Il nous avait fait l’honneur d’écrire dans nos pages dès la création de Diacritik, nous donnant d’emblée des nouvelles de Belgique et d’ailleurs, de Barthes jusqu’à Proust en passant par Simenon (bien sûr), Angot, Rolin, Toussaint, Bourdieu, Lamarche, Wauters… Nous avions la chance de le connaître, depuis les premiers échanges autour du Bookclub de Mediapart, de le rencontrer, de le croiser à l’occasion de ses visites parisiennes, de l’entendre nous parler de littérature (et de tout le reste). Jacques Dubois nous a quittés le jeudi 12 février 2026.

Malice, curiosité, modestie, érudition et passion sont les premiers mots qui me viennent pour parler de Jacques Dubois, avant d’utiliser des termes plus impersonnels qui jalonnent et définissent sa carrière imposante (universitaire, journaliste, critique littéraire, chercheur, enseignant, militant…). Des mots, des titres qui témoignent de son amour des lettres, des mots, de la littérature… derrière lesquels on découvrait une élégance naturelle et une intelligence (du texte et des hommes) qui vous faisait sentir plus instruit dès la conversation entamée. Jacques savait captiver et éclairer, titiller et donner envie de lire toujours, toujours plus.
Spécialiste des auteurs français des XIXe et XXe siècles qu’il a enseignés à l’Université de Liège où il était devenu professeur en 1978 puis professeur émérite en 1998, Jacques Dubois a été membre du Groupe µ mondialement reconnu pour ses travaux sur la rhétorique.
Il s’est consacré à la sociologie de la littérature, à la littérature du réel (avec Proust depuis Pour Albertine : Proust et le Sens du social jusqu’au Roman de Gilberte Swann) et la littérature policière, ses travaux faisant autorité sur l’œuvre de Simenon (qu’il a fait entrer dans la Pléiade, avec Benoît Denis).
Son dernier ouvrage, Tout le reste est littérature : entretiens avec Laurent Demoulin, avait paru en 2018 et cette publication avait donné lieu à un entretien tout en malice, en bonne humeur et en savoir ; un moment vrai, de partage et de transmission. Jacques Dubois était un inventeur, un passeur, un bâtisseur de ponts entre la critique et la fiction, entre le réel et l’imaginaire. L’annonce de sa disparition nous attriste profondément, nos pensées vont vers son épouse, leurs enfants, leurs ami·e·s, leurs proches. Merci cher Jacques.
Retrouvez ici tous les articles signés Jacques Dubois sur Diacritik de septembre 2015 à novembre 2022 ; la série de 60 Billet(s) Proustien(s) ; L’entretien avec Christine Marcandier.