L’historienne Sylvie Lindeperg est comme « une nouvelle archiviste nommée dans la ville » , comme le disait Deleuze à propos de Foucault –qu’il avait donc qualifié de « nouvel archiviste » ne tenant compte que des énoncés. Foucault que Sylvie Lindeperg cite en exergue à son essai Archéologie d’un procès, pour dire que de nos jours, l’histoire tend à l’archéologie, « à la description intrinsèque du monument », comme Foucault l’a effectivement écrit dans L’archéologie du savoir, l’histoire, « c’est ce qui transforme les documents en monuments »

Monique Wittig (1935-2003) disait dans son essai La pensée straight (1978) qu’une œuvre ayant une nouvelle forme peut fonctionner comme « une machine de guerre » sur le contexte de son époque – comme justement son scénario « Jeanne d’Arc » que l’on découvre aujourd’hui, qui devient « un livre » qu’elle avait écrit au moment où l’extrême droite de Jean-Marie Le Pen s’emparant alors de la figure de Jeanne d’Arc avec le rassemblement annuel du parti néo-fasciste, chaque 1er mai, au pied de la statue équestre de la place des Pyramides à Paris, faisait une percée dans l’électorat, en 1988…

Ça commence par deux lectures successives, un peu au hasard, deux livres qu’a priori rien n’aurait pu réunir : J’ai fait un vœu, de Dennis Cooper et Le Livre de Frank, de CAConrad — si ce n’est qu’ils sont publiés chez P.O.L et qu’Elsa Boyer les a tous deux traduits (Le Livre de Frank, avec Camille Pageard).

8 novembre 2025. Ça suit son cours. On devrait en arriver, à la fin de l’année, au soixante-et-unième épisode de Terrain vague en deux ans, soit [(2 x 31) – 1] : nombre premier (il en est de même pour la somme de ses deux chiffres). Et si je ne compte que les publications strictement « personnelles » dans ce journal, on aura atteint les 244 épisodes (61 x 4) en 122 mois (61 x 2), ce qui n’est pas le résultat d’un calcul – mais ce nombre est bienvenu, et encourage à continuer.

« Sarah Kofman » serait « le meilleur titre si je n’avais pas encore peur de ne pas être capable de m’y mesurer », avait dit Jacques Derrida (1930-2004) à la mort de Sarah Kofman (1934-1994), où il avait finalement choisi de parler de l’art et du rire de Sarah.