Précédemment (et bientôt) dans « This is US » : saison 3

Le critique l’avait annoncé en toute fin de son article au mi-temps de la deuxième saison : « dans l’attente d’ores et déjà de la saison trois ». L’attente est terminée, la troisième saison de This Is US a débuté le 26 septembre dernier sur NBC (en France sur Canal+ en léger différé) et, avec déjà deux épisodes au compteur, le critique se félicite toujours de recommander le TV Show de Dan Fogelman sur la toile et auprès de son entourage.

Kate, Kevin, Randall, Jack, Rebecca, Beth, Toby, Annie, Tess, William sont donc de retour pour un troisième opus de 18 épisodes dont les deux premiers augurent d’une saison riche en flashbacks et – nouveauté annoncée en fin de saison 2 – en flashforwards toujours à même de perdre le spectateur dans l’histoire complexe de la famille Pearson et la mémoire de l’Amérique (US en somme).

Avec un épisode inaugural plus choral que jamais, « Nine Bucks » (« Ave Maria » en France) est autant une relecture du final de la saison précédente (sorte de « previously on This Is US » de 43 minutes) qu’une re-vision de l’histoire américaine en ce qu’il intègre à la narration en le fictionnalisant le touchdown miraculeux de Franco Harris en 1972… Habitué aux références croisées et à l’écriture intelligente (voire exigeante) de This Is US, le critique avoue sans peine avoir été quelque peu déstabilisé par cette insertion énigmatique, avec ces scènes dans lesquelles on découvre un joueur de NFL vivant au sein d’une famille interraciale, avant de se dire que les auteurs ont décidément le sens de la digression contrariante. Car c’est l’une des nombreuses signatures de la série : embrasser, recomposer, éloigner, revenir, faire des pas de côté, expliquer (sans démontrer), suggérer… pour mieux souligner moteurs et ressorts psychologiques, pensées et sentiments des personnages.

Aparté : le titre original du premier épisode est passé à la trappe en traversant l’Atlantique, remplacé par un « Ave Maria » anachronique qui a failli faire écrire des bêtises au critique en allant chercher une symbologie qui n’avait pas lieu d’être. En effet, et quitte à passer pour un puriste accro aux détails les plus insignifiants, le critique avoue avoir été induit en erreur par ce titre qui fait référence à une autre action de jeu mythique, la passe Ave maria qui date de 1975, alors que l’action décrite dans l’épisode 1 a eu lieu en 1972 et a été appelée « l’Immaculée Réception »… Et c’est bien dommage, le receveur de 1975 s’appelant Drew Pearson… le critique était prêt à angler l’intégralité de son article sur ce fait sportif au lieu d’en faire un simple aparté.

Crédit photo : NBC Universal

Complexe dans sa forme, la série semble plus que jamais prendre plaisir à asseoir son statut de dramédie en alternant les séquences temporelles, en passant d’un personnage à un autre, même si l’humour est moins présent dans les deux premiers épisodes. Si c’était encore possible, This Is US #3 semble vouloir creuser toujours plus profond les failles des protagonistes pour raconter les causes, les choix, les omissions et leur influence sur la vie de chacun. Rendons grâce aux auteurs, le charme de la série opère toujours ; la fascination exercée par cette famille américaine est toujours là.

Le pitch initial (« This is real. This is love. This is life ») a été dépassé de longue date et on n’est même plus surpris d’attendre la suite des affres et bonheurs des Pearson. Grâce aux talents combinés de Dan Fogelman et des interprètes, Milo Vintimiglia, Mandy Moore, Chrissy Metz, Sterling K. Brown, Justin Hartley en tête, ils sont devenus la famille qu’on aimerait côtoyer, des amis qu’on aimerait avoir, des parents rêvés (malgré ses travers, Jack Pearson est toujours la figure du père et mari idéal). Une fois de plus, c’est toute la force de la série que de faire d’un destin presque ordinaire une histoire fabuleuse, qui dépasse l’imagination.

A l’orée de la saison 3, une fois de plus, on ne se surprend même plus à se perdre en conjectures : en mettant en miroir les passés de chacun des membres de la famille, on en apprend un peu plus sur la quête d’identité de Randall (lors de son entrée à l’Université, tiraillé entre sa condition d’enfant noir dans une famille blanche et sa volonté d’appartenance à un groupe qui lui ressemble) et la rupture à venir, sur les addictions de Kevin, son besoin de lumière, son rêve brisé ; sur la douleur jamais éteinte de Kate, son obésité, son manque d’amour, le vide né de la mort du père…

Mais à force d’aller et venir dans la psyché de Kate, Randall et Kevin ou Rebecca, le critique se demande si This Is US ne risque pas de se perdre en route et le spectateur avec : les voyages dans le temps et les différentes perspectives seront-ils toujours aussi maîtrisés ? L’introspection, l’Amérique vue par les yeux des personnages, les quêtes individuelles et l’émotion collective seront-elles toujours là ? Alors qu’un retour en arrière est annoncé avec l’épisode 4 (le départ de Jack et son frère pour le Vietnam) et qu’une énigmatique séquence récurrente dans laquelle Randall, Tess et Toby vieillis viennent rendre visite à quelqu’un dans ce qui semble être un hôpital ou un funérarium, gageons que les scénaristes ont rassemblé suffisamment de matière pour apporter toutes les réponses et peut-être écrire le mot fin d’une saga familiale déjà légendaire. Seul l’avenir et ces 18 épisodes le diront.

This Is US, saison 3, créé par Dan Fogelman, avec : Mandy Moore, Justin Hartley, Milo Ventimiglia, Sterling K Brown, Chrissy Metz, Susan Kelechi Watson, Chris Sullivan, Jon Huertas. Diffusé en France sur Canal + Séries.

Prochain épisode, Katie Girls, dimanche 14 octobre à 20h50. (également disponible en replay le lendemain de la diffusion US)