L’entretien uncut : Adam Thirlwell (Candide et lubrique)

Adam Thirlwell
Adam Thirlwell

En attendant la critique à venir de Candide et lubrique, troisième roman de l’écrivain britannique Adam Thirlwell après Politique (2003) et L’Évasion (2009), voici un entretien uncut réalisé hier, près d’une heure de conversation, en français.
Paris s’était pourtant mis à l’heure londonienne, avec trombes d’eau sur la verrière des éditions de l’Olivier, comme vous l’entendrez en toute fin de vidéo, quand Adam Thirlwell énonce son insolente théorie du « roman burger »…

12705541_1107763009275656_2734412548105453816_n

Dans cet entretien, il aura d’abord été question de cet extraordinaire roman comique (au sens le plus littéraire du terme) qu’est Candide et lubrique, « un Proust hip-hop, un Proust de bande dessinée » : de récit il n’est point, ou pas vraiment, sinon à travers le flux de conscience d’un personnage, voix contemporaine prise dans « un processus de réflexion excessif » — « la seule chose qui a fait de moi quelqu’un de différent c’est que, moi, je réfléchis beaucoup plus ».

Le héros de Candide et lubrique est un jeune homme marié à une femme qu’il aime, Candy, mais lorsque commence le livre, il se réveille à l’hôtel, à côté d’une autre, Romy, sa meilleure amie… La situation est déjà problématique, elle empire quand il s’aperçoit que la jeune femme est en sang. Ce n’est que le début de péripéties qui vont conduire « notre héros » d’orgies en braquages (avec pistolet factice) et alimenter sa réflexion à la fois hilarante et désabusée sur le monde comme il va, pour reprendre le sous-titre d’un autre conte voltairien. Mais ce personnage a aussi beaucoup de points communs avec Pierrot le fou, d’ailleurs Adam Thirlwell m’a dit, mais la caméra était éteinte, qu’il avait d’abord pensé à la fameuse citation de Godard pour l’exergue de son livre, « c’est pas du sang, c’est du rouge ».

Godard, Pierrot le fou
Godard, Pierrot le fou

Il est aussi question, dans cet entretien, des autres romans d’Adam Thirlwell, Politique et L’Évasion, de son essai sur Le Livre multiple (2014), de la manière dont, peut-être, Candide et Lubrique, clôt un premier cycle de l’œuvre. Mais nous avons également parlé de Proust, de Baudelaire et de Voltaire, d’Italo Calvino, de Camus, Bret Easton Ellis et Tao Lin, Roland Barthes, Henry James et Coleridge, Dante et Bataille…

 


Adam Thirlwell, Candide et lubrique (Lurid & Cute), traduit de l’anglais par Nicolas Richard, éditions de l’Olivier, 2016, 400 p., 23 €

12729303_1107763012608989_1913558201340989955_n

Politique, traduit de l’anglais par Marc Cholodenko est disponible en éditions Points.

L’Évasion et Le Livre multiple, tous deux traduits par Anne-Laure Tissut, sont disponibles aux éditions de l’Olivier

11229820_1107763049275652_5697359452609440205_n

12705541_1107763009275656_2734412548105453816_n