« Nous avons connu nous aussi notre printemps silencieux. Le ciel était sans avions, la mer était sans bateaux. Les centre-villes étaient déserts comme les forêts de France. La peur terrait l’homme chez lui, l’obligeant à vivre la vie qu’il impose aux animaux. Il ne sortait qu’en tremblant, le regard fuyant, pour de brèves courses. Comme les bêtes au fond des bois ou les rats dans les égouts, il apprenait la discrétion. Quelque chose respirait. Les choses reprenaient leur cours. — La Terre dut croire que son cancer entrait en phase de rémission.

J’ai proposé à 52 personnes de filmer avec un smartphone pendant une minute, chacune depuis la fenêtre de son lieu de confinement, dimanche 29 mars, sur la tranche 12:00-12:53.
En résulte LE FILM DES INSTANTS : un film choral qui dit ce que chaque maillon de cette chaîne collaborative voit, à midi, à sa fenêtre. 

A l’occasion de la publication d’Europe Odyssée, entretien avec Jean-Philippe Cazier où, entre autres, il est question de l’écriture politique, de la poésie et du débordement de la langue, de la violence de l’Histoire et de ceux et celles – migrants, réfugiés, déportés, exilés – qui la subissent et la contestent, de la possibilité d’une épopée contemporaine, d’une cosmopolitique comme résistance à l’ordre policier du monde.

Si, dans Pour parler, Frank Smith reprend la forme du sonnet, ce n’est pourtant pas pour en respecter les règles. Il ne s’agit pas non plus de simplement transgresser celles-ci car, dans ce cas, le choix d’autres formes aurait été plus pertinent. Il s’agit de se donner une contrainte pour en dépasser – et donc en exhiber – les limites, de signifier que ces limites, plus largement, valent pour celles de la langue, mais également de les utiliser comme une machine dont la logique serait créatrice et libératrice de ses propres limites.

Dans Voguer, Marie de Quatrebarbes s’appuie sur le voguing pour élaborer un texte et une poétique faits de mouvements, de lignes qui ouvrent la forme du texte, comme la danse peut ouvrir la forme du corps et y inclure tout autre chose que le simple corps. Entretien avec l’auteure où il est question de poésie et de traduction, de Dawn Lundy Martin et de John Wayne, de récit, de mashup, de désir d’émancipation, de violence raciste, ou encore du « nous » qui ferme comme du « on » qui ouvre.

Le poète et artiste palestinien Ashraf Fayadh a été accusé et déclaré coupable d’apostasie par le tribunal général d’Abha, en Arabie Saoudite, où Ashraf Fayadh résidait. Dans un premier temps, Ashraf Fayadh a été condamné à mort. En 2016, cette sentence a été remplacée par un emprisonnement d’une durée de 8 ans – emprisonnement auquel s’ajoute une peine de 800 coups de fouet.

Samedi 17 juin 2017, une chaleur terrifiante nous expulse d’un sommeil agité dès 7 heures du matin. À 9 heures, après un café deux cafés trois cafés et trois douches froides, on se dit qu’après avoir turbiné toute la semaine on irait bien se baquer dans une mer gelée où l’on noierait sa lassitude amère de voir déjà les pannes et les provocations d’une République en marche. Qui va sans doute échouer bientôt à fond de cale quand un autre mouvement, de nageurs par exemple, sortira de sa torpeur et de sa tétanie. Contre la casse, contre la masse élue qui casse, contre la vilaine farce et pour la vie.

Dans le cadre du Marché de la poésie 2017, une rencontre réunissant Juliette Mézenc, Frank Smith et Jean-Philippe Cazier, et intitulée « L’émotion ne dit pas Je », était organisée le 13 juin à la bibliothèque Marguerite Audoux. L’entretien qui suit est la transcription des échanges qui ont eu lieu au cours de cette rencontre.

Leili Anvar

Il y eut les Ateliers de la Création Radiophonique (ACR) produits et agencés par Philippe Langlois et Frank Smith, il y eut Les nuits magnétiques et Du jour au lendemain produits et portés par Alain Veinstein, il y eut Les affinités électives de Francesca Isidori, Carnet nomade de Colette Fellous, c’est maintenant Les discussions du soir de Leili Anvar – cette émission était le prolongement des Racines du ciel de Frédéric Lenoir et Leili Anvar – qui sont appelées à disparaître des ondes de France Culture. La nouvelle vient de tomber comme un couperet aussi froid que numérique, on appelle ça un mail de remerciement.

Dans le cadre de l’édition 2017 du Marché de la Poésie, la Bibliothèque Marguerite Audoux organise le mardi 13 juin à partir de 19h30 une rencontre avec Juliette Mézenc, Frank Smith et Jean-Philippe Cazier. Cette soirée, intitulée L’émotion ne dit pas Je, proposera des lectures des trois auteurs ainsi qu’un échange autour de la littérature et de l’écriture.

Jean-Luc Godard

Si les connexions entre poésie contemporaine et cinéma apparaissent d’emblée dans la réappropriation du cinéma en tant que sujet, thématique, figures, par le texte poétique, et en particulier dans les références filmiques très présentes qui entrent dans la composition des textes poétiques, le réinvestissement des pratiques cinématographiques dans le poème reste un axe des plus intéressants de convergences, d’influences, de porosité entre les deux domaines. La confrontation du texte poétique avec les outils techniques de l’écriture cinématographique sera ainsi l’axe privilégié dans cette première approche de la question « poésie contemporaine et cinéma », sous l’angle de leurs interférences et de leurs connexions.