Il nous avait fait l’honneur d’écrire dans nos pages dès la création de Diacritik, nous donnant d’emblée des nouvelles de Belgique et d’ailleurs, de Barthes jusqu’à Proust en passant par Simenon (bien sûr), Angot, Rolin, Toussaint, Bourdieu, Lamarche, Wauters… Nous avions la chance de le connaître, depuis les premiers échanges autour du Bookclub de Mediapart, de le rencontrer, de le croiser à l’occasion de ses visites parisiennes, de l’entendre nous parler de littérature (et de tout le reste). Jacques Dubois nous a quittés le jeudi 12 février 2026.

En septembre 2018, alors que j’envoyais à Jacques Dubois, par mail, un lien vers notre entretien autour de son livre Tout le reste est littérature, il me répondit : « En somme, j’ai ma statue dans Diacritik. C’est beaucoup et sans doute trop. » Alors que l’annonce de sa mort, le 12 février dernier, émeut le monde académique, ses lecteurices, ses ami·es, sa phrase malicieuse prend une tournure si émouvante. Ta statue dans Diacritik, ce journal que tu as soutenu dès sa création, dont tes articles ont accompagné l’éclosion puis la maturité, c’est aujourd’hui peut-être qu’elle s’édifie vraiment, cher Jacques, à mon grand regret.

Diacritik a fêté hier ses trois années d’existence. Parmi les signatures dont notre journal s’honore, celle de Jacques Dubois, sociologue et critique littéraire, spécialiste de Simenon, des romanciers du réel, de Proust et tant d’autres.
Comment mieux fêter ce troisième anniversaire qu’à travers un entretien avec lui, compagnon de la première heure de ce journal, défenseur d’une critique amoureuse et engagée ? L’une des phrases que Jacques Dubois prononce au cours de notre conversation pourrait d’ailleurs être le sous-titre de Diacritik : « Pour réconcilier le monde avec lui-même, il faut beaucoup s’en moquer ».