Nécessaire et stimulant : tels sont les deux termes qui viennent immanquablement à l’esprit après avoir achevé la lecture du nouvel essai de Laurent Demanze, Pierre Michon : l’envers de l’histoire qui vient de paraître chez Corti. Le spécialiste de Pierre Michon reprend en effet ici à nouveaux frais l’œuvre même de Michon en l’interrogeant depuis son effet de réception, sa classicisation immédiate depuis Vies minuscules dans le champ contemporain en cherchant à lui rendre sa puissance de disruption. Loin de souscrire à la figure du Grand écrivain, Michon en défait avec force le mythe et se pose comme l’intempestif de notre temps lui-même. Autant de nouvelles pistes de lecture sur la voix barbare de l’écrire que Diacritik ne pouvait manquer d’évoquer le temps d’un grand entretien avec Laurent Demanze.

C’est un nouvel essai fort et vif sur le contemporain que fait paraître ces jours-ci Laurent Demanze en dessinant ce qu’il nomme Un nouvel âge de l’enquête. D’Emmanuel Carrère à Hélène Gaudy et Ivan Jablonka en passant par Philippe Artières ou Philippe Vasset, Laurent Demanze dessine un territoire dans lequel les écrivains contemporains explorent la société et le monde en se saisissant à nouveaux frais de l’enquête. Diacritik a rencontré l’essayiste le temps d’un grand entretien pour explorer avec lui cette enquête indisciplinée, aux frontières de la sociologie et du roman noir.

Depuis bientôt une quinzaine d’années, Stéphane Bouquet a su s’imposer comme l’un des poètes les plus remarquables du champ contemporain. S’il avait déjà pu faire entendre sa voix critique en 2007 dans Un Peuple qui invitait à se promener dans un cimetière de noms, il offre, avec la parution ces jours-ci de La Cité de paroles aux éditions José Corti, son premier recueil d’articles critiques comme rassemblés au fil de la douceur d’une conversation.