Où en sommes-nous avec Jean Giono ? De la cohorte des grands romanciers que connut la France dans la première moitié du XXe siècle et un peu plus, il apparaît comme l’un des rares survivants, l’un de ceux qui sollicitent encore notre lecture. Lisons-nous encore Maurois et Mauriac, Montherlant et Martin du Gard ou même Malraux ? En revanche et à coup sûr, nous sommes nombreux à rester fidèles à maints romans de Giono et en particulier à ses « Chroniques romanesques », qui datent surtout de l’après-guerre 40-45.

Voici un excellent petit livre nous ramenant à un Genet décanté et venant bien après les grands ouvrages que donnèrent Jean-Paul Sartre, Albert Dichy et Edmund White à propos de l’écrivain. Ce « supplément » est le bienvenu tant il entretient avec une manière de légèreté scripturale le souvenir du paria de toujours et du héraut de la protestation violente. Tant également son écriture et sa composition sont accordées à une vie toute en fragments éclatés et en fuites soudaines.