Gérard Wajcman
Gérard Wajcman

Comme si la chose allait mieux une fois dite, l’usage éditorial veut que figure sous le titre d’un livre la mention de son appartenance. L’usage aime le genre. Ainsi du mot roman. Avant même d’entamer la lecture, ignorant tout de ce qui en constituera l’expérience, aura-t-on vu ce mot qu’un horizon se tracera pour laisser supposer ce qui nous attend.
Ce pourrait être le cas au vu de l’élégante couverture bicolore de format carré du livre qu’on vient de lire, qu’on a posé devant soi avec cette conviction, rare et troublante, qu’il est de ceux qui ne se referment pas. Le mot roman s’y trouve effectivement, écrit en petites lettres noires enlevées sur un gris pâle, juste au-dessous du titre, L’interdit, lui-même suivant le nom de son auteur. Un nom inscrit là sobrement, sans prénom, exposé, comme livré à lui-même, confié à un passage d’encre noire sur fond blanc.

Capture d’écran Arte

Arte diffuse ce mercredi 24 août à 22h40 un portrait du créateur de Corto Maltese, Hugo Pratt, trait pour trait, réalisé par Thierry Thomas avec un commentaire dit par Lambert Wilson. Le documentaire retrace l’existence aventureuse de celui qui, né à Rimini en 1927 et mort en Suisse en 1995 a eu mille vies (acteur, dessinateur, auteur, aquarelliste) et a marqué à jamais le monde de la bande dessinée, contribuant à faire entrer le neuvième art dans l’âge adulte.

A l’heure où certaines Cassandre proclament avec perte et fracas l’irrémédiable fin de la littérature et le conséquent décès de la critique, sans doute la littérature contemporaine n’a-t-elle jamais autant brillé depuis son champ dispersé et résolument éclaté, et la critique ne s’est-elle trouvée autant de voix neuves pour venir la cartographier depuis ses accidents répétés.

Venise est roman, Venise est lagune, c’est même le titre du prochain roman de Roberto Ferrucci, à paraître le 9 juin prochain aux éditions La Contre Allée.
« Ce texte raconte l’effet dévastateur des passages ininterrompus des grands
paquebots dans la lagune de Venise et les sentiments qu’ils provoquent chez
la plupart d’entre nous, les Vénitiens », écrit Roberto Ferrucci en quatrième de couverture de ce livre magnifique sur lequel Diacritik reviendra au moment de sa sortie.
En voici un extrait en avant-première et en exclusivité, la note de l’auteur dans laquelle l’écrivain explicite son projet littéraire.
Un immense merci à Roberto Ferrucci et à son éditeur Benoît Verhille.

Quatre livres signés Colette Fellous, Antoine Compagnon, Philippe Sollers et Chantal Thomas ; tous ont Roland Barthes pour centre irradiant, qu’il s’agisse de La Préparation de la vie, de L’Age des lettres, ou de L’Amitié de Roland Barthes : un Pour Roland Barthes. Un Roland Barthes par d’autres, connu, aimé, feuilleté. Quatre images du désir du texte, d’un amour de la langue et du goût du présent.

Les éditions Casterman ont réédité en début d’année le merveilleux Fable de Venise dans sa version originale. On retrouve ainsi le découpage en strips qui avait disparu des remontages ultérieurs et une mise en couleurs très éloignée des sempiternelles aquarelles qu’on attache souvent au dessinateur. Une véritable redécouverte, qui donne l’occasion d’interroger la place de Venise dans la genèse de Corto Maltese.