Pour qui tu vis, par Claude Favre

Claude Favre © Jean-Marc de Samie

dansé au-delà de la nuit
discuté vrillé
qu’aucune chance pour le parti fasciste
il y a de l’histoire
ça veut dire des morts dans les plus atroces souffrancesdes tortures
de la négation de vie
plus jamais ça
nulle personne ne pourra dire ça ne passera pas
on ne sait pas
sinon pensée magique
on ne sait pas
sinon se dire que la mort
qui sera par faim
ou torture
ou autre
vous n’avez pas idée des corps
beaucoup de façons autres
hors pour les autres
ces autres
malmenés
plus pauvres que pauvres
exclus
défigurés
que leur mort compte moins que nos intérêts privés
toute la nuit
dans l’ivresse
et les rires
nous savons rire
plus qu’ils n’imaginent
résister abandonnés
résister
nous sommes ceux qui ne voulons pas posséder mais vivre
libres
vivre
ne vous déplaise nous avons des forces
de la mémoire
à jamais
plus jamais ça
au-delà des préjugés
des conforts
ne te moque pas des riches dit le proverbe rrom
cela pourrait t’arriver
balance tes rancœurs
tes jalousies
si tu veux dire la vérité assure-toi que tu as un bon cheval
le vent seul pour ami
ne te protège pas
imagine
un chemin devant
un galop debout
imagine
balance tes peurs
ne pense pas qu’à toi
nous avons tous raté et manqué
ne pleure pas sur toi
souviens-toi de ceux par qui tu vis
pour qui
tu
vis

Claude Favre

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Claude Favre © Jean-Marc de Samie