Ceci est un corps © Anne Savelli

Avec Décor Daguerre, récemment paru aux éditions de l’Attente, Anne Savelli poursuit un cycle entamé avec Décor Lafayette (Inculte, 2013) et Dita Kepler : à la fois épuisement et extension des lieux, ces livres ne sont pas vraiment des romans, ils sont plus que des romans, tout ensemble récits et bifurcation, portraits et autoportraits, des laboratoires, proprement des espaces où tout peut à la fois se dire et s’absenter.
Entretien avec Anne Savelli.

Décor Daguerre d’Anne Savelli se présente comme un livre « découpé en 75 parties », 75, comme l’année du film d’Agnès Varda, Daguerréotypes et 75, Seine et scène : une temporalité, un lieu soit un double rythme. Mais ce serait trop simple, tant tout, ici, est ligne de fuite, excursions et détours, depuis la rue Daguerre, tant tout est dialogues, avec Varda, avec un lieu, avec le lecteur et avec soi-même.
Après Décor Lafayette, Anne Savelli poursuit donc, pour notre plus grand bonheur, ses tentatives d’épuisement de lieux parisiens, des lieux depuis lesquels tout déborde, bifurque, irise, comprend d’autres présents et d’autres espaces. « Ce Décor Daguerre : quelques allers-retours dans l’immobilité de 1975. Dans ce qui n’a fait que tanguer, depuis ».