Diacritik : Trois ans après

Pour fêter le trou noir provoqué par notre spécialiste du genre, Aurélien Barrau, avec sa tribune publiée jeudi dernier (plusieurs centaines de milliers de nouveaux lecteurs en quelques heures ou le test grandeur nature des capacités d’accueil de notre serveur, on reconnaît là le scientifique), retour sur les enjeux de notre magazine, trois ans après sa création.

Diacritik.
Un journal dont le titre souligne l’ambition : mettre l’accent sur la culture. La culture dans toute sa gamme, de la plus populaire à la plus pointue. « Dia », comme le dit l’étymon, « en traversant », « à travers », en croisant les voix, les manières, en laissant les arts dialoguer, les critiques se répondre voire se contredire, se mettre en regard et en perspectives. Un dialogue que l’on espère voir se poursuivre sur les réseaux sociaux, de Facebook à Twitter en passant par YouTube et Instagram.

Inauguré le 23 septembre 2015 avec un dossier Roland Barthes, dont la lecture fut fondatrice pour nombre de membres de la rédaction. Barthes, lecteur des signes, chercheur de sens, commentateur de textes et d’images, dont on célébrait alors le centenaire de la naissance, Barthes modèle et maître.

A l’heure des fake news et d’une certaine défiance à l’égard de la presse instillée par des populistes en mal d’audience et de boucs émissaires, il est plus que jamais important – pour ne pas dire vital en temps de crise – de lire, d’éduquer, de chercher, de proposer une critique de la vie culturelle. D’adopter des points de vue, d’échanger, de donner à lire, à voir, à entendre…

C’est un des enjeux de ce journal en ligne : répondre à une poétique du support, varier les formats d’articles, travailler sur les ressources de l’image (photographie et vidéo), traiter un livre à travers les photos des lieux qu’il traverse, commenter des strips ou des tableaux, des couvertures, des bibliothèques d’auteurs, de dessinateurs, d’éditeurs, de lecteurs, de traducteurs, donner un sens à la parole théâtrale, aux jeux scéniques, rencontrer les auteurs du monde de l’art, faire découvrir les coulisses de celui du livre ou du cinéma. Commenter, aussi, le discours porté sur la culture, dans la presse française ou étrangère. Toujours considérer l’objet artistique comme un sujet, dans son épaisseur et son feuilleté, ne pas refuser le langage technique mais privilégier un ton décalé. Ne jamais se prendre au sérieux, tout en restant exigeants.

Rencontres, grands entretiens, tribunes, critiques, analyses. Diacritik donne des rendez-vous, sans se plier au diktat de l’actualité, en profitant de la souplesse qu’offre Internet, en privilégiant le temps long de l’information plutôt que l’immédiateté du commentaire. S’abonner à la newsletter du journal, nous suivre sur les réseaux sociaux, pour être informé des mises en ligne des nouveaux articles, des annonces de manifestations, des brèves, de la revue de presse du Chutier, des inédits littéraires des signatures et des invités du journal.

Internet est un vaste terrain d’expression, un champ de multiples possibles. Le journal tel que vous le découvrez aujourd’hui est un laboratoire permanent de ce qu’il est, a été et deviendra, toujours tendu vers un horizon, un ailleurs, une altérité.

Trois ans après sa création, Diacritik continue de pratiquer le grand écart avec la volonté d’explorer de nouveaux formats, de creuser le rapport de la culture au monde, le rapport à la terre, à l’écosystème, aux animaux et plus largement aux questions écopoétiques et écocritiques. Avec plus de 3 500 articles, 5 millions de vues et 3 millions de visiteurs uniques, Diacritik espère pouvoir fidéliser son lectorat par toujours plus d’exigence et d’éclectisme.

Interroger, lire, comprendre. Plus que jamais, Diacritik entend rompre avec la critique « classique », celle que l’on aime détester. Pour prendre les lecteurs, les spectateurs, les visiteurs… pour ce qu’ils sont : des lecteurs, des spectateurs, des visiteurs qui ne nous ont pas attendus pour être eux-mêmes critiques devant un spectacle, un film, une émission, après lecture d’un livre. Faire de la critique autrement, parler de la culture, tout simplement, échanger. Porter un autre regard sur les œuvres, changer de point de vue – au sens strict du terme – en faisant un pas de côté. Replacer la littérature et l’art au centre de l’échiquier politique pour que la culture ne soit pas un supplément mais le fondement même de toute actualité. Pour que la critique retrouve sa puissance politique.

Kafka, Perec, Larcenet, Annie Ernaux, Joyce Carol Oates, Barthes, Bowie, Ben Lerner, Patrice Chéreau, Arno Bertina, Guibert, Madonna, Maurice Blanchot, Auster, La Servante écarlate, Édouard Louis, Jul, Marguerite Duras, Patti Smith, Desproges, Régis Jauffret, Laurent Mauvignier, Jacques Roubaud, Enki Bilal, Siri Hustvedt, Jean Echenoz, Prince, etc.,
Cinéma, littératures, bande dessinée, musique, théâtre, expositions, séries télé, actualité, médias, internet, photographie, peinture, inédits littéraires, combats pour le climat, les littératures, les sujets sociétaux, etc.,
les listes de ce que vous retrouverez et (re)découvrez dans les pages de Diacritik sont en constante évolution.
Un sacré chantier, un laboratoire de la culture telle qu’elle se construit aujourd’hui et demain, à partir d’hier, une passion que l’on espère communicative. Ici la culture n’est pas un supplément, elle est au cœur de notre lecture du présent.

Merci à nos lecteurs fidèles, bienvenue aux nouveaux. L’aventure continue.

23 septembre 2015 – 19 novembre 2018