Amorces rassemble les derniers « carnets » d’Henri Thomas et constitue peut-être une bonne entrée en matière pour découvrir une œuvre qui occupe une place singulière dans le paysage de la littérature française de la seconde moitié du XXe siècle.
Jean-Pierre Ferrini
Au début des années 1990, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur ont filmé les dernières personnes qui avaient connu ou côtoyé Antonin Artaud en s’efforçant de raconter sa « véritable histoire ». De cette quête de vérité étaient nés deux films, une fiction et un documentaire ; et aujourd’hui un livre, portrait en mosaïque du poète maudit.
François Hartog, directeur d’études à l’EHESS, historien et en quelque sorte spécialiste du Temps, a écrit avec Chronos une espèce de roman qui narre les péripéties de l’Occident du début de l’ère chrétienne à notre très étrange aujourd’hui.
Les éditions de l’Œil ont entrepris depuis quelques années de republier l’œuvre complète de Jean-Daniel Pollet (1936-2004) ; une œuvre à laquelle la Cinémathèque française s’apprêtait à rendre hommage du 11 au 29 mars 2020 avant d’en suspendre provisoirement la rétrospective en raison de la crise sanitaire. En attendant la réouverture des salles de cinéma, les livres-dvd permettent de découvrir ou d’appréhender ce cinéaste en marge de l’industrie cinématographique.
Enfant de perdition de Pierre Chopinaud est un roman « nomade », large et généreux, qui semble sortir de nulle part tant sa langue paraît étrangère à nos classifications habituelles.
Il arrive régulièrement un événement dans l’édition française. Il faut s’en réjouir même si la périodicité n’est pas facile à définir. À n’en pas douter, la nouvelle traduction de Pierre Lecoq du Shâhnâmeh, Le Livre des Rois de Ferdowsi, appartient à cette catégorie.
Après Comme si quelque (Comp’Act, 2006) et Icare crie dans un ciel de craie (Belin, 2007), Martin Rueff n’avait plus publié de livre de poésie. Il faut par conséquent saluer ce retour, ou ce recours de nouveau au poème avec La jonction (Nous, 2019).