Le moi d’août

Août est le huitième mois de l’année et vient du latin Augustus. Saviez-vous que si août possède 31 jours, c’est parce qu’Auguste, par pure jalousie, aurait ôté un jour à février pour le rajouter au mois qui porte son nom rien que pour être avec à égalité avec Juillet qui vient de Jules César ? Non ? Et bien, moi non plus.

Un peu d’histoire :

Le mois d’août est relativement insignifiant d’un point de vue historique. Tout au plus peut-on citer l’indépendance d’Israël en 1948 ou de l’Inde en 1947, la libération de Paris en 1944… mais c’est anecdotique puisque ni BFM TV ni le Morandini Blog n’ont rapporté les faits, c’est vous dire si déjà à l’époque ça n’a pas passionné les foules. En revanche, c’est un 31 août que l’ex-princesse de Galles Diana Spencer est décédé des suites d’un banal accident de la route à Paris en 1997 sur la route des retours de vacances. Mais ça, toutes les télés en ont parlé.

Le mot « août » se prononce « ahoutte », avec un « h » virtuel entre le a et le o, pour peu que l’on pratique l’hiatus (succession de deux voyelles appartenant à des syllabes différentes, à l’intérieur d’un mot, comme dans « aorte » ; ou entre deux mots comme dans « Marine Le Pen va à l’Assemblée Nationale pour siéger dans une institution qu’elle déteste mais qui lui garantit une immunité parlementaire »). En pratiquant l’hiatus interruptus on peut également prononcer « outte » dans un refus d’anglicisation de la langue française qui met des « meetings » là où l’on avait précédemment des réunions, qui propose d’être « busy », alors que l’on est tout simplement occupé et, enfin, qui fait dire « je vous rappelle ASAP » plutôt que « arrêtez de me téléphoner, je n’ai pas envie d’acheter une cuisine ou de changer d’opérateur ».

On peut aussi – si l’on est joueur et que l’on veut en remontrer à ses interlocuteurs – remplacer « en août » par « en outre », et ainsi se moquer perfidement de ceux qui disent systématiquement « par contre » à la place d’ »en revanche ».

Aparté : après d’intenses recherches effectuées sur le Net, il est raisonnable de penser que l’expression « faire son coming août » n’est en fait qu’une malheureuse tentative d’humour franglais − donc intraduisible hors du cercle très restreint du cerveau de l’auteur de ces chroniques mensuelles.

D’un point de vue socio-zoologique, le mois d’août aurait donné son nom aux « Trombicula autumnalis » plus connus sous le nom d’aoûtats par les adeptes du camping à même le sol ou sous des tentes bon marché à la ferme ou le long des canaux parisiens. Sorte de larve d’arthropode qui parasite temporairement les organismes à sang chaud, l’aoûtat occasionne par ses piqûres des démangeaisons parfois importantes chez son hôte. Le terme « aoûtien » (« Vehicula Auralentis »), trouve lui aussi son origine dans le mois d’août : il désigne une espèce de vacancier qui parasite temporairement les autoroutes de France et les voies d’accès à la mer, occasionnant par sa surpopulation soudaine une étrange envie de solitude et/ou de retour de la crise économique. A défaut, une bonne guerre nucléaire fera tout aussi bien l’affaire.

Il faut noter que le mois d’août aurait pu tout simplement s’appeler le mois « d’auguste », comme chez nos amis et néanmoins voisins Anglais ou Allemands, qui sont tombés dans la légendaire facilité germanique et anglo-saxonne en choisissant de garder la racine latine du mot pour ne pas s’infliger un mot transformé à la double prononciation fourbe. Saluons donc le courage hexagonal et le sens aigu du ridicule qui est le nôtre de s’épargner des conversations grotesques à la machine à café :

– Tu pars bientôt en vacances ?
– Je pars en auguste.

Et le premier d’imaginer le second sur la plage avec un nez rouge, un pantalon à carreaux et des chaussures trop grandes. On l’a échappé belle.

Vivement le moi prochain !