Action LGBTQI devant le CSA

Depuis plusieurs jours, une stratégie de pinkwashing se met en place dans les médias. Quelques dizaines d’annonceurs, qui jusque-là avaient richement financé l’émission TPMP, se découvrent des valeurs, une morale, affirmant que l’épisode du piège tendu par Hanouna à des hommes gays serait contraire à ces valeurs. Ces entreprises qui payaient pour que leurs publicités soient diffusées durant l’émission se retirent, drapées dans un Rainbow Flag, mettant un terme au financement de TPMP. Pourtant, cet épisode n’est pas un « dérapage », selon le mot utilisé dans la presse pour atténuer la charge de la critique, un accident différent de ce qui se passe d’habitude dans l’émission : il n’est qu’un moment d’une série continue de propos et de mises en scène homophobes et sexistes.

Anne Portugal

« La vie est le noyau poétique des poèmes ; pourtant, plus le poète s’efforce de transposer telle quelle l’unité de vie en unité artistique, plus il se révèle un bousilleur » déclare avec autant de férocité que de lucidité aguerries Walter Benjamin à propos d’Hölderlin afin de dire de la poésie cette irrémédiable tension, toujours relancée, toujours désirée qui consiste à vouloir trouver depuis le poème la formule d’une vie – la chance inouïe d’une vie vivante. Peut-être faudrait-il confier ces quelques mots énergiques de Benjamin qui montrent combien la poésie doit apprivoiser et versifier autant que libérer le vivant comme escorte lumineuse à la lecture du splendide et comment nous voilà moins épais, nouveau recueil poétique d’Anne Portugal, paru ces jours-ci chez P.O.L.

Thomas Hirschhorn, « Pixel-Collage », work in progress, 2016
Thomas Hirschhorn, « Pixel-Collage », work in progress, 2016

Le Service de la Parole au Centre Pompidou inaugure un nouveau cycle dans sa programmation : Web-session avec pour premier invité, Thomas Hirschhorn,
 ce vendredi 10 février à 19h.

Comment les artistes, les écrivains, les penseurs, naviguent-ils sur le web ? Quels sites visitent-ils fréquemment et inspirent leur regard ?

 

Un jour dans la vie de Billy Lynn, Photo Joe Alwyn, Copyright 2016 Sony Pictures Releasing GmbH

Le film de Ang Lee, Un jour dans la vie de Billy Lynn, est en salles depuis le 1er février. Le scenario de Jean-Christophe Castelli est l’adaptation d’un roman remarquable de Ben Fountain, paru en France en 2013 chez Albin Michel dans une traduction de Michel Lederer, et désormais disponible en poche chez 10/18 : Fin de mi-temps pour le soldat Billy Lynn.
Or le roman était justement centré sur un projet hollywoodien : s’emparer de l’histoire vraie de huit soldats de la compagnie Bravo, si du moins ces films sur l’Irak ne commencent pas à « « contreperformer » au box-office ». Le film joue donc d’une mise en abyme pensée par le roman.

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Depuis quelques jours, les critiques pleuvent sur l’attribution du Nobel de littérature à Bob Dylan : on exige que celui-ci regagne le périmètre clos qu’il n’aurait jamais dû quitter – celui de la chanson – pour que continue à exister inaltéré, pur, cet autre périmètre tout aussi clos que serait la littérature. Pour que la littérature existe, il faut que ce que fait Dylan ne soit pas de la littérature. La logique est celle, simpliste, de l’identité : si a est aussi b, alors il n’est plus lui-même, ne peut plus exister en tant que a. Les « pro » et les « anti » s’affrontent pour déterminer si Dylan est de la littérature ou si les deux sont contradictoires. La question telle qu’elle est posée ne me paraît pas très intéressante – et, étant donné son silence depuis que le prix Nobel lui a été attribué, sans doute n’intéresse-t-elle pas non plus Bob Dylan.

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Vues, chaque jour ou chaque semaine, par des millions de téléspectateurs, les fictions TV, et plus encore les séries populaires peuvent constituer des outils prescripteurs majeurs de valeurs et de normes. Elles s’avèrent à ce titre un objet important pour l’analyse de la représentation des minorités dans les médias en France. Parmi ces séries, Plus belle la vie, actuellement le feuilleton français le plus regardé à la télévision et en replay sur Internet a, au-delà de sa fonction de divertissement, un rôle explicitement éducatif, politique et social.

Un article de Stéphanie Arc et Natacha Chetcuti-Osorovitz