« Undertaker » : à l’Ouest, du nouveau

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Attention, critique dithyrambique en approche : « Ralph Meyer, Caroline Delabie, Xavier Dorison, un trio on ne peut plus gagnant qui signe avec Undertaker, La danse des vautours, un des meilleurs albums de cette fin d’année ».

La formule peut paraître hyperbolique, elle est toutefois pleinement assumée. Parce qu’il savoir se rendre à l’évidence quand elle si criante : Undertaker renouvelle le genre western tout en soutenant les comparaisons faciles et les renvois obligés aux mythiques albums de Blueberry de Jean Giraud et Jean-Michel Charlier, Bouncer de Boucq et Jodorowski, Ringo de William Vance ou encore Durango d’Yves Swolfs et Thierry Girod et W.E.S.T. de Rossi, Nury et du même Dorison.

Crépusculaire (et pour cause, avec un croque-mort comme personnage principal) et violente, la série initiée avec Le Mangeur d’or développe sa noirceur et tisse sa narration désabusée avec ce second opus intitulé La Danse des vautours. Miss Prairie, Lin et l’undertaker font route vers la mine de Joe Cusco. A leur poursuite, la moitié de la ville et tout ce qu’elle compte de cow-boys assoiffés d’or, la cavalerie et des hommes de loi à la conception de la légalité et de la justice fluctuante.

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Loin des canons des héros policés de la BD franco-belge, l’undertaker de Dorison, Delabie et Meyer est un tueur recherché par tous les chasseurs de primes de cette partie de l’Ouest. S’il semblait vouloir trimballer sa nonchalance fataliste et sa misanthropie en essayant d’éviter à tout prix les ennuis au début du premier épisode, force est de constater que son implication le dépasse bien plus qu’il ne l’aurait souhaité.

Le parti pris de Dorison est à saluer, en faisant d’un criminel le personnage principal de la série, le scénariste bouscule les lignes : là où le Lieutenant Blueberry était injustement accusé, sans cesse en quête de voir son innocence reconnue, la culpabilité évidente de l’undertaker est un moyen narratif essentiel qui permet d’explorer la question de l’humanité des protagonistes, souvent à géométrie variable, qu’il s’agisse du personnage central, des comparses ou des compagnons d’infortune. Avec un humour à froid omniprésent et un graphisme et des cadrages à couper le souffle – ces pleines pages qui çà et là explosent littéralement et suspendent la narration pour mieux la faire repartir dès la planche suivante –, Le mangeur d’or et La Danse des vautours raviront les amateurs de western et de pure aventure.

Undertaker, au risque de se répéter, à l’Ouest, du nouveau.

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Ralph Meyer, Caroline Delabie, Xavier Dorison, Undertaker, La danse des vautours, 56 p. couleur, Dargaud, 2015, 13 € 99

Les premières planches :

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