Claude Ollier (DR)
Claude Ollier (DR)

Le 22 octobre prochain la Maison de la poésie consacrera une après-midi à l’œuvre de Claude Ollier. Organisé par l’association Les mondes de Claude Ollier, cet hommage proposera des lectures, des interventions et dialogues autour de cette œuvre importante, à parcourir et découvrir encore. Entretien avec Arno Bertina qui participera à cet hommage.

Jean Rolin © Olivier Roller
Jean Rolin © Olivier Roller

On connaît le tropisme maritime de Jean Rolin avec ses diverses modulations, depuis les espaces portuaires de Terminal Frigo (P.O.L, 2005) jusqu’au projet de traversée à la nage du détroit du même nom dans Ormuz (P.O.L, 2013) en passant par le trajet en cargo entre Europe et Afrique dans L’Explosion de la durite (P.O.L, 2007) – un tropisme dont témoigne d’une autre manière un recueil de textes journalistiques comme Vu sur la mer (La Table Ronde, « La Petite Vermillon », 2012). On sait aussi comment les guerres du xxè siècle et les conflits contemporains disséminés à travers le monde hantent son œuvre, de façon plus ou moins directe ou souterraine (Campagnes, Gallimard, 2000, Un chien mort après lui , P.O.L, 2009 ou L’Explosion de la durite). Avec son dernier texte, Peleliu (P.O.L., 2016), l’écrivain croise d’une façon encore inédite ces deux dimensions en prenant pour objet d’écriture une île du Pacifique qui fut le théâtre d’une terrible bataille pendant la Seconde Guerre mondiale et dont le narrateur va s’employer à arpenter le territoire aussi limité (13 km2) que parfaitement circonscrit du fait de son caractère insulaire.

Dante Alighieri
Dante Alighieri

Toute traduction vaut d’avoir su opérer un transfert, celui du corps d’une œuvre d’une langue et d’une culture données vers une langue et une culture qui lui sont étrangères. Son mérite consiste à assumer pleinement ce transfert et tout ce qu’il suppose, sachant toutefois, comme le remarquait Derrida, qu’« un corps verbal ne se laisse pas traduire ou transporter dans une autre langue. Il est cela même que la traduction laisse tomber. » Traduire revient ainsi à tenter, à tenter seulement, puisque le « corps » résiste, de construire à partir d’une œuvre, une œuvre autre, laquelle accède à son tour, dans le meilleur des cas, au rang d’œuvre.

Capture d’écran 2015-10-09 à 07.44.46Ce livre est un tombeau, l’hommage vibrant de vie et de sensualité à une femme aimée et perdue à jamais. Le récit d’un voyage à Savannah, 7 ans plus tôt, sur les traces de Flannery O’Connor, autre « vie, brève », avec Kate, sa manière unique d’aborder les gens, de filmer les lieux et les gens, caméra vers le sol.