Lors d’un dîner avec Joyce Carol Oates, raconté dans Sur la route et en cuisine, Rick Bass cite Richard Ford et sa « philosophie du lapin écrasé : quand on est critique littéraire, dit Ford, il est absurde de rédiger la critique d’un livre qu’on n’aime pas. Autant rouler sur la route et faire un écart pour écraser un lapin ». Critique garantie sans lapin du dernier livre de Rick Bass qui vient de paraître chez Bourgois dans une traduction de Brice Matthieussent.

La collection « Libre cours » aux Presses universitaires de Vincennes a édité plusieurs titres. Destinée en priorité aux étudiants par sa facture (synthèse sur des questions, des auteurs, des problématiques) et son prix, elle veut aussi offrir à un « public curieux et cultivé, un état du savoir actuel sur des questions essentielles dans diverses disciplines ». Un de ses derniers titres est l’ouvrage incitatif de Violaine Houdart-Merot, La création littéraire à l’Université, l’occasion d’un grand entretien avec son auteure.

Rachel Cusk
Rachel Cusk

En épigraphe de Contrecoup, Rachel Cusk avait placé un extrait de L’Orestie, Eschyle soulignant l’unité de la conscience et de la douleur : « il n’y a pas d’intelligence vraie sans souffrance ». Contrecoup était un essai très personnel sur le mariage et le divorce, le sentiment qu’un monde s’écroule, que l’identité se perd dans la rupture : « Mon mari et moi nous sommes séparés il y a peu, et en quelques semaines, la vie que nous avions construite a été brisée, tel un puzzle réduit à un tas de pièces aux formes irrégulières ».

Le personnage principal du dernier roman de Rachel Cusk, Disent-ils, a vécu plus ou moins la même expérience et le roman prend la forme de ce puzzle aux formes irrégulières.