Au moment où toute école, toute université, toute pédagogie, toute étude est mise à mal, Pierre-Damien Huyghe publie un livre non pas sur l’instruction mais sur l’égalité d’instruction où l’on trouve quelques arguments pour un idéal scolaire.
Cinéma
Ce ne serait pas un mal qu’avant de passer à la réalisation les cinéastes aient acquis une expérience de poète, de musicien ou de plasticien – et mieux encore des trois simultanément, sans hiérarchie. Mais il faut bien reconnaître que ça arrive assez rarement – je veux dire d’une manière qui ne soit pas du semblant. Jim Jarmusch est de ces cinéastes. N’ayant jamais rien abandonné de ses passions précoces, il s’est tant nourri d’expériences multiples qu’il doit s’en défaire, au moins partiellement, non pour faire vœu de pauvreté, mais pour aller au plus vif de ce qu’il remet en jeu à chaque projet.
Cinéphiles ou lecteurs de passages : à quand remonte la dernière fois qu’un film vous a stupéfait ? David Lynch ? Stanley Kubrick ? (Sachant que vous n’allez pas voir les films d’Alexsï Guerman…) Combien de films parviennent chaque année à nous surprendre, nous étonner tout en nous bouleversant ? Et surtout, pour un cinéaste, comment inventer une nouvelle façon de raconter une histoire quand, envahis par les écrans, nous avons tout vu ?
Annoncée depuis des mois par la plateforme avec un sens du teasing bien réglé qui n’a rien à envier aux pratiques des majors quand ils balancent une minute douze de bande-annonce six mois avant la sortie d’un nouveau blockbuster, la nouvelle livraison de la série Knives Out (en Netflix dans le texte) est arrivée le 12 décembre dernier sur nos écrans. La critique est quasi unanime : Wake Up Dead Man est meilleur que les précédents. Mais moins bon que le prochain ?
Cabo Negro est une station balnéaire marocaine, un lieu pour des vacanciers riches, surtout occidentaux. C’est aussi le titre du nouveau film d’Abdellah Taïa.
Reprise du Jeanne Dielman, de Chantal Akerman, et d’une étude de Gilles Deleuze sur Michel Tournier, Un Film sans autrui, de Frank Smith, est surtout un film qui problématise le cinéma, l’image, le personnage, le monde et le rapport au monde, le sens, et les redistribue selon de nouvelles possibilités cinématographiques mais aussi éthiques, mentales, intellectuelles.
3 octobre 2025. Encore et toujours Feldman sur la platine – l’inépuisable Morty, qui avait confié en 1967 au jeune Jean-Yves Bosseur (20 ans) : « Sincèrement, je ne pourrais pas vivre dans mon art. Dedans, j’y mourrais. Compris ? J’aime bien vivre, bien manger, j’aime vivre vite, parce que dans mon art je me sens mourir très, très LENTEMENT. » Cet entretien s’achevait par ces mots : « Il faut se tenir à l’écart des grandes villes ; trop de choses ; trop de choses stupides… » Bien entendu, Morton Feldman est mort à son domicile de Buffalo, dans l’état de New-York : cet écart n’était pas une coupure radicale.
Pour la sortie de son second long métrage, Renoir, présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2025, nous rencontrons la réalisatrice japonaise Chie Hayakawa.
C’est un plan glaçant, l’un des plus beaux de ces dernières années, un plan sur une nuque, des bruits de pas…la nuque, quelqu’un qui s’approche, le pardon ? La sentence ? Avec cette nuque, il y a le spectateur, l’Iran. Dans l’incertitude. Tout va chavirer.
L‘Homme brille souvent par son inhumanité. C’est ce qui vient immédiatement à l’esprit en sortant de la projection de Frantz Fanon, le film d’Abdenour Zahzah.
Put Your Soul on Your Hand and Walk, film-documentaire réalisé par Sepideh Farsi, a été présenté par l’ACID (Association du Cinéma indépendant pour sa Diffusion) à l’ouverture du festival de Cannes 2025.
Le film Sept jours, sorti le 6 août en salle, est réalisé par Ali Samadi Ahadi, cinéaste iranien exilé en Allemagne.
Au rythme de Vera raconte l’histoire, à travers les années 70, de Vera Brandes, géniale promotrice de concerts de jazz d’à peine 18 ans.
Parfois, un documentaire nous terrasse par son implacable constat du réel. Les mots qu’elles eurent un jour, de Raphaël Pillosio, raconte la longue conversation d’un groupe de prisonnières algériennes en 1962, condamnées à mort pour attentat terroriste et libérées par de Gaulle à la fin de la guerre.
Avant d’être un film d’animation, La plus précieuse des marchandises a été un conte, écrit par Jean-Claude Grumberg, paru en 2019 aux éditions du Seuil dans la collection La Librairie du XXIe siècle dirigée par Maurice Olender, disparu en octobre 2022. Diffusé ce mardi 27 mai sur Canal Plus, le dixième film de Michel Hazanavicius est une adaptation forte et lumineuse du texte puissant et nécessaire de Jean-Claude Grumberg. Pour porter le conte à l’écran, le réalisateur a choisi l’animation avec une prise de risque supplémentaire : il a dessiné tous les personnages et osé dévoiler au monde une part jusque-là inconnue de sa palette de talents, voire de lui-même.