On pense à Barthes (les Fragments d’un discours amoureux ou La Chambre claire), à Guibert (Fou de Vincent), à ces textes qui approchent par le fragment la fascination qu’exerce un être. Ici ils sont mille, mille images, comme le souligne le titre du livre de Clément Ribes : « Vous ouvrez une porte, et un souvenir est là. Puis une autre, et un autre est là». Jérémie est insaisissable, il a fallu « choisir le modèle de son palais de mémoire », ce sera cette forme, 10 fois cent fragments. Mille comme les contes qui peuplent les nuits (elles sont mille et une, ici la dernière serait le livre qui les recueille), mille comme cet être « flou sur toutes les photos ». D’ailleurs, le narrateur n’en a gardé aucune, elles sont devenues mentales puis textuelles.
Verticales
Elle a écrit Corniche Kennedy, Naissance d’un pont, Réparer les vivants, elle a consacré un court récit aux naufragés de Lampedusa (À ce stade de la nuit), a emboîté les pas d’un apprenti cuisinier dans Un chemin de tables, vient d’imaginer le parcours d’une jeune peintre en décor dans le très beau Un monde à portée de main, paru chez Verticales.
Dans Flaubert à La Motte-Picquet, Laure Murat souligne le rapport intime et presque consubstantiel entre littérature et déplacement en train. Prenons-la au mot, avec un carnet de voyage et des arrêts dans quelques textes récents, en images.