Depuis le 22 octobre dernier et à chaque nouvel épisode, on a envie de dire « précédemment dans Le Bureau des Légendes » à l’américaine et en VO avec la voix grave d’un mec qui fume trois paquets de cigarettes par jour depuis vingt ans. Alors que la saison 4 s’achève ce soir sur Canal Plus, Le Bureau des Légendes est déjà disponible en intégralité et en replay sur les plateformes pour une expérience de « visionnage boulimique » (en VF dans le texte).

Eve Polastri appartient au MI-5, le service de renseignement britannique. Épouse plus ou moins comblée et analyste sédentaire, elle fait autant preuve de maladresse que d’intuitions fulgurantes. Alors, quand un assassinat est perpétré à Vienne et que l’unique témoin s’est réfugié à Londres, il n’en faut pas plus à Eve pour que son talent et son cœur s’expriment.

Prenez une distribution internationale étonnante (Donald Sutherland, Hilary Swank, Harris Dickinson, Brendan Fraser, Luca Marinelli), un show-runner passé par le cinéma (Simon Beaufoy, scénariste de Slumdog Millionnaire, The Full Monty, 127 heures), un réalisateur-producteur emblématique (Danny Boyle) et vous obtenez une série fascinante et addictive : TRUST ou l’enlèvement de John Paul Getty III en 1973 raconté par le menu, porté par une musique et une esthétique 70’s envoutantes et référentielles.

En surface, Baron Noir est « une vraie série politique dramatique, qui profite d’une écriture soignée, de bons dialogues, d’une mise en scène intelligente et de comédiens de qualité » (Pierre Langlais, Télérama). En surface, Baron Noir, saison 2 est « encore plus près du réel » (Carine Didier, Le Parisien). En surface, enfin, Baron noir est « une série captivante qui s’attache sans cynisme aux tiraillements entre convictions et ambitions » (Télérama). Une série « sans cynisme » ? Vraiment ? Rien n’est moins sûr. C’est même strictement le contraire. Explications.

© Showtime

Prenez un acteur emblématique de sa génération (Damian Lewis, découvert avec Spielberg dans Band of Brothers et dont le talent s’est affirmé avec Homeland), un habitué des seconds rôles dont la filmographie force le respect (Paul Giamatti, passé par Woody Allen, Alexander Payne, Peter Weir…) et vous obtenez le duo d’ennemis intimes le plus réussi du moment en tête du casting d’une série gonflée dans un New York post 9/11 rattrapé par ses démons : Billions.

The Catch

Le pitch de The Catch, actuellement diffusé sur Canal+, est à ce jour l’idée la plus rentable de la décennie : sous couvert d’inventer une histoire originale, la série reprend en tous points les ingrédients d’une recette qui a fait ses preuves dans une déclinaison d’une gémellité à faire pâlir les frères Bogdanov (avant leurs opérations de chirurgie esthétique).

Le comité de visionnage de Diacritik a regardé 21cm, la nouvelle émission littéraire de Canal Plus dont la première a eu lieu hier soir à 22h50. Verdict façon jury d’épreuve de patinage artistique, avec ses notes techniques (on plaisante) et la subjectivité assumée d’enfin voir une nouvelle émission consacrée aux livres à la télévision. Fût-elle sur une chaîne cryptée.

Le Petit Journal

L’annonce du départ de Yann Barthès de Canal Plus le 23 juin prochain truste les fils d’infos en ce lundi 9 mai et pas moins de trois occurrences liées à la chaîne, à son animateur vedette et à son patron sont en tête des tendances sur Twitter (avec l’incendie de Fort McMurray et les suspicions de harcèlement qui pèsent sur l’élu vert Denis Baupin). Un retour de week-end qui pose néanmoins la question de la hiérarchisation de l’info et rappelle que l’hallali sur le clair (et l’émission de l’animateur-producteur) ne date pas d’hier.

Le sergent Catherine Cawood (Sarah Lancashire), photo Ben Blackall / BBC
Le sergent Catherine Cawood (Sarah Lancashire), photo Ben Blackall / BBC

Happy Valley est une série télévisée produite par la BBC (diffusée par Canal Plus à l’automne 2015) qui a pour cadre la vallée de la rivière Calder, sur le flanc est des Pennines au nord de l’Angleterre, dans le West Yorkshire. Le personnage principal est le sergent de police Catherine Cawood, interprétée (magistralement) par Sarah Lancashire, une femme forte et courageuse qui fait régner l’ordre mais qui a bien du mal avec sa propre vie. Séparée de son mari, elle élève son petit-fils né du viol de sa fille, qui s’est donnée la mort après la naissance du bébé, et vit avec sa sœur, qui tente d’enrayer son addiction à l’alcool et à l’héroïne. Comme on le voit, rien de franchement happy ni d’irrésistiblement désopilant, bref on est très loin de la « Petite maison dans la niaiserie ». 

En ligne sur YouTube depuis le 13 avril dernier, la première de Recettes pompettesémission humoristique et culinaire produite par le studio Bagel, a déjà été vue 870 295 fois et compte 123 841 abonnements à l’heure où s’écrit cet article. Pour ceux qui auraient passé ces derniers jours loin de toute source d’information (radio, télé, web) ou seraient restés coincés aux abords de la place de la République, empêchés alternativement de rentrer chez eux par les citoyens de Nuit Debout ou par des CRS pressés de disperser les manifestants avant le coup d’envoi de l’élimination du PSG par Manchester City, retour sur la polémique qui a précédé et entouré la diffusion de l’émission de Monsieur Poulpe.

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Vingt ans. Cela fait vingt ans que Canal+ diffuse sa Nuit Gay, vingt ans de combats, d’audaces, d’idées, d’avancées timides, d’outings sauvages et de coming-out volontaires, vingt ans de reconnaissances et de victoire diverses (depuis le retrait de l’homosexualité de la liste des maladies mentales par l’OMS jusqu’au mariage pour tous en passant par l’idée de Louis-Georges Tin de créer une journée mondiale contre l’homophobie). Mais aussi, vingt ans de drames et une réalité qu’il convient de rappeler : 2197 témoignages d’actes LGBTphobes ont été enregistrés en 2014, soit une hausse de plus 41% par rapport à 2011 ; on garde tous en mémoire les dérives qui ont accompagné les débats des parlementaires en 2013, quand la « parole s’est libérée » jusque dans la rue, une partie de la population française déniant à des concitoyens un droit dont ils disposent désormais : celui de pouvoir se marier (ou non mais ils ont enfin le choix).