Ripley : Hey, I feel like kind of a fifth wheel around here. Is there anything I can do? 
Sergeant Apone : I don’t know, is there anything you can do?

Dans l’une des premières scènes de la Director’s Cut d’Aliens (James Cameron, 1986), Ripley est assise sur un banc face à un paysage de forêt virtuel, dans la station orbitale qui l’a recueillie. Sa navette a dérivé cinquante-sept ans dans l’espace : c’est par un hasard incroyable qu’elle a été retrouvée vivante.

Ripley: Final report of the commercial starship Nostromo, third officer reporting. The other members of the crew – Kane, Lambert, Parker, Brett, Ash, and Captain Dallas – are dead. Cargo and ship destroyed. I should reach the frontier in about six weeks. With a little luck, the network will pick me up. This is Ripley, last survivor of the Nostromo, signing off.

C’est sur cette déclaration jetée dans l’espace des télécommunications comme une bouteille dans la mer intersidérale, que le premier épisode de la saga initiée par Ridley Scott se clôt.

MOTHER : Priority one.
Insure return of organism for analysis.
All other considerations secondary.
Crew expendable.
(Special Order 937)

Dans les années 80, je vivais à Nice. Place Masséna. Sur le boulevard Jean Jaurès, exactement, le long du casino qui n’était alors pas encore détruit pour faire place aux jardins que l’on y connaît à présent. Mais les travaux avaient commencé.

Il y a une scène particulière dans la série Penny Dreadful (créée par John Logan en 2014, et qui rassemble des personnages emblématiques de la littérature fantastique de l’Angleterre Victorienne, de Dracula à Frankenstein) que tout amateur de cette intrigue en trois actes ne peut avoir oubliée : Vanessa Ives (son héroïne tourmentée, incarnée par Eva Green) raconte à Ethan Chandler (Josh Hartnett, son acolyte lycanthrope) sa rencontre avec la sorcière qui l’a initiée.

En partenariat avec Diacritik, Camille de Toledo, développe, au sein du Labo de création de Ciclic, une réflexion aussi intense que neuve sur les rapports entre littérature, photographie et histoire familiale, Écrire la légende. Ciclic, Diacritik et la Maison Max Ernst proposent une série de rendez-vous autour de ce projet qui jalonne l’écriture de son roman Le livre des morts. Avant la nouvelle lecture qui aura lieu le jeudi 19 avril à la Maison Max Ernst à Huismes (37), voici en intégralité le premier inédit de ce nouveau texte de Camille de Toledo.

En partenariat avec Diacritik, Ciclic et la Maison Max Ernst vous proposent une série de cinq rendez-vous avec l’écrivain Camille de Toledo, autour du projet Écrire la légende. Lors de la rencontre qui aura lieu, à 20h30, ce jeudi à Huismes (37), l’écrivain poursuit sa lecture du texte en cours d’écriture, puis dialogue sur le thème de la mémoire et de l’image photographique en convoquant Roland Barthes et Susan Sontag.

Je profite de cette accalmie bienvenue dans nos échanges pour aller aux toilettes à mon tour. Je glisse (plus que je ne marche) sur le chemin des urinoirs collectifs dégueulasses à souhait. J’ai l’impression de m’être transformé en palet de curling avec ces pseudo sportifs à l’air pénétré et aux chaussures bicolores ridicules qui astiquent frénétiquement la piste devant le morceau de granit poli tandis qu’un serveur commence à balayer le sol devant chacun de mes pas mal assurés. J’évolue difficilement dans mes vapeurs éthérées, prudent devant ce cérémonial grotesque.

Nathalie se plante devant moi, interdite face au spectacle louche du tandem bouleversant que nous formons, mon ami et moi, dans cette posture mal assurée qui ressemble de plus en plus à un slow de fin de noces… A voir sa moue, j’essaie d’imaginer ce qui lui passe par la tête. Se dit-elle que j’ai refait ma vie et qu’elle n’a aucun droit de regard sur mes nouveaux choix amoureux, même s’ils peuvent lui paraître discutables ? Ce qui est compréhensible et légèrement intolérant de sa part cela dit.