Cannes refuse de dérouler le tapis rouge à Netflix

Cannes 2017 ne renonce pas à la sacralité du cinéma en salle et va jusqu’à annoncer l’exclusion du concours, à partir de l’année prochaine, de ceux qui auront l’audace de distribuer leurs œuvres en dehors de l’écran magique de la salle.
Almodovar, président du jury, renforce l’anathème en affirmant qu’il ne sera pas possible de songer à une éventuelle Palme d’Or pour des films produits par Netflix ou par des plateformes semblables essentiellement dédiées au streaming.

Quentin Pradalier est un jeune photographe-plasticien qui a présenté son travail dans la rubrique Photo-graphies de Diacritik.

Depuis plus d’un an et demi, Quentin Pradalier et Adrien Rigal, travaillent à la réalisation de Météorite. Ce livre d’art est la rencontre de trois séries photographiques de Quentin Pradalier – une invitation à parcourir sept ans de travail, d’expérimentations et de rencontres.

Voter Macron. L’injonction, de plus en plus répétée à mesure qu’approchait le second tour, reprenait une rhétorique éprouvée depuis près de 40 ans, celle d’un vote « utile », sur-légitimé lors de la dernière élection par l’opposition au Front National. A tout ceux qui se sentaient à l’opposé politique de ce que représente le candidat, aujourd’hui élu, de « En Marche », on a opposé la nécessité de refuser le parti de Marine Le Pen et la régression démocratique qu’il promettait.

Lindsay Turner (DR)

Au début de ce printemps, une amie qui vit dans une ville située sur un autre continent m’a envoyé l’enregistrement d’une remarquable lecture de poésie. Le thème de la soirée était « poésie et protestation ». Assez rapidement au cours de l’événement, un différend éclate : La poésie est-elle une forme efficace de protestation ou non ? Et le cas échéant, les personnes présentes à la lecture ne devraient-elles pas simplement partir, sortir et rejoindre les manifestations qui ont lieu dans la ville et sa périphérie au moment même de la lecture ? On échange des paroles et il y a, je crois — l’enregistrement est chaotique, les gens parlent en même temps les uns des autres, c’est difficile à entendre — un vote. C’est tendu mais la lecture continue.

Claudia Cardinale. Monica Bellucci. Deux femmes. Deux actrices. Deux Italiennes. De renommée internationale. Le Festival de Cannes place d’emblée sa 70e édition – du 17 au 28 mai 2017 – sous un double patronage, celui d’un beau duo féminin. La première est l’égérie de l’affiche officielle, représentée dansante sur fond rouge, d’après une photographie à ses débuts en 1959 sur un toit de Rome et la seconde est la maîtresse de cérémonie. Habituées de cet événement culturel mondial, rodées aux tapis rouges, n’en étant pas à leur première montée des marches, toutes deux ont la particularité de passer aussi bien d’une production italienne à une distribution française, de tourner dans des coproductions et ainsi de participer à ce pont cinématographique franco-italien. Ce patronage laisse présager un festival joyeux, audacieux et libre sous le signe d’une longue histoire d’amitié avec l’Italie.

Six ans qu’ils t’ont tué.

Dans le tapage quotidien du monde, dans les journaux et les images chaque jour absorbés au risque de n’être plus qu’une peau d’acier trempé, dans le boucan des rafales et des attaques au gaz, des gosses hurlant dans les déblais d’un attentat et des bêtes tirées vers l’abattoir, dans son flux sans fin de corps et de crimes que l’actualité, cet avant-goût d’Histoire, nous réserve, il arrive, sans que l’on sache vraiment pourquoi, sans que l’on puisse en cerner les ressorts, que la mort d’un inconnu vous ébranle – avec tout l’arbitraire et l’injuste qu’il y a à cela. Une vie perdue ayant pourtant la même valeur que toutes les autres mais qui, elle, vous agrippe et vous arrache à l’ordinaire : un jour, et pas un autre, la perte d’un nom propre dont vous ne saviez rien vous empêche d’y voir clair, puis vous oblige aux larmes.

Jean-Luc Godard

Si les connexions entre poésie contemporaine et cinéma apparaissent d’emblée dans la réappropriation du cinéma en tant que sujet, thématique, figures, par le texte poétique, et en particulier dans les références filmiques très présentes qui entrent dans la composition des textes poétiques, le réinvestissement des pratiques cinématographiques dans le poème reste un axe des plus intéressants de convergences, d’influences, de porosité entre les deux domaines. La confrontation du texte poétique avec les outils techniques de l’écriture cinématographique sera ainsi l’axe privilégié dans cette première approche de la question « poésie contemporaine et cinéma », sous l’angle de leurs interférences et de leurs connexions.