Dans La main de Tristan, la narration à la première personne rend le Je omniprésent. Pourtant, paradoxalement, le livre d’Olivier Steiner n’est pas centré sur le Je mais sur le Tu et le Il, ou le Elle, sur un Nous ou un On – sur un autre, une altérité tout aussi omniprésente qui entraîne le narrateur dans des variations répétées.

Genre libre

Ce portrait qui a surgi sur un mur de la rue de la Villette est résolument l’empreinte, l’emblème ou encore la signature stylisée de la graffeuse Kashink. Il complète la série des portraits « genres libres » qu’elle imprime sur les murs bétonnés du Nord-Est parisien pour nous raconter autrement sa ville, son identité, nos identités. Une ville aux multiples métissages faisant exploser les codes sociaux pour nous dévoiler nos multiples facettes : féminin/masculin ; mexicain/punk ; arts tribal/moderne.

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« Anxiogène », « douteux », « fausse bonne idée »,  « mauvais timing » sont les qualificatifs qui reviennent le plus dans les articles des rares médias (six occurrences répertoriées à ce jour dans le fil d’actualités de Google) qui ont parlé de l’installation de l’œuvre de Candy Chang à la gare de Lyon, « Before I die I want to… ». Passant sous silence nombre de messages humanistes au nom du politiquement correct et au détriment de l’art.

Xavier Houssin, L'Herbier des rayons
Xavier Houssin, L’Herbier des rayons

Dans « Fonction du poète » (Les Rayons et les ombres), Victor Hugo, voix des contraires appariés, écrit que le poète est celui qui a « Les pieds ici, les yeux ailleurs ».
Telle pourrait être la « petite botanique des lieux et de la mémoire » de cet Herbier des rayons que publie Xavier Houssin. 36 jours, 36 rues du quartier des Peupliers à Paris, 36 plantes et 36 plantes, journal d’un poète et écrivain des jours et des sensations, lors d’une expérience terrible, une radiothérapie, du 19 février au 11 avril 2013 : « Je n’aurai de printemps qu’aux derniers jours d’été ».

A mi-saison, que dire du Bureau des légendes, saison 2, la série dirigée par Eric Rochant dont le personnage principal est incarné par Mathieu Kassovitz ? Parce qu’elle est disponible en intégralité sur Canal Plus à la demande, le comité de visionnage de Diacritik s’est livré à une séance de binge watching. Pour ne rien « divulgâcher », critique sous le sceau du secret.

Jean Ray
C’est la fin des années 1990. Une page n’est pas encore tournée, et il y a des chances qu’elle ne le soit toujours pas. Pour l’heure, cela n’a pas vraiment d’importance, et d’ailleurs je n’y pense pas. Le siècle agonisant, le millénaire essoufflé, le monde en bout de course ne m’atteignent pas. Pas de lendemain auquel penser, pas d’avenir dont je dois me soucier, à peine une conscience obscure du présent dont je ne vois pas bien l’utilité, si ce n’est celle de permettre au passé de ressusciter infiniment. Ma vie est en noir et blanc et mes rêves en technicolor. J’ignore le numérique et je n’ai pas d’ordinateur. Je n’en aurai pas avant longtemps. Je traverse la ville en pur étranger. J’arpente des allers et venues d’un autre temps.