritaires, queers et expérimentales.
À l’occasion de la parution de Vers la normativité queer, entretien avec Pierre Niedergang.
Le livre de Pierre Niedergang est une réflexion concernant le rapport entre normes et queer. La réflexion semble devoir être rapide : si l’on a l’idée que le mouvement queer se définit par opposition aux normes dominantes et aliénantes de l’hétérocentrisme, on en déduit volontiers qu’il se définit contre la normalisation des corps et des esprits, qu’il est en soi rejet de toute norme. C’est ce raisonnement trop rapide, certainement faux, politiquement problématique, que Vers la normativité queer remet en cause.
Peut-on écrire un livre malgré soi ? Le premier livre de Stéphanie Garzanti, Petite Nature, semble permettre de répondre par l’affirmative. Écrits majoritairement au sein d’un atelier d’écriture, les textes réunis dans ce livre-prisme aux teintes affectives variées, mettent en avant l’art du montage par lequel le travail d’écriture devient livre.
Avec Écologies déviantes, le militant et journaliste Cy Lecerf Maulpoix, nous offre un livre-parcours qui mêle récit de vie et de voyage, enquêtes historiques, lectures, interviews et réflexions politiques autour des tentatives passées, présentes et futures, d’articuler luttes écologistes et luttes queer. Un projet ambitieux et généreux sur le personnel, le collectif, la mémoire et les futurs possibles.