Soirée Diacritik avec Rodrigo Rey Rosa : Maison de l’Amérique Latine, ce jeudi

Rodrigo Rey Rosa (DR)

Ce jeudi 14 septembre, à 21h à la Maison de l’Amérique Latine, Diacritik a le plaisir de vous convier à une rencontre avec Rodrigo Rey Rosa. Animée par Johan Faerber, elle sera l’occasion d’évoquer avec l’écrivain guatémaltèque Aucun lieu n’est sacré, son recueil de nouvelles qui vient de paraitre en édition bilingue avec une traduction dirigée par Philippe Dessommes aux Presses universitaires de Lyon.

Sans conteste, l’écrivain guatémaltèque le plus important de sa génération, Rodrigo Rey Rosa, né en 1958 à Ciudad de Guatemala, connaît comme nombre de ses personnages et en particulier ceux d’Aucun lieu n’est sacré une existence d’exil où, en raison d’une violente guerre civile, il décide en 1980 de partir vivre à New York. Il se consacre pendant deux ans à des études de cinéma tandis qu’il écrit, en admirateur de Jorge Luis Borges et Henri Michaux. Ses premières nouvelles porteront avec grâce le témoignage de ces profondes influences, déployant des arcs scénaristiques auquel l’hallucination et le fantastique ne sont pas étrangers. Par la suite, pendant une dizaine d’années, il voyage et vit en Europe et au Maroc, où il se lie d’amitié avec Paul Bowles qui le fait connaître en anglais. Depuis, Rey Rosa alterne romans et nouvelles, écriture et traduction. Plusieurs de ses romans et recueils ont été traduits et publiés chez Gallimard, dont les remarquables Un rêve en forêt, Le Temps imparti et autres nouvelles (1997), Pierres enchantées (2005), Les Sourds (2014) jusqu’au magistral Le Matériau humain en 2016.

Inédit jusqu’alors en français, le recueil Aucun lieu n’est sacré a été composé durant l’exil de Rodrigo Rey Rosa à New York en 1998. Puissamment ancré dans la réalité new-yorkaise, il se distingue des autres livres de l’écrivain par l’inscription d’un point de vue latino-américain dans la littérature américaine. Les narrateurs des diverses nouvelles, tous en butte à la solitude, à l’errance flagrante ou au délire sans retour, semblent considérer le récit comme leur ultime salut, le point central et névralgique de leur univers en déshérence. Entre l’évocation réaliste de la violence urbaine et de l’exil, se donne à lire la rémanence chez les personnages de sourds traumatismes transplantés depuis leur pays d’origine. Les lecteurs de Rodrigo Rey Rosa découvriront ici à nul autre pareil combien la fiction s’offre comme la voix la plus directe pour dire du monde le monde lui-même.

Rodrigo Rey Rosa (DR)

Entrée libre
Maison de l’Amérique latine
217, BD SAINT-GERMAIN  75007 PARIS 

Rodrigo Rey Rosa, Aucun lieu n’est sacré, édition bilingue, trad. française par l’atelier de traduction hispanique de l’École normale supérieure de Lyon, dirigé par Philippe Dessommes, Presses universitaires de Lyon, collection « Ida y vuelta / Aller-retour », 2017, 264 p., 14 €