Books and cook : Gaspacho à la cubaine (Un dimanche de révolution)

En août 2017 a paru Un dimanche de révolution, le dernier roman de Wendy Guerra, chez Buchet Chastel, dans une traduction de Marianne Millon. Diacritik reviendra prochainement sur ce livre magnifique à travers une critique et un grand entretien.
Mais au-delà de sa densité poétique, de sa force politique, de sa manière unique de mêler intime et collectif, le roman de Wendy Guerra est un hymne à la beauté de Cuba, à son paysage, à « l’odeur des mangues trop dures, la fureur de la mer qui s’entête à forcer les limites du mur » et à « la transparente illumination de cette île ».
Si, dans l’île, la cocotte-minute est « la bande sonore contre la faim de toutes les maisons », « un son asthmatique, entrecoupé et éternel » — « le son de la cocotte est le son de la cubanité » —, au chapitre V, page 71, Cleo ne l’utilise pas. Elle se prépare « un gaspacho à la cubaine — avec les moyens du bord  : melon, poivrons doux, pain rassis, trois petites gousses d’ail qui en font une grosse, vinaigre, huile de truffe de contrebande que j’ai rapportée dans ma valise, sel, poivre, sept tomates que le soleil n’a pas encore fait pourrir ; et au moment où j’appuyais sur le bouton pour tout mélanger avec mon mixeur russe… plus de lumière. »

Les amateurs de cuisine littéraire pourront aussi découvrir la recette de la mogolla, « petit déjeuner de certaines zones d’Oriente », au chapitre VII, p. 97.

Wendy Guerra, Un dimanche de révolution (Domingo de Revolución), traduit de l’espagnol (Cuba) par Marianne Millon, éd. Buchet Chastel, août 2017, 214 p., 19 €