Un Paese di Calabria

La mer – Ionienne – à perte d’horizon et une liste de prénoms dont une voix-off égrène les sonorités italiennes s’envolant dans l’infini du souffle bleu. Le ton du documentaire est donné dès la première scène, dès les toutes premières minutes qui ouvrent le regard et le cœur : Un Paese di Calabria de Shu Aiello et de Catherine Catella est à voir pour lui-même et son esthétique, pour son sujet atypique et pour tous les aspect sociopolitiques qu’il évoque et qu’il soulève.

© Alain Manoha

J’ai vécu, hier, un tête-à-tête ému et délicieux. Cela fait plusieurs années que j’avais le désir de revoir François, sans jamais vraiment mettre en œuvre les recherches pour le retrouver. La semaine dernière, j’ai déniché les coordonnées de son agent, lui ai téléphoné, c’est une Anglaise à la voix pétulante qui m’a répondu. Je lui ai dit qui j’étais, j’avais connu François il y a très longtemps, je voulais le revoir. Elle m’a tout de suite donné son numéro, pas d’adresse mail, François ne possède pas d’ordinateur.

Zingaro « Ex Anima »

Au commencement était la nuit. Une fois l’œil habitué à l’obscurité, il plonge dans la grande caverne de la « piste ». Au fond de la lande creusée, il aperçoit au loin les silhouettes souples et denses des chevaux qui respirent, s’ébrouent, méditent. Une brume s’élève, celle de l’aurore et des fumigènes. Ils sont tout seuls, entre eux, mais il y a des présences toutes petites, toutes noires, de lads et de serviteurs, et puis nous sommes bien là, tout autour d’eux. La lumière c’est le pâle reflet la lune et d’un projecteur. Il y a une odeur imprécise, à la fois forte, de purin, et parfumée d’encens. Bientôt le cri des oiseaux et des insectes, émis par les appeaux. Tout à l’heure, les vagues de la mer, posées tout au fond d’un petit tamis agité doucement.

Jérôme Lindon et Samuel Beckett (DR)

Benoît Peeters (écrivain, directeur des Impressions Nouvelles) et Laurent Demoulin (auteur du tout récent Robinson chez Gallimard) se sont livrés à un brillant et plaisant exercice : un grand entretien à deux, autour des éditions de Minuit et de Jérôme Lindon, que Diacritik, via Jacques Dubois, a le bonheur de publier, en deux parties (retrouvez la première ici).

Benoît Peeters par M-F Plissart

Benoît Peeters (écrivain, directeur des Impressions Nouvelles) et Laurent Demoulin (auteur du tout récent Robinson chez Gallimard) se sont livrés à un brillant et plaisant exercice : un grand entretien à deux, autour des éditions de Minuit et de Jérôme Lindon, que Diacritik, via Jacques Dubois, a le bonheur de publier, en deux parties.

Quand j’étais enfant, alors que je ne savais qu’à peine lire, je me ruais sur tous les livres que je pouvais trouver pour y découvrir ce je ne sais quoi, non d’éclairant, et encore moins d’éducatif, qui, bien que composé de rien d’autre que de mots, s’avérerait aussi jouissif que les histoires de Tintin ou de Spirou.

Logique de la science-fiction, de Jean-Clet Martin, est un livre de philosophie qui peut être lu avec plaisir par n’importe quel lecteur qui s’intéresse à la science-fiction pour le sentiment d’émerveillement que ces histoires éveillent et pour leur puissance d’imagination spéculative. La lecture de ce livre n’exige pas nécessairement de connaissances spécifiques en philosophie, même s’il requiert une sensibilité métaphysique.

Jean-Claude Fignolé (DR)

« De quel côté qu’on regarde, la Caraïbe est explosion, de sueur et de sang (…) une imagination qui nous enchaîne et qui piège notre réalité: un collier d’îles qui s’enchaîne en plusieurs archipels. Des chaînes ? Comme si nous étions d’avance destinés à être crucifiés par la fureur tectonique. CRUCIFIE. Le seul vrai mot à propos de la Caraïbe, c’est : schizophrénie ».
Jean-Claude Fignolé Revue noire, « A Poetics of Schizophrenia »

Fouad Laroui (DR)

De Fouad Laroui, écrivain maroco-néerlandais de langue française, on avait gardé le souvenir émerveillé de son Une année chez les Français (2010), succulente et sensible découverte par un enfant marocain, l’auteur probablement, de la langue et de la culture française. Depuis, Fouad Laroui, mène de front une carrière d’ingénieur, au Maroc, au Royaume-Uni, et de professeur de sciences économiques, à Amsterdam, où il enseigne aujourd’hui l’économétrie et les sciences de l’environnement. Et celle d’écrivain, avec une production régulière de romans, de nouvelles, de chroniques journalistiques qui en font un des auteurs les plus attachants de cette génération d’intellectuels, originaires d’Afrique du Nord, le Maroc en l’occurrence, et qui témoignent avec une grande lucidité sur la présence de l’Islam.

 Le Prix Lumière 2017 consacre le réalisateur hongkongais Wong Kar-wai. Celui-ci succède ainsi à Catherine Deneuve, Martin Scorsese, Pedro Almodovar, Quentin Tarantino, Ken Loach, Gérard Depardieu, Milos Forman et enfin à Clint Eastwood qui fût le premier, en 2009, à recevoir cette distinction récompensant chaque année une personnalité du cinéma pour l’ensemble de son œuvre et « pour contribution exceptionnelle à l’histoire du cinéma ».